29.03.2009
Le Code Noir de Louis
Maintenant que les événements de Guadeloupe sont de nouveau enterrés des médiats et évacués de la mémoire instantanée des Français, revenons-y de façon un peu plus analytique. Dés le début, François Bayrou avait déclaré le sentiment que la crise en Guadeloupe cachait en fait des racines très profondes, liées à l’histoire de notre pays. Puis durant le déroulement de la crise, les articles et les reportages nous ont enfin révélé cet archaïsme terrible, cette société sans dialogue social où, l’économie est encore tenue par les anciens esclavagistes, les béquets. La douleur, cette douleur si vive, celle d’être traité comme un meuble, comme un animal de trait, comme une valeur marchande, celle qui réclame une justice, qui, fictive ne vient jamais, cette douleur transpire encore des âmes en cristallisant cette société qui reste figée sur son histoire, non encore exhumée et laissée en friche dans un recoin perdu de notre honte républicaine.
Comment décrire cette douleur ? L’exercice n’est pas facile car elle appartient aux autres, elle nous échappe, pour bien faire il faudrait la toucher et la sentir avec son corps. Alors, je propose un texte facile à se procurer sur internet, permettant de bien pénétrer l’injustice monstrueuse de l’esclavagisme pratiqué durant nos temps modernes. Ce texte « Le Code Noir » n’est pas enseigné à l’école (me semble t-il), pourtant sa lecture est absolument précieuse et nécessaire pour comprendre notre histoire et le présent. Peut-être est-ce justement à cause du siècle des lumières, base essentielle à la culture de notre arrogance, toute Française, à cette idée farfelue, rabâchée durant toute notre scolarité, qui proclame la grandeur de notre philosophie, de notre littérature, de nos idées, de notre âme, qui exprime la clairvoyance humanitaire de notre lumière portée par Paris, éclairant le monde des autres, les aveugles.
La France des grands textes, des grandes idées va être servie par celui qui suit…un des textes les plus monstrueux de l’Humanité moderne, écrit à Paris, en Français, par la plus grande autorité politique, morale et Religieuse…Le Roi de la France, fille ainée de la Religion Catholique.
De plus, en pleine période de révolte anti papale, on notera la faramineuse stupidité politico-religieuse de l’époque, liée à l’exercice du pouvoir des rois, complices d’une église, arrogante, dogmatique, à l’injustice hurlante, colossale, révoltante. L’impérieux dogme de la religion catholique de l’époque nous permet de mieux comprendre son sectarisme qui perdure aujourd’hui. Car lorsqu’au nom de l’église, avec sa toute sainte bénédiction, et donc quelque part au nom de Jésus lui-même, le roi se permet d’éditer de telles atrocités, alors oui, de façon objective, sans anticléricalisme particulier, on peut affirmer que le système religieux catholique est déviant et pourri de l’intérieur. Et comme il a gardé sa structure et ses règles à l’identique, les disfonctionnements perdurent naturellement. La discipline de la religion catholique, politique, implacable, j’allais dire même infernale, car si on suit les préceptes religieux, il n’y a que peu de rois de princes, d’évêques et surtout de papes qui ne doivent actuellement pourrir en enfer, montre son objectif premier et essentiel : forger aux noms des princes une arme de soumission massive pour les populations laborieuses.
J’arrêterai mes commentaires sur une dernière remarque, car le texte étant si riche d’enseignements et de liens historiques qu’il faudrait probablement une thèse entière pour en décrire tous ses tenants et aboutissants. Je terminerai donc sur l’article hallucinant N° 26 du code Noire. Louis XIV, dans son infime bonté Royale, stipule que l’esclave peut poursuivre son maitre en justice s’il est victime d’atrocités. Que vient donc faire cet article, au milieu de ce texte de puanteur. Pourquoi Louis l’a-t-il inscrit ? Par pure forme ? Pour le salut de son âme? Par soucis de justice ? Bien sûr, il est sans conséquence, surtout encadré par les articles suivants : le maître à pouvoir sur la famille de l’esclave (Article 12 du code Noir), le maître a pouvoir sur sa ration de nourriture (Article 22 du code Noir), l’esclave est commandé à mort s’il est accusé d’avoir frappé son Maitre (Article 33 du Code Noir), l’esclave est déclaré meuble (Article 44 du Code Noir), les maitres peuvent enchainer et faire battre leurs esclaves lorsqu’ils croivent l’avoir mérité (Article 42 du Code Noir), et surtout, cerise sur le gâteau, ô comble d’hallucination, ne pourront les esclaves être tenus comme témoins (Article 30 du Code Noir). Bel exemple de l’invraisemblance monstruosité de ce texte !
Le Code Noir : L'édit du roi Louis 14 sur la discipline des esclaves, de mars 1685! « Le texte juridique le plus monstrueux qu'aient produits les Temps modernes».
Louis par la grâce de dieu, roi de France et de Navarre: à tous, présents et à venir, salut. Comme nous devons également nos soins à tous les peuples que la divine providence a mis sous notre obéissance (…) pour y maintenir la discipline de l'église catholique, apostolique et romaine, pour y régler ce qui concerne l'état et la qualité des esclaves (…) Nous avons dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, voulons et nous plait ce qui ensuit.
Article premier du Code Noir.(…) Ce faisant, en joignons à tous nos officiers de chasser hors de nos isles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois (...) Article 2 du Code Noir. Tous les esclaves qui seront dans nos isles seront baptisés et instruits dans la religion catholique apostolique et romaine (…). Article 3 du Code Noir. Interdisons tout exercice public d'autre religion que de la catholique, apostolique et romaine (…) Article 5 du Code Noir. Défendons à nos sujets de la religion prétendue réformée d'apporter aucun trouble ni empêchement à nos autres sujets, même à leurs esclaves, dans le libre exercice de la religion catholique et romaine, à peine de punition exemplaire. Article 6 du Code Noir. Enjoignons à nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'observer les jours de dimanche et fêtes qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine. Leur défendons de travailler, ni faire travailler leurs esclaves auxdits jours, depuis l'heure de minuit jusquà l'autre minuit (…) Article 7 du Code Noir. Leur défendons pareillement de tenir le marché des Nègres tous autres marchés lesdits jours, sur pareille peine de confiscation des marchandises qui se trouverons alors au marché (…) Article 8 du Code Noir. Déclarons nos sujets qui ne sont pas de la religion catholique, apostolique et romaine, incapables de contracter à l'avenir aucun mariage valable. Déclarons bâtards les enfants qui naîtrons de telles conjonctions (…)
Article 9 du Code Noir. Les hommes libres qui auront un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec leurs esclaves ensemble les maîtres qui l'auront souffert seront condamnés à une amende de deux mille livre de sucre et s'ils sont les maîtres de l'esclave de laquelle ils auront eu lesdits enfants, voulons qu'outre l'amende, ils soient privés de l'esclave et des enfants, et qu'elle et eux soient confisqués au profit de l'hôpital, sans jamais pouvoir être affranchis (…). Article 11 du Code Noir. Défendons aux curés de procéder aux mariages des esclaves, s'ils ne font apparoir du consentement de leurs maîtres (…). Article 12 du Code Noir. Les enfants qui naîtrons de mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves, et non à ceux de leur mari (…) Article 13 du Code Noir. Voulons que si le mari esclave a épousé une femme libre, les enfants tant mâles que filles suivent la condition de leur mère, et soient libres comme elle, nonobstant la servitude de leur père; et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.
