29.01.2009

Que faire avec le capitalisme?

 

JUAN ARIAS - Río de Janeiro - 29/01/2009 pour El Pais

¿Qué hacemos con el capitalismo?

Que faisons nous avec le Capitalisme?

 

BELEM POP.jpgRevigoré par la crise mondiale, le Forum Social Mondial a réuni 120.000 militants à Belém au Brésil.

Le journaliste nous décrit une foule de militants de tous horizons, il y a vu des socialistes archaïques, de vieux léninistes à côté d'écologistes modernes, des anarchistes avec des drapeaux noirs côtoyant des curés progressistes et des associations de prostituées. Une foule variée, bariolée au pays de la couleur, de la samba et du métissage, un événement planétairement humain et politique.

Enfin Juan Arias nous révèle le contenu des débats. Essentiellement, une question revenait sans cesse : ¿qué hacer con el capitalismo? (Que faire avec le capitalisme?). Le journaliste rapporte que lors des discutions deux tendances principales se sont dégagées:

D'un côté, ceux qui voulaient substituer le capitalisme par un autre système, sans préciser lequel ! Certains comme le mouvement des « Sin Tierra » (sans terre) opinaient pour le retour du socialisme ( l'idée du partage des terres), toujours sans pouvoir préciser lequel!

De l'autre côté, les débats ont fait émerger une nouvelle tendance, forte et moderne: Remplacer le marché libre par le « Marché socialement responsable accompagné d'une démocratie participative ».

Il y a des fois où l'on regrette vraiment de ne pas assister à de tels événements. Le Brésil fait bouger les idées du monde! C'est là qu'il fallait être hier, au milieu de cette foule bariolée, joyeuse, vivante, chantante, chaleureuse, au milieu de ces discours novateurs et visionnaires …

Si on réfléchit bien en fait, tous ces gens, sans le savoir, sans nous citer, nous ont couvert d'éloges, car le « Marché socialement responsable accompagné d'une démocratie participative » est exactement le cœur politique du MoDem. Le marché est reconnu d'utilité publique, mais dorénavant il devra se montrer responsable de la société. C'est si simple à dire et c'est si fort à entendre. Nous sommes des précurseurs. VIVE NOUS LE MODEM!

 

 

27.01.2009

Une grosse déprime politique,

 

Il y a des jours où il ne faut, ni écouter la radio, ni lire les journaux, sinon c'est la grosse déprime!

 

D'abord une phrase de « Berlusolini », lu dans le Nouvel Observateur:

« Le chef du gouvernement italien a déclenché une nouvelle polémique en déclarant que les femmes italiennes étaient si jolies qu'elles avaient besoin d'êtres escortées par des soldats pour éviter d'être violées »

 

A vomir...écœuré, je n'ai même pas envie de commenter. Tiens! J'en laisse le soin à Nelly...

Dans quel état de délabrement politique et social se trouve donc l'Italie pour permettre cela?  C'est très inquiétant, ces signes ne trompent pas, l'Europe s'enfonce vers l'obscur. Ça commence par l'Italie, la Grèce, et puis la France n'est pas loin...

 

Plus tard sur France Inter, j'entends que les principaux opposants politiques Algériens boycottent les élections présidentielles, tellement elles sont bidonnées. Le président actuel Abdelaziz Bouteflika a modifié la constitution afin de pouvoir se représenter une troisième fois... L'espoir n'est pas prêt de faire surface en l'Algérie. Bouteflika se retrouvera donc confronté aux listes équivalentes de nos « chasse, pêche et nature »...Une parodie burlesque!

Les empires noirs semblent se renforcer, le bruit des bottes n'est pas loin...Ça me déprime!

 

 

26.01.2009

L'exclusion sociale.

Monsieur.jpgLorsqu'il s'applique aux hommes, le mot « exclusion » est utilisé pour indiquer le rejet d'une personne par une collectivité. Par exemple: l'écolier fautif est exclu de la classe, ou bien le joueur de football agressif est exclu du terrain. L'exclusion est d'abord la résultante d'une sanction, l'individu expulsé a délibérément bafoué les règles collectives du groupe et se retrouve naturellement sanctionné. Mais plus qu'une simple punition, l'exclusion a la dimension publique d'une sanction de groupe sur des individus. Elle sert d'exemple en avertissant aussi les autres membres de la collectivité.