Article 15 du Code Noir. Défendons aux esclaves de porter aucune arme offensive, ni de gros bâtons, à peine du fouet (…). Article 16 du Code Noir. Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s'attrouper soit le jour ou la nuit, sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l'un de leur maître ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle, (…). Enjoignons à tous nos sujets de courir sus les contrevenants, et de les arrêter et de les conduire en prison (…)
Article 18 du Code Noir. Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit (…) Article 19 du Code Noir. Leur défendons aussi d'exposer en vente au marché, ni de porter dans les maisons particulières pour vendre aucune sorte de denrées (…) Article 21 du Code Noir. Permettons à nos sujets habitants des isles de se saisir de toutes les choses dont ils trouveront les esclaves chargés lorsqu'ils n'auront point de billets de leurs maîtres (…).
article 22 du Code Noir. Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chaque semaine à leurs esclaves âgés de dix ans et au dessus pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure du pays, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant deux livres et demie chacun au moins, ou de choses équivalentes, avec deux livres de boeufs salés ou trois livres de poissons ou autre chose à proportion; et aux enfants, depuis qu'ils sont sevrés jusqu'à l'âge de dix ans, la moitié des vivres ci dessus. Article 23 du Code Noir. Leur défendons de donner aux esclaves de l'eau de vie de canne guildent pour tenir lieu de la subsistance mentionnée au précédent article. Article 25 du Code Noir. Seront tenus les maîtres de fournir à chacun esclave par chacun an deux habits de toile ou quatre aulnes de toile, au gré desdits maîtres. Article 26 du Code Noir. Les esclaves qui ne seront point nourris, vêtus et entretenus par leurs maîtres selon que nous l'avons ordonné par ces présentes pourront en donner avis à notre procureur et mettre leurs mémoires entre ces mains (…), les maîtres seront poursuivis à sa requête et sans frais, ce que nous voulons être observé pour des crimes et traitements barbares et inhumains des maîtres envers leurs esclaves. Article 27 du Code Noir. Les esclaves infirmes par vieillesse, maladie ou autrement, soit que la maladie soit incurable ou non, seront nourris et entretenus par leurs maîtres; et en cas qu'ils les eussent abandonnés, lesdits esclaves seront adjugés à l'hôpital, auquel les maîtres seront condamnés de payer six sols par chacun jour pour la nourriture et entretien de chaque esclave.
Article 28 du Code Noir. Déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leur maître, et tout ce qui leur vient par industrie ou par libéralité d'autres personnes ou autrement à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leur maître, sans que les enfants des esclaves, leur père et mère, leurs parents et tous autres, libres ou esclaves, puissent rien prétendre par succession (…). Article 30 du Code Noir. Ne pourront les esclaves être pourvus d'offices ni de commissions ayant quelques fonctions publiques, ni être constitués agents par autres que leurs maîtres pour gérer ni administrer aucun négoce, ni être arbitres, experts ou témoins, tant en matière civile que criminelle; et en cas qu'ils soient ouïs en témoignage, leurs dépositions ne serviront que de mémoires pour aider les juges à s'éclaircir (…)
Article 32 du Code Noir. Pourront les esclaves être poursuivis criminellement sans qu'il soit besoin de rendre leur maître partie (…) Article 33 du Code Noir. L'esclave qui aura frappé son maître ou la femme de son maître, sa maitresse ou leurs enfants avec contusion de sang, ou au visage, sera puni de mort. Article 37 du Code Noir. Seront tenus les maîtres en cas de vol ou autrement, dommages causés par leurs esclaves, outre la peine corporelle des esclaves, de réparer les torts en leur nom (…) Article 38 du Code Noir. L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois à compter du jour que son maître l'aura dénoncé à la justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lys sur une épaule (…) Article 39 du Code Noir. Les affranchis qui auront donné retraite dans leurs maisons aux esclaves fugitifs seront condamnés (…). Article 40 du Code Noir. L'esclave puni de mort sur la dénonciation de son maître, non complice du crime par lequel il aura été condamné, sera estimé avant l'exécution par deux principaux habitants de l'isle qui seront nommés d'office par le juge, et le prix de l'estimation sera payé au maître (…) Article 42 du Code Noir. Pourront pareillement les maîtres, lorqu'ils croiront que leurs esclaves l'auront mérité, les faire enchaîner et les faire battre de verges ou de cordes; leur défendant de leur donner la torture, ni de leur faire aucune mutilation de membre (…) Article 43 du Code Noir. Enjoignons à nos officiers de poursuivre criminellement les maîtres ou les commandeurs qui auront tué un esclave sour leur puissance ou leur direction, et de punir le maître selon l'attrocité des circonstances; et en cas qu'il ait lieu de l'absolution, permettons à nos officiers de renvoyer tant les maîtrees que les commandeurs absous, sans qu'ils aient besoin d'obtenir de nous des lettres de grâces.
Article 44 du Code Noir. Déclarons les esclaves être meubles, et comme tels entrer en la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, et se partager également entre les cohéritiers (…) Article 46 du Code Noir. Dans les saisies des esclaves seront observées les formalités prescrites par nos Ordonnances, et par la coutume de Paris pour les saisies des choses mobilières. Voulons que les deniers en provenant soient distribués par ordre des saisies (…). Article 47 du Code Noir. Ne pourront être saisis et vendus séparément le mari et la femme et leurs enfants impubères, s'ils sont tous sous la puissance du même maître; déclarons nulles les saisies et ventes séparées qui en seront faites (…). Article 48 du Code Noir. Ne pourront aussi les esclaves, travaillant actuellement dans les sucreries, indigoteries et habitations, âgés de quatorze ans et au - dessus jusqu'à soixante ans, être saisis pour dettes, sinon pour ce qui sera dû du prix de leur achat,.
Article 55 du Code Noir. Les maîtres âgés de vingt cinq ans pourront affranchir leurs esclaves par tous actes entre vifs ou à cause de mort, sans qu'ils soient tenus de rendre raison de leur affranchissement (…). Article 56 du Code Noir. Les esclaves qui auront été faits légataires universels par leurs maîtres, ou nommés exécuteurs de leurs testaments, ou tuteurs de leurs enfants, seront tenus et, réputés, les tenons et réputons pour affranchis. Article 57 du Code Noir. Déclarons leurs affranchissements faits dans nos isles leur tenir lieu de naissance dans nos isles, et les esclaves affranchis n'avoir besoin de nos lettres de naturalité pour jouir des avantages de nos sujets naturels (…). Article 58 du Code Noir. Commandons aux affranchis de porter un respect singulier à leurs anciens maîtres, à leurs veuves et à leurs enfants; en sorte que l'injure qu'ils leur auront faite soit punie plus grièvement que si elle était faite à une autre personne (…). Article 59 du Code Noir. Octroyons aux affranchis les mêmes droits, privilèges et immunités dont jouissent les personnes nées libres (…)
Tel est mon bon plaisir, Louis le quatorzième. Si donnons en mandement à nos amés et féaux les Gens tenant notre Conseil souverain établi à la Martinique, Guadeloupe, Saint Christophe, que ces présentes ils aient à faire lire, publier et enregistrer, et le contenu en celles garder et observer de point en point selon leur forme et teneur (…) Car tel est notre bon plaisir; et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous y avons fait mettre notre scel. Donné à Versailles au mois de mars, l'an de grâce mil six cent quatre vingt cinq et de notre règne le quarante deuxième.
Signé Louis,
A suivre un prochain billet sur le nouvel esclavagisme…
16:08 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : esclavage, code noir, louis xiv, esclavagisme, texte juridique
27.03.2009
Dégouté, fier et inquiet.
Ce soir je suis dégouté, fier et inquiet, car je viens de regarder les statistiques du Blog. Voilà que mon dernier billet humoristique a battu tous les records de lecture depuis le début de la Mécanique.
Oui dégouté, car j’ai écrit ce texte en essayant juste de m’amuser. Qu’est-il arrivé? Peut-être que sans le faire exprès j’ai réussi à faire passer un message? Je ne suis pas sûr, car fondamentalement il n’y avait rien de nouveau. Oui, peut-être une alchimie réussie à mélanger des symboles incompatibles, comme la tartine populaire découpée dans une demi-baguette qui serait soudainement couverte, non plus de beurre, mais de caviar, et qui ne serait plus trempée dans du café au lait mais dans du champagne pétillant, symbolisant celui qui essaye, de façon grossière et ridicule, de s’approprier les habitudes qui ne sont pas les siennes, tout en conservant ses tics. Mais j’aurais bien voulu battre le record de visite sur des billets qui m’ont beaucoup plus travaillé les tripes. Une Leçon de vie ! Lorsque vous vous concentrez sérieusement pour faire passer un message politique, il est ignoré de tous, lorsque vous vous amusez sur des sujets caricaturaux tout le monde vient vous lire…Le syndrome du clown éternel, celui qui ne pourra jamais sortir de sa prison burlesque … Me voilà donc prisonnier de ma propre Mécanique…Alors un peu dégouté qu'en même!
Oui fier, car j’avoue avoir piqué des fous rires énormes et successifs en écrivant ce billet. L’ayant fini, j’ai eu l’impression d’avoir écrit un bon texte et cela semble s’être vérifié de l’autre côté des électrons. C’est motivant! Alors un peu de fierté qu'en même!
Oui inquiet, car voilà j’étais tranquille, à l’aise blaise dans mon coin, libre, sans pression, sans compte à rendre à personne, et voilà que maintenant je ne sais plus quoi penser. Dois-je faire plus attention? Dois-je m’autocensurer et devenir enfin convenable, respectable, crédible? J’en suis capable, et même trop capable, mais ça va faire chier tout le monde, moi le premier. Ou alors dois-je continuer de plus belle à amplifier ce qui plait: faire le grand zigoto ? Beuhhh ! J’ai la nausée…Alors beaucoup d'inquiétude qu'en même!
Je préfère ne plus y penser. Et puis c’est promis je ne regarderai plus jamais mes stats…heuu...pour cette semaine en tous cas… Bon allez, ce n’est pas tout, je vais regarder la Nouvelle Star que j’ai enregistré cette semaine et que je me passe en boucle tous les week-ends…:-)
22:32 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dégouté, fier, inquiet.
25.03.2009
Je veux mes tartines de caviar
Il y en a marre, moi aussi, je veux croquer du bal de l’ambassadeur et des soirées mondaines, moi aussi, je veux tremper mes biscotes de caviar dans le champagne. Je veux fréquenter la haute, devenir chic et distingué. Alors c’est décidé je prends des cours de classe.
Il faut bien avouer que la mécanique est bien souvent honteuse de sa tenue phrasique, littéraire et dévoyée…. Parcourant les blogs, on s’aperçoit rapidement que la Mécanique est minable, qu’elle ne peut rivaliser avec les véritables écuries de blogs littéraires, de très grosses envergures, qui, de partout se taquinent à coups de défis érudits et lettrés, de références philosophiques, qui, s’envoient des Voltaire ou des Rousseau à la figure, comme d’autres se bagarrent à coups de têtes et à coups de poings dans la gueule, qui, se traitent d’épicuriens ou de scolastiques, oh les vilains, comme d’autres insultent la mère et la sœur, puis qui, se réconcilient en s’émouvant jusqu’aux larmes autour d’une phrase, d’un verbe, d’un mot, ou d’un adjectif, comme d’autres abrutis, et ivrognes de surcroît, le font autour d’une bonne bière, en se tapant sur le ventre comme des ânes, en se serrant dans les bras comme des singes, en partageant un match de foot affalés sur des canapés comme des larves, oui, je disait donc la honteuse Mécanique c’est mise enfin à l’exercice de classe culturelle pour pouvoir enfin faire partie d’la Haute.
Donc, je me suis inscrit à des cours par correspondance pour améliorer cette satanée tenue culturelle, afin d’éliminer tous ces tics et expressions vulgaires, mélasse visqueuse d’ouvriers de bas étages, d’haleine d’oignon et de vin rouge… …N’est-il pas…mon cher… après vous…je n’en ferai rien…quelle élégance…vous trouvez …vous me faites rougir…D’abord, il faut, commencer par maitriser un minimum de vocabulaire de base, très chic, puis très important, savoir se tenir en toutes circonstances et faire dans le dédain, pincé, du supérieurement méprisant, de celui qui—est— sans le dire et qui de surcroit vous méprise par de la politesse, apparente, lisse, faussement égalitaire et sacrément dédaignante . Tout un art, un apprentissage, une éducation à refaire…
Par exemple, Chapitre I, le port de tête, pri-mor-dial ! Le pauvre, le salaud de pauvre, porte la tête basse, il regarde le sol ou ses chaussures trouées, et n’ose croiser le regard des autres que de façon furtive et soumise. Donc, jamais, jamais, ô grand jamais ne prendre un port de tête de pauvre. A éviter comme la peste ! Tout se joue dans la souplesse du cou, l’angle de la nuque doit être maintenu à 90° de sorte que le front bascule vers l’arrière, et que de cette façon, le regard devient supérieur en s’orientant toujours de haut en bas, et alors quelque soit la personne qui se trouve en face de vous, même les plus grands, se trouve regardée de haut. Leçon essentielle à retenir.