Même si dans le terme «d'exclusion sociale », la notion de sanction n'apparait pas de façon directe, tout du moins dans le sens littéral du terme, j'ai pourtant souvent tendance à la ressentir, sans vraiment savoir pourquoi. L'exclusion sociale m'apparaît comme la punition moderne, collective volontaire et aveugle du groupe de ceux qui travaillent contre ceux qui ne travaillent pas.

Je ne me souviens pas d'avoir lu l'expression d' « exclusion sociale » dans du Hugo ou dans du Zola, qui utilisaient plutôt des mots comme « pauvreté » et « misère ». Elle semble donc avoir des connotations plus larges et modernes, qui au premier abord me semblent floues. Mais comme beaucoup de personnes, je ressens, figé en moi, les sentiments d'injustice et de de punition collective. Pour quelles raisons? C'est ce à quoi je vais m'attacher à élucider dans ce billet.

Il y aurait-il un lien de modernité avec le langage des experts? Tentant de conceptualiser le monde, en essayant de le rendre convenable dans ses apparences, en travestissant la réalité dans des termes techniques neutres, en ne voulant pas froisser les commanditaires des études, en supprimant le non convenable qui transpire de mauvaises odeurs, comme pauvre, ou misérable, en évitant de renvoyer à la figure, si vertement, les échecs collectifs ou individuels aux responsables politiques et à notre propre égoïsme, les experts inventent des termes techniques, aseptisés, sans odeur et sans crasse. Ainsi, le clochard se transforme en S.D.F. ou en marginal, le misérable se transforme en précaire ou en vulnérable.

Mais je crois que si le terme « d'exclusion sociale » n'était qu'un problème de vocabulaire, l'histoire serait bien vite réglée et je n'en aurais pas écrit une billet. Non, il y a dans le ce terme des notions multiples bien plus profondes.

D'abord, je distingue une notion d'exclusion liée à notre comportement culturel de surconsommation. La personne dite socialisée, par opposition à l'exclu social, se reconnaît bien évidemment par sa façon de vivre très standardisée. Les stéréotypes, tous en relation avec pouvoir d'achat, sont nombreux. Outre dans la consommation des biens tels que les voitures et l'électronique, on en distingue aussi dans la consommation des loisirs et de la culture, par exemple: les vacances à la plage en été et à la montagne en hiver, les sorties au cinéma, au restaurant, les fêtes, les réceptions d'amis etc... Et donc l'exclusion sociale se réfère aussi à ce type d'exclusion là, celle du cercle de la pratique d'un mode de vie identique, l'exclusion culturelle.

Mais encore plus loin, au-delà de l'exclusion culturelle, qui a toujours plus ou moins existé, simplement aujourd'hui la télévision l'exacerbe beaucoup plus et puis le rapport des forces est inversé, les misérables sont maintenant les moins nombreux, une autre notion bien plus moderne vient encore s'y greffer. Car alors qu'auparavant le terme de pauvreté ou de misère relevait essentiellement de la conscience personnelle et politique, le terme « d'exclusion social » nous revoie quant à lui à des textes juridiques très concrets. Effectivement, de façon paradoxale, la notion d'exclusion inverse le sens de la justice, l'exclu devenant la victime d'une violation de la justice par la collectivité. Cette situation serait équivalente à celle d'un joueur de football qui recevrait un carton rouge, l'expulsant du terrain, pour le sanctionner de s'être fait tacler par derrière...

Ce paradoxe moderne vient du fait que les citoyens ont acquis des droits sociaux inscrits dans les constitutions Nationales et Européennes (lire le billet "vers plus de social" [ici]). Donc « l'exclu social » est doublement victime, victime d'abord de la pauvreté et victime de la privation de ses droits juridiques fondamentaux comme par exemple, le droit au logement, à la santé, au travail. N'ayant plus les mêmes droits l'exclu social n'est plus un citoyen comme les autres.

Est-il encore simplement un citoyen? De fait, il n'a plus le droit au marché du travail, ou si peu. De fait il n'a plus le droit à l'éducation, ou si peu. De fait il n'a plus le droit à la formation professionnelle, ou si peu. De fait il n'a plus le droit au logement, ou si peu. De fait il n'a pas le droit à la santé, ou si peu...

Et comme il n'a plus le droit à la justice, ou si peu. Personne ne peut rien pour lui...ou presque.

 

Le « ou presque » fera l'objet d'autres billets!

24.01.2009

Vers plus de Social

Revenons au travail, après une petite pose, que j'ai tentée humoristique pour briser la glace, mais qui a dérapé sur flaque d'huile de vidange et sombré dans le un peu dans le n'importe quoi, que j'assume qu'en même.