La semaine dernière j’ai reçu le kit « Delahautetrainer » fourni avec l’abonnement, un ensemble d’équipements modernes, super design, comprenant plusieurs ustensiles pour gommer vos tics et habitudes de pauvre. Impressionné par la logique de la première leçon, je commence donc avec les éléments pour le port de tête, que j’ai essayé ce week-end. Cela se présente comme un casque de vélo, tout simple à priori, avec une énorme sangle rembourrée qui s’attache sous le menton, et deux sangles de 20 cm de long chacune, qui pendent sur l’arrière, dans le dos. Les sangles se terminent par un crochet en acier, auquel vous devez y attacher une masse de plomb de 3 kilo pour chaque sangle. Il est conseillé pour débuter de s’exercer 30 minutes par jour, mais en commençant par des périodes de 5 minutes, entrecoupées de pauses de 10 minutes.
Mais voilà, comme je suis pressé de faire partie d’la Haute, comme rien ne me fait peur, comme je ne suis jamais les consignes, comme d’habitude, comme j’abuse, au bout de deux heures d’exercice, j’ai senti, comme, une douleur vive au niveau de la nuque, qui brutalement s’est pliée en deux vers l’arrière, accompagnée d’un craquement monstrueux. Pas la peine de vous faire un dessin, coincé j’ai passé mon dimanche chez le kiné, qui n’avait encore jamais vu ça. L’enfoiré, prétextant vouloir demander conseil à ses collègues, m’a pris en photo et l’a envoyé par e-mail à tous ses potes de promo, je les ai entendus rire comme des gaulois au téléphone…salauds de kinés. Bon bref, il a réussi à me décoincer un peu la nuque, mais pas suffisamment. Ce p..tin d’enfoiré, en pouffant de rire, ma même conseillé d’utiliser le casque Delahautetrainer à l’envers pour me redonner le profil bas…Salaud de kiné!
Bon maintenant, je me sens un peu mieux, et puis j’en ai profité pour enlever les toiles d’araignées sur les plafonds, cela ne m’a pas gêné, je pus toutes les compter. Mais bon, ce n’est pas encore ça, et je ne vous cache pas, qu’actuellement j’écris ce billet couché à plat-ventre sur le parquet le PC portable devant moi, n’ayant pas de miroir au plafond je n’ai pas eu d’autres choix.
Mais demain tout devrait aller pour le mieux. Par contre je ne suis plus sûr de vouloir continuer les cours par correspondance, même si il y a encore des tas de leçons qui m’attendent. Et puis il ya toute la valise Delahautetrainer à tester. Par exemple cette espèce de manche à balais fourni à la rubrique comment acquérir une démarche distinguée… Je n’ai pas encore lu le mode d’emploie, mais là … heuu…j’ai comme un mauvais pressentiment… Je n’ai pas trop envie de lire plus loin…
Alors oui, je vends la panoplie Delahautetrainer au complet, toute neuve n’ayant pas servi…Donc si quelqu’un est intéressé vous savez où vous adresser…
M..de, c’est dur de vouloir faire partie d’la Haute !
07:01 Publié dans Humoristique | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : haute bourgeoisie, ambition, humour
21.03.2009
Que puis-je dire? Que vais-je dire?
Aujourd’hui, alors que pour la première fois je vais écrire un billet culturel, je suis conscient de prendre des risques, des risques de confusion. L’exercice m’angoisse déjà alors que je ne l’ai pas encore entamé. Comment expliquer? Comment expliquer que je ne soutiens pas politiquement ce groupe de musiciens alors que je vais pourtant louer leur performance? Comment expliquer ? Comment expliquer que même le rustre mécanicien que je suis, qui en a vu des vertes et des pas mûres, est choqué par certains propos de ce groupe, alors que d’un autre coté, je ne peux m’empêcher d’avoir une grande tendresse pour eux. Je ressens cette contradiction forte, et je ne m’explique pas. La confusion est en moi, j’aime et je déteste en même temps. Il s’agit d’un groupe de musiciens espagnols pratiquant un mélange de Ska-Rock-Punk : SKA-P
Ce groupe ne serait normalement pas le bienvenu dans l’espace de promotion démocratique qu’est la Mécanique de l’Orange. Eux sont des militants anarchistes engagés politiquement à 100%. Ils ont à leur actif de nombreuses chansons volontairement provocatrices, quelquefois vulgaires, surtout dans les albums de jeunesse. Ils s’attaquent avec force et rage à toutes sortes d’institutions, religieuses ou politiques et de façon souvent très dogmatique. Mais de l’autre côté, ils défendent la veuve et l’orphelin, dénoncent des vrais injustices, sont profondément culturels et humains et démontrent une vraie grandeur d’âme, tellement motivante et bienfaitrice. Âme que l’on retrouve dans une musique incroyablement vivante, énergique, si émotionnelle qu’elle rachète à mes yeux leurs mauvais côtés, notamment lorsqu’ils soutiennent la légalisation des drogues dites « douces », chansons que j’évite toujours dans leur répertoire.
La Musique… une vitalité explosive, une musicalité inconnue chez les punks anglo-saxons. Le nom « Ska-P » en donne le ton. « le SKA » : une ambiance festive, des rythmes entrainants, des cuivres latinos, des mélodies chaudes, une voix fine et ciselée. Ils jouent avec le -P pour signifier le mot « escape » qui veut dire « échappe-toi ». Je m’y échappe volontiers sans problème.
Après les explications et la mise en garde nécessaire, je voudrais partager une chanson de leur album-2008 qui me touche profondément. Qué puedo decir ? (Que puis-je dire ?)
D’abord on sent l’apparition d’une chanson charnière dans la carrière du groupe. Elle traite de l’arrivée d’un événement extraordinaire dans la vie du chanteur, sa fille. Elle surgit dans sa vie, telle un souffle d’air pur au milieu d’un monde de puanteur, qu’ils décrivent sans cesse dans leurs chansons. Auparavant, seul le combat pour les idées avait de l’importance. Maintenant, au milieu de se paysage de souffrance, le visage innocent de l’enfant leur fait prendre conscience de la vérité assommante, de la responsabilité écrasante, quasi insurmontable, que représente la nécessité d’assurer un avenir aux enfants. La seule conscience politique que je reconnais, et dont je parlais dans un billet précédent, réside exactement là. Cette prise de conscience s’accompagne d’abord de la peur des mots, de l’impossibilité de s’exprimer, de la peur de blesser un enfant, du comment dire, du comment expliquer, de la honte de devoir dire ce monde si dur. Autant de sujets que j’éprouve ou que j’ai éprouvés. Mais maintenant place aux paroles et à la musique…
Pour ceux qui ne comprennent pas trop l’espagnol, des indices faciles : suivre le texte avec la musique en se repérant sur
« Porqué » qui veut dire pourquoi.