La mécanique a déjà plus de six mois, « Il va falloir grandir maintenant », devenir un adulte responsable. Je n'emploierai pas le mot « crédible » tellement ce mot est usé et possède des variantes discriminatoires qui m'horripilent comme par exemple: « présentable ». Et puis la crédibilité est une notion ultra relative, furtive...Derrière la notion de « crédibilité » se cache souvent la posture, le mensonge! Non, je préfère simplement parler de travail. La récréation c'est bien. La critique? Ouais super on s'éclate. Les commentaires sont cools, tranquilles. Mais si on bossait un peu...Tiens! J'ai l'impression de parler comme Nelly! Pourtant, c'est ce que j'appelle la vraie crédibilité, celle que confère la sueur, le travail et non pas: l'habit, le serrage de main à tout va, la politesse baveuse et la cravate.

Donc lentement, progressivement, car il ne faut pas brusquer la machine rouillée, la Mécanique de l'Orange va tenter de se mettre au travail, dans une optique plutôt sociale. Peut-on innover de façon intelligente dans le social, et donc ça va de soit, sans tomber dans le socialisme gaulois borné et archaïque. Voilà un sujet d'exploration pour les prochains mois.

Je vais commencer par suivre les conseils de « F », l'illustre inconnue que j'ai l'honneur d'avoir souvent en commentaire. Et j'entame donc ce processus par le début en lisant la CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L'UNION EUROPÉENNE [ici] dont je fais un bref résumé pour ceux qui ne connaissent pas le texte et qui ne veulent pas lire tout de suite les VII chapitres et les 54 articles.

Par principe, j'anticipe en considérant que le droit Européen sera la source principal du droit Français. Cette charte devient alors un texte de référence pour les sujets sociaux que je tenterai d'aborder.

 

La CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L'UNION EUROPÉENNE énonce l'existence de valeurs communes qui se fondent sur un certain nombre de droits des personnes, reconnus, indivisibles et universels, liés à la dignité humaine, à la liberté, à l'égalité et à la solidarité, toutes ces valeurs ayant pour réceptacle la démocratie et de l'état de droit. A travers cette charte l'Union Européenne définit un espace de liberté, de sécurité et de justice, mais aussi de libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. Elle protège aussi le droit à la diversité et à l'identité culturelle de la personne.

Le premier chapitre traite de la dignité de l'Homme et inclue les droits fondamentaux tels que, le droit à la vie, l'abolition de la peine de mort, l'interdiction de l'esclavage, de la torture, des traitements inhumains. Il encadre aussi les dangers potentiels de la science, en interdisant le clonage ou toute sorte de sélection génétique, ainsi que le commerce des organes humains.

Le second chapitre traite des libertés privées. Il énonce le droit au secret des données à caractère personnel, le droit à fonder une famille, le droit à la liberté de conscience, de religion, d'expression, d'information, de réunion et d'association. Il insiste sur la liberté des médias et sur le respect de leur pluralisme. Il énonce aussi le droit à l'éducation gratuite et à la liberté d'éducation des Parents. Au niveau économique, la charte rappelle le droit au travaille, ainsi que la liberté d'entreprise et le droit à la de propriété. Parmi les droits de la personne, le texte énonce aussi le droit d'asile, l'interdiction des expulsions collectives et l'interdiction des expulsions vers des destinations mettant en danger la personne expulsée.

Le troisième chapitre de la charte traite de l'égalité, en déclarant en premier lieu que toutes les personnes sont égales en droit. La charte interdit toute sorte de discrimination, dont elle établit la liste: la discrimination fondée sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. Le troisième chapitre traite aussi des droits des enfants et considère que dans tous les actes relatifs aux enfants, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.

Le chapitre IV traite de la Solidarité. Il énonce notamment le droit au syndicalisme, le droit à la négociation, le droit de grève, ainsi que le droit aux conditions de travail justes et équitables, à la protection contre les licenciements injustifiés, à une limite de la durée maximale du travail, aux congés payés, aux périodes de repos hebdomadaires. Il limite aussi le travail des enfants.

Afin de lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté, la charte reconnaît le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinée à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes.