« Mentir » qui veut dire heuu..oui… mentir
« Sentir » qui veut dire heuu..oui… sentir
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Pourquoi dans le monde, il y a-tant de douleur ?
Pourquoi fait-on la guerre ?
Pourquoi sème-t-on la peur ?
Pourquoi viole-t-on notre mère la Terre ?
Pourquoi on tue on nom de Dieu ?
Qui a inventé les drapeaux ?
Pourquoi des personnes agonisent en demandant asile à nos frontières ?
Refrain-1
Que puis-je dire ? Que vais-je dire ?
Je ne veux pas lui faire de mal, je dois mentir.
Que puis-je dire ? Que vais-je dire ?
Si je n’ai pas de mots, je dois mentir.
Pourquoi me dit-on qu’il existe un Dieu si puissant et si parfait ?
Pourquoi a-t-il créé la souffrance et condamne t-il tant d’innocents à l’enfer ?
Pourquoi me parles-tu d’amour et de paix ?
Si le monde est une déchèterie.
La paix meurt avec la haine,
Et de l’amour l’agent est maitre.
Refrain-1
Que puis-je dire ? Que vais-je dire ?
Je ne veux pas lui faire de mal, je dois mentir.
Que puis-je dire ? Que vais-je dire ?
Si je n’ai pas de mots, je dois mentir.
Refrain-2
Se réveiller et voir ton petit visage rire.
Sentir, ce que jamais je n’ai pu sentir.
C’est ta lumière, c’est ta lumière, c’est ta lumière.
En toi j’ai mis mon espoir, la semence de notre sang.
Mon amour, ma fille, ma vie.
Voir ton sourire est un souffle d’air.
Le futur est une chanson, je te la chante camarade.
Nos enfants doivent voir, que notre monde doit avoir une solution.
Refrain-1
Que puis-je dire ? Que vais-je dire ?
Je ne veux pas lui faire de mal, je dois mentir.
Que puis-je dire ? Que vais-je dire ?
Si je n’ai pas de mots, je dois mentir.
Refrain-2
Se réveiller, et voir ton petit visage rire.
Sentir, ce que jamais je n’ai pu sentir.
C’est ta lumière, c’est ta lumière, c’est ta lumière.
00:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ska-p
18.03.2009
Le pape se plait à lui-même !
Déliquescence de la chair, fluidification, écoulement, sublimation de la matière, désintégration du corps, évaporation immatérielle, exfiltration divine, absorption par le sol, enfouissement, disparition, le pape a perdu sa boussole, la tête et le sens de rotation de l’univers. Il tourne ainsi de façon erratique, en sustentation, dans un vide propre, jonché de mots latins et de signes grecs. Après avoir levé l’excommunication d’évêques négationnistes, le pape sans nom continue sa vrille en excommuniant une enfant de 9 ans violée par son beau père et lui inflige la double peine, c’est de sa faute elle n’avait pas qu’à l’aguicher. Puis de façon on ne peut plus dogmatique, il déclare que la distribution de préservatifs en Afrique ne contribue pas à enrayer la dissémination du SIDA.
Normalement, nous devrions connaitre une période de calme et de silence ecclésiastique, car dans sa grande sagesse et prudence divine, l’église, ayant supportée avec difficulté l’erreur d’avoir pour la première fois de son existence nommé un pape croyant, jean Paul II, est retournée, à la sagesse de la tradition ecclésiastique, au sectarisme dogmatique, au négationnisme populaire, à l’intelligencia gréco-latine, à l’occultation de la réalité, au culte de l’obscurantisme.
Fatale erreur ecclésiastique, le pape sans nom veut qu’en même exister. Il se parle à lui-même devant les micros, et, malgré sa méconnaissance profonde du cœur des hommes, si évidente, si effroyablement évidente, il s’obstine à vouloir leurs donner des leçons.
Il faudrait un jour que l’on m’explique, même pas, que l’église s’explique à elle même, comment un domaine aussi typiquement humain, aussi proche de l’âme que celui de la croyance, peut-il être aussi mal traité, aussi ringardisé, aussi dénué de joie de vivre, aussi pauvre d’hommes eux-même, aussi dur et esclavagiste avec ses serviteurs, les prêtres. L’église est devenue aujourd’hui le refuge de ceux qui n’aiment pas la société des hommes vivants. A quand la révolution des prêtres… ?
22:29 Publié dans mets de l'huile, c'est grippé | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, sida, excommunication
Wonderful World.
Premier signe distinctif, premier signe très agréable, un gazouillement, je fus réveillé par le délicat chant d’oiseaux printaniers, et non plus par les corbeaux d’hiver qui viennent, on ne sait pourquoi, nicher sur le toit de ma voisine. Plus tard, l’odeur du café, dont on ne sait comment, n’avait plus l’amertume et la rudesse des jours d’hiver, comme si le café du printemps s’ouvrait à des aromes de bonne volonté. Par la suite, la lumière du soleil, vive, forte, éblouissante, m’éclatât le visage à la sortie de chez moi. Il soutenait un matin sans nuage, bleu et rose, avec une douceur oubliée qui semblait fêter quelque chose, on ne sait quoi, comme une renaissance, comme le retour d’un enfant, de l’espoir. Dans la continuité de cette douceur matinale, les éboueurs chantaient eux-aussi, on ne sait comment, en ramassant les poubelles. D’habitude, ils achèvent leur besogne dans le noir, zébrés par les gyrophares et les bruits tonitruants des vérins. Etrangement, la radio du matin récitait des vers fleuris en se délectant de sourires et de compliments. On ne sait pourquoi, la douceur printanière envahissait le fond de l’air, d’un air nouveau, d’on ne sait où.
Ouais…Ouais, je sais…. j’aurais qu’en même essayé…Mais quelqu’un le fait mieux que moi. Alors tenez bon !
18:58 Publié dans Boule de Cristal | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, espoire
14.03.2009
La Mécanique Assure en Littérature.
Tagué, une fois de plus par Nelly en Littérature, elle cherche vraiment à m’humilier, mais en fait elle se trompe car écrire sur des auteurs dont je n’ai pas lu les œuvres, j’adore!
Rapidement, Molière ? Non déjà pris ! Rousseau beuuhhh ! Pourquoi pas sur Michard Lagarde, excellent écrivain, un touche à tout de géni, même si je trouve son œuvre un peu décousue, avec toutes ces nouvelles aux styles variés.
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
Allons-y pour Rimbaud !
Que serait devenu Rimbaud aujourd’hui ? Voilà une question qui vaut son pesant de pop corne! Bien entendu, la réponse est aussi impossible que le personnage lui-même. Julien Doré ? Mais non, là je rigole ! Alors par élimination, il n’aurait pas été sportif, énarque, banquier, politicien, il aurait fait de la prison après avoir tiré à coup de révolver sur BHL lors d'une émission littéraire… dans la prison, il aurait rencontré Joey Starr et serait devenu Rappeur ou Slameur. . Ouais, pas mal! Rimbaud serait Slameur ouaiiiis ! Slameur ! Ça me va !
Alors nos noms,
familiers à toutes les bouches comme des mots de ménage,
le roi Henry, Bedford, Exeter,
Warwick, Talbot, Salisbury et Gloucester,
retentiront fraîchement au choc des coupes écumantes.
Le bonhomme apprendra cette histoire à son fils.
Et la Saint-Crépin ne reviendra jamais,
d'aujourd'hui à la fin du monde,
sans qu'on se souvienne de nous,
de notre petite bande, de notre heureuse petite bande de frères !
Car celui qui aujourd'hui versera son sang avec moi
sera mon frère ; si vile que soit sa condition,
ce jour l'anoblira.
Et les gentilshommes aujourd'hui dans leur lit en Angleterre
regarderont comme une malédiction de ne pas s'être trouvés ici,
et feront bon marché de leur noblesse, quand ils entendront parler
de ceux qui auront combattu avec nous au jour de la Saint-Crépin
Shakespeare est l’écrivain de théâtre de tous les temps. Qui pourrait se cacher derrière l’ombre de Shakespeare aujourd’hui ? Il faut avant tout posséder une connaissance profonde du « cœur humain », être à la fois, sociologue, psychologue, historien, grand politicien, homme d’action, alors qui ? Jorge Bush ?... (Rires dans la salle…). Les candidats se font rares je vois. Oui ?…là…quelqu'un lève le doigt. S’il vous plait monsieur levez-vous et parlez bien fort dans le micro. « Moi ! Je m’appelle BHL et je suis entre autres : écrivain, romancier, philosophe, cinéaste. Je pense m’inscrire parfaitement dans cette lignée de dramaturges shakespeariens qui …..HAHAHAHAHAHA , (fou rire dans la salle !) PLAAF tarte à la crème…Gloup gloup gloup ! (Nouveau fou rire!) Et bien, encore des candidats ? Non ? Ya plus ? Bon, là j’ai été chercher trop haut, à part Churchill je ne vois pas…C’est vrai, à bien réfléchir, Shakespeare et Churchill vont de paire ! Et aucun des deux ne semble faire de l’ombre à l’autre.
On change les règles du jeu.
Désolé Nelly mais je change les règles. Comment je n’ai pas le droit ? Mais je fais ce que je veux ! En fait, je trouve les personnages bien plus passionnants à étudier que les auteurs, qui ne sont que des exécutants, tendant des passerelles de souffrance entre la réalité et les limbes, d’où, certains rêves, reclus dans des recoins d’imaginaire, réussissent à s’extirper, à prendre pied dans notre monde, puis ils rassemblent eux-même leurs propres morceaux de chairs éclatées, brisées, éparpillées dans la réalité des vivants, et, une fois vivants, ils deviennent immortels. D’Artagnan a transpercé Alexandre Dumas, le bossu de Notre Dame a sonné Victor Hugo, les personnages ont quelquefois plus de réalité que leurs auteurs, bien souvent mal connus, comme Molière ou Shakespeare, on leur supprime même leur paternité, ô comble d’humiliation. Alors en remplaçant les auteurs par les personnages, le petit jeu devient soudain bien plus excitant !
- -Don Quichotte et Sancho Panza : Facile ! déjà fait ! (voir ici). C’est Donia Ségo la folle, et François le Mou. Mais je les vois un peu différemment. Notre François Sancho est bien plus machiavélique que gentil… par contre, même si notre Donia Sego est bien moins chevaleresque que l’original, elle reste tout aussi folle.
- -Les Thénardier : Facile, les Tiberi, à cause de leur complicité INFERNALE !
- -Javert ? Facile, Eric Besson, à cause de son IMPLACABLE mission, perdant progressivement l’humanité qui est en lui, voulant rémunérer la dénonciation, niant le droit à aider un être humain en détresse sous prétexte qu’il est clandestin. Eric besson, devra peut-être à l’instar de Javert se poser la même question finale (au niveau politique bien sûr).
- -Robinson Crusoé ? Facile, François Bayrou…!
- -Le Comte de Montecristo : Facile, Bernard Tapis (un peu tiré par les cheveux ce coup-ci, le comte étant honnête à la base, lui…)
- -Gulliver racontant ses voyages extraordinaires: Facile, la mécanique de l’orange tentant de faire de la politique et de tenir son blog :-)
A plus, pour d’autres aventures acabaragulliveresque!
Allez pour me faire pardonner, je tague une autre paire infernale j’ai nommé, Pierre.S et Lucia d’A. Au niveau des règles et du contenu qu’ils fassent ce qu’ils veulent ! Je me contenterai juste de lire !
11.03.2009
à la rencontre d'une matraque
- - Adjudant chef Greaubaton.
- - Oui mam !
- - Venez ici !
- - Je vous promets ce n’est pas moi, mam
- Venez ici je vous dis!
- -Mais mam, je vous dis…Aïïïïïïïïï. Non pas encore cette oreille Aïïïïïïïïï.
- -Alors, vous avouez ?
- - Mais avouer quoi mam ? Aïïïïïïïïï, Aïïïïïïïïï. Vous me faites mal, mam. Aïïïïïïïïï Oui ! oui, c’est nous, j’avoue Aïïïïïïïïï.
- - Vous avouez donc avoir tabassé une classe de lycéens Bordelais et leurs accompagnateurs qui attendaient sur le bord du quai de la gare!
- - Oui, non mam, on les a juste un peu traversés pour aller de l’autre côté ! Aïïïïïïïïï ! Aïïïïïïïïï ! Aïïïïïïïïï ! lâchez mon oreille, mam !
- - Il ne faut pas mentir à mam, vilain adjudant, vilain ! Attention, je tourne un quart de tour de plus ?
- - Noonnn, pitié! j’avoue mam, j’avoue, j’ai honte, nous avons craqué, la tentation était trop grande, mam, trop grande, vous comprenez ! Ils étaient là, tout neuf, tout beau, jamais encore servi. Des lycéens de la province, de LA PROVINCE. Les plus jeunes d’entre nous n’en avaient encore jamais goûtés. C’est comme un rêve qui se réalise, vous comprenez, un met exceptionnel que l’on ne rencontre qu’une seule fois dans la vie. L’étudiant de province a une tendresse de peau, une molesse, un plaisir pour le touché de matraque, incomparable. Notre métier est ingrat mam, vous comprenez, et la racaille des quartiers a la peau trop dure, ça nous reste sur les biceps, c’est indigeste, on ne ressent plus de plaisir. Et puis c’est la faute des anciens, ils n’arrêtent pas de ressasser les orgies d’antan, où les étudiants provinciaux montaient par centaines de milliers à Paris pour manifester, le temps verni des lois Devaqué. Aïïïïïïïïï
- - Adjudant Chef Greaubaton, au coin pendant une heure, puis vous me copierez cent fois. Je n’essayerai plus de lycéens de province sans en avertir d’abord mam. Allez filez !
- - Hallo ?
- - C’est Nicolas, alors ?
- - Ils ont encore été s’amuser. Que dois-je dire à la presse
- - Vous couvrez ! Il ne s’est rien passé, vous couvrez
- - Mais !
- - Il ne s’est rien passé.
Plus tard, Mam répondant à un journaliste
- - Les rapports que j’ai reçus sont formels, il n’y a pas eu de charge des CRS sur le groupe de lycéens.
- - Mais madame la ministre les témoignages disent…
- - Non, je vous dis qu’il n’y a rien eu. A la rigueur peut-être une bousculade, car en fait les CRS ont voulu traverser de l’autre côté du groupe, qui barrait la route, et là bien sûr, comme ils ont les épaules larges, peut-être qu’il y a eu une poussette ou deux.
-
- Mais Madame la ministre, les lycéens se sont fait frapper et…
- - Non, en fait, il s’agit d’un malheureux concours de circonstances. Voila, en fait un CRS avait sorti sa matraque pour la nettoyer, vous savez comme on entretient bien le matériel dans la gendarmerie, afin qu’il dure longtemps et, que les français payent moins d’impôts. Donc, comme il tenait sa matraque à hauteur d’épaule, un des lycéens en se retournant sans regarder, le maladroit, a mis la matraque dans son œil. Donc voilà la vérité, c’est l’œil qui a fait contacte avec la matraque ! Et non le contraire !
- - Mais madame le ministre, il y a des certificats médicaux qui témoignent que…
- -Vous parlez peut être du contact signalé entre un estomac et une matraque ? Mais là aussi tout s’explique ! Lors de ce premier accident avec cet œil qui s’est cogné contre une matraque, le lycéen blessé s’est assis par terre, et par compassion les CRS se sont penchés sur lui pour le réconforter et voir ce qu’il avait, un des CRS tenait sa matraque dans son dos pour ne plus blesser personne. Mais voila qu’un plaisantin a poussé un de ses camarades contre le groupe de CRS et s’est cogné l’estomac contre la matraque, voilà la vérité.
- - Mais madame même les enseignants ont été....
- - En fait monsieur, j’ai été enseignante, et je vous le dis clairement, c’est un scandale, il est inadmissible que des enseignants prennent des risques aussi lourds avec leurs élèves. On n’entraîne pas ses élèves dans des lieux aussi dangereux, fréquentés par les casseurs, je vous le dis,…c’est une honte.
- - Mais madame, c’était le quai d’une gare, ils attendaient juste leur train !
- - Oui, mais là monsieur, vous coupez votre dernière question, ou j’appelle le président, qui connaît très bien votre patron… il y a des limites à votre impertinence monsieur !
- - Bien mam. merci mam, ne vous inquiétez pas mam!
23:45 Publié dans Humoristique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michèle alliot marie
08.03.2009
Ma... Conscience Politique, ma mienne...
Abasourdi, éberlué, les mots sont faibles pour décrire ce que j'avais ressenti lorsque j'entendis une jeune militante, de grand talent, dire et elle se reconnaîtra peut-être, la phrase suivante: « (…), je pense ainsi depuis que j'ai découvert ma conscience politique ». PAAAF! Prends toi ça dans la tronche Philippe! Dans le quart de seconde, je me suis senti nul, au ras les pâquerettes, au sous-sol de la pensée politique, avec les rats, les ordures, les opportunistes, et, les traitres. Non seulement elle a une conscience politique, mais de surcroit, elle en maitrise la notion. Il y a des gens qui sont vernis d'être aussi intelligents. Mais merde, je ne suis qu'une mauviette, moi qui n'en possède même pas le moindre bout de commencement de l'idée de quelque chose en la matière. Mais heuu...ma conscience politique, à moi, ma mienne ...elle se cache où? Hééé! Hoooo! Ma conscience politiqueeee! « Héo... ma cons...pol..tiqueee.....ho ...cons...p..iqueee... » Merde, de l'écho...le signe de grands gouffres en profondeur!
Au début paniqué, j'ai tout mis sans dessous-dessus, retournant à l'emporte pièce, les idées, les concepts, les motivations, cherchant, reniflant, soupçonnant, allant même inspecter les recoins secrets; et bien rien, que dalle, du vent, de la poussière, des toiles d'araignées tendues sur des trésors de projets oubliés, pas la moindre lueur de conscience politique.
Puis calmement, je me suis dit, Philippe, keine Panike, au lieu de chercher comme un éberlué en brassant du vent dans tous les sens, pense plutôt en allemand, organise toi. Déjà, que veut dire conscience politique? Hummm... Sauvé, je crois que j'ai conservé mes cours de Philo de terminale. Mince... je n'y pensais plus...arrogants lycéens de la filiale scientifique, nous étions un certain nombre à sécher régulièrement les cours, pour aller jouer au baby-foot, considérant la philo comme « peanuts ». Ouais, donc pas trop d'espoir de ce côté, mais fouillons qu'en même. HAAAA! Ce fut le choc en ouvrant le dossier. Comme des milliers de chauve-souris, enragées, des cauchemars émanant du fin fond de ma mémoire surgirent, tels des diables, de cette boîte de pandore de nouveau ouverte, aux fantômes, qui rendus fous par l'enfermement, plus que jamais virulents, m'assaillirent l'esprit à coup de cris stridents; puis le spectre de jadis...celui de mes nuits angoissées...le nom que je n'ose prononcer, s'avança, se révéla à mes yeux, lentement, dans la pénombre de cette cave froide, son visage, obscure, se détacha sur la couverture d'un livre poussiéreux: « Gottfried Wilhelm von Leibniz, le Discours de la Métaphysique ». Vade rétro satanas! Choqué, poils hérissés, sueurs froides, le cœur palpitant, je refermai le tout violemment, et me promis de ne plus jamais l'ouvrir. Il y a des fois où les enseignants devraient faire attention aux images pornographiques de la masturbation intellectuelle, qu'ils exhibent brutalement à la vue des petits lycéens, ingénus, immatures, boutonneux, psychologiquement fébriles et qui peuvent en être traumatisés à vie.
Alors plus sereinement, je pris confiance en moi. Et crânement, je me parlais: « Philippe, tu ne connais jusqu'à présent aucun problème que tu n'aies pu résoudre. Emploie de la méthode, tu as deux mots juxtaposés, conscience et politique, c'est simple, ce n'est pas la mer à boire, il suffit de chercher la définition de chaque mot séparément et puis de les additionner pour avoir une somme mathématique, irréfutable! » Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt! Allons-y.
Donc dans le silence et dans le calme de la méditation, juste interrompu par les saccades de cliquetis du clavier, s'ébranlant parfois en avalanche, je cherche, je fouille, je retourne la toile.
À conscience...
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Sens premier: « perception de sa propre existence, et du monde qui l'entoure ».
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Sens second: « jugement de valeur».
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À conscience, on découvre aussi des notions: comme « faculté mentale et subjective d'apercevoir les phénomènes, sa propre existence ou ses états émotionnels ».
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A conscience morale, on peut lire : « la conscience morale désigne le jugement moral de nos actions ». Dans conscience morale, « le premier mot éclaire, le second parle », comme une voix intérieure. Plus loin, je découvre que la conscience morale serait une « voix universelle, naturelle » commune à tous, selon J.J. Rousseau, qui oublie de dire qu'il a abandonné sa famille et tous ses enfants, à leur sort, à la mort... Est-ce là, la conscience morale, naturelle et universelle, dont-il parle? Par une analyse plus scientifique, moins verbale et donc moins arrogante que Rousseau, Sigmund Freud désigne « la voix » de la conscience morale comme l'émanation d'un « surmoi », qui lui est issu de l'apprentissage et donc lié simplement à la condition humaine, spécifique à chacun.
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A politique: tout se complique, d'abord j'apprends que pour comprendre le mot, il faut lire Aristote. Aïe! Aïe! Aïe! Je saisis maintenant pourquoi seuls les énarques ont reçu le droit de faire de la politique. Ils ont lu Aristote et savent de quoi ils parlent! C.Q.F.D!.. Plus je lis les définitions, plus je blêmis, d'un foisonnement, d'une complexité difficile à transcrire, les notions partent dans tous les sens, avec des imbrications, avec des dépendances, des sous dépendances...beuuuhhh! Je parie que le tout a été rédigé par quelqu'un qui sait de quoi il parle.. un énarque...
Alors je rase le tout brutalement et je ne retiens simplement que : « La politique est principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités »
De nouveau angoissé à l'idée de ne pas trouver, déçu de mes recherches, je recommence à douter. La méthode « mathématique » ne semble pas concluante. L'addition des deux termes « conscience » et « politique » se formulerait donc ainsi: la perception de sa propre existence, et du monde collectif, lié à une somme d'individualités et/ou de multiplicités ». N'est-ce juste que cela? Pas étonnant que je ne l'ai pas trouvé, trop en évidence, la notion était juste sous mon nez! Je m'attendais, à de l'incantatoire, au trémolo des cordes vocales prises par l'émotion, rien... Je m'attendais à une notion mystique, sentant l'encens et la société secrète, rien... Non! Non! Je ne veux pas y croire... Autre chose doit se terrer, ici : « Depuis que j'ai découverts ma conscience politique », cette phrase qui ma giflé violemment, ne peut renfermer une définition aussi blafarde! La base est là, oui probablement, mais il manque l'ingrédient essentiel, celui qui fait que cela prend vie, que cela frémit enfin.
De nouveau tendu et angoissé, je m'affale sur mon fauteuil, pieds sur le bureau, mains sur la nuque, je réfléchis. Je tiens les ingrédients, maintenant, il me faut le liant, l'essence, l'étincelle qui donne la vie. Ai-je affaire à une chose dure, définie, concrète, matérielle, comme une pierre qu'on lance à la figure de quelqu'un? Ou alors ai-je affaire à une masse fluide, un lac, une rivière qui coule, dans laquelle certains se baignent, d'autre s'y lavent juste les mains, alors que les rats y « excrémentent » paisiblement. Peut-être que la conscience politique n'a pas de matière propre, juste une simple idée, une façon de voir les choses, emportée au fil du vent, elle flotterait ici ou là, et comme la queue de Mickey, elle ne sourit ...( :-) ) qu'à certains, et laisse les autres dans la désespérance. Elle agirait comme un filtre, un capteur, passif...passif?...passif!...actif?! Vivant! Agissant! A....t!
L'explosion d'adrénaline m'éclatât à la figure, Yess! « I got the point, the storm in brain » expusa mon apathie angoissée. Je tenais enfin la notion dorée si fuyante, ma notion, que je m'empresse bien entendu de ne pas révéler ici....Car c'est MA Conscience Politique, MA mienne...
14:24 Publié dans Humoristique | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conscience politique, conscience politque
04.03.2009
La Mécanique fait monter la pression.
On le sent, la pression monte, monte, monte. Après avoir alimenté la chaudière pendant tout l'hiver, à grands coups de pelletées de charbon, l'aiguille du manomètre commence enfin à décoller du zéro, ouf!
Juin c'est dans 3 mois, autant dire rien, rien, rien du tout! Il va falloir commencer à se concentrer sur l'essentiel, à ranger les jeux de société, paisibles, que l'on sort pour tuer les longues soirées d'hiver, à affuter le tranchant des arguments, à dessiner les stratégies, les plans d'attaque, à remonter ses manches, et à battre enfin la campagne.
En fait, je parle, je parle, je parle, mais c'est ma première campagne électorale. Et donc pour moi les enjeux sont multiples. D'abord, apprendre, apprendre et apprendre encore comment se mène une campagne, qu'elle est sa logique propre, son rythme, ses pièges, ses mécanismes fondamentaux. Tout un art, toute une science, toute une formation à acquérir. Donc, oreilles grandes ouvertes, yeux écarquillés, on regarde, on observe, on écoute...sans oublier de réfléchir, et d'agir bien sûr...
Puis le pays, le pays, le pays des hommes et des femmes d'Alsace, le regard des villes, des villages, des gens, le regard du pays lui même, que je connais si peu en fait. J'ai envie de rencontrer sa force brutale, face à face, pour de vrai. Car l'amour du « pais » est encré en moi très profondément, le mien qui était Gascon est devenu aussi à moitié Alsacien, maintenant que mes enfants le sont. Le sentiment fort, indéracinable, de l'attachement à la terre, à la culture, aux champs, aux forêts, aux montagnes, aux ruisseaux; la nostalgie du pays qui vous prend lorsque vous êtes loin de chez vous, je la connais très bien. Alors l'attachement à l'Alsace je le comprends, je le respecte et je l'encourage autant que tout alsacien.
Donc pas de peur, juste de la pression! Bon allez, encore une pelletée dans la chaudière....
20:59 Publié dans Elections Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Élections européennes