Le chapitre V définit d'abord la notion et la mise en pratique de la citoyenneté Européenne, puis traite des élections municipales locales en donnant le droit de vote et d'éligibilité à tout citoyen (ne) de l'Union dans l'État membre où il (elle) réside. Il définit aussi le droit à une administration juste, rapide et humain, en y détaillant les principes de base, comme par exemple: l'obligation de motivation de toute décision administrative, le droit à la réparation des préjudices. L'article détaille aussi les droits et recours éventuels du citoyen face à l'administration.

La chapitre VI traite des droits fondamentaux des justiciables, qui ont droit à la présomption d'innocence, à l'impartialité de la justice, à un jugement publique dans un délai raisonnable, à la possibilité d'un recours, à être défendu par un avocat, à une aide juridictionnelle. La charte interdit la rétroactivité de la justice.

Le chapitre VII traite des dispositions générales et champs d'applications. Je reviendrai par la suite sur ce chapitre.

 

 

 

21.01.2009

Ayez une conscience...

 

petit ange_1.jpgHé Philippe! Tu ne trouves pas que la Mécanique se grippe ces temps-ci? Relis un peu tes derniers billets? D'abord tu broies du noir avec toutes ces projections angoissantes dans l'avenir. Puis, tu montes sur tes grands principes et tu invectives le monde entier. Et enfin de compte, c'est la surchauffe, il y a eu ce fameux incendie des commentaires. Tu dois réagir. Fais une pause. Propose quelque chose de doux, je ne sais pas...de la musique, de la poésie! Oh oui de la poésie, voilà une bonne idée! Tu verras, il n'y a rien de mieux pour calmer les nerfs!

Heu...de la poésie? Ça se monte comment la poésie? Je ne sais pas si j'ai les bons outils dans mon garage? Et le plan d'assemblage? Bon allez, de toute façon ce serait bien la première fois que je lis un mode d'emploi. Mais dis moi au moins par quoi je dois commencer.

 

petit ange_.jpgD'abord il faut trouver un thème poétique.... par exemple les fleurs! Le thème est parfait pour détendre l'atmosphère, c'est romantique et ça sent bon.

 

Bon je tente....J'imagine un champ au printemps, fleuri de marguerites et de coquelicots, on y respire un air doux et chaud. Au loin quelques vaches paissent avec sérénité au rythme des clochettes qui pendent à leur cou. Et ça fait des petits gling-glang! Et encore des petits gling- glangs..petit gling... petit glang....

 

Ouais c'est bien ça, hummmmouaiiis....je me sens mieux...tu as raison....je m'y vois déjà...Hummm ça relaxe...Je m'allonge sur l'herbe et là je compose mon poème....

 

Ho, Douce et frêle petite fleur,

tu es là pour consoler les belles quant elles pleurent

Grandis au milieu des herbes, tes sœurs, qui te protègent et t'accueillent,

Pour que tu sois rayonnante de bonheur, afin qu'elle vienne près de toi, et te cueille

et...

 

petit ange_2.jpgNon mais oh! Ça non! Et le respect de la nature alors? Il ne faut pas cueillir les fleurs. Ce n'est plus de la poésie, mais de la destruction, du meurtre des petites herbes. Et les abeilles hein! Tu as pensé aux abeilles? Où veux-tu qu'elles butinent maintenant! Fais attention Philippe! Fais attention! Tu as vu ce qui peut se passer avec les abeilles! On ne touche pas aux abeilles!

 

Ok bon...heu..ouais...si tu veux...trouvons autre chose....La plage, ça te va la plage? Il n'y a pas d'herbe, pas de fleur, pas d'abeilles pour m'énerver.

 

Bon je tente....La plage au coucher du soleil. C'est bien ça. J'imagine, telle une montgolfière jaune d'or, ovale, dégradé de rouge foncé au fur et à mesure qu'il se rapproche de l'horizon, le soleil, souverain du ciel, nous laisse en paix avec nos rêves du soir et part pour d'autres lieux, réchauffer d'autres vies, d'autres cœurs.....d'autres vies...d'autres cœurs..vies...cœurs...

 

Ouais c'est bien ça, hummmmouaiiis....je me sens mieux...je m'y vois déjà...Hummm ça relaxe...Je m'allonge sur le sable et là je compose mon poème...

 

Te souviens-tu de cette plage, étincelante, faite de grains de sel et de sable, mélangés.

Te souviens-tu des soirées d'été, bouleversantes, que l'on passait en compagnie des vagues, à chanter.

Oui, je me souviens encore, je prenais ma guitare, ensorcelés nous dansions

Oui, je me souviens toujours, et les grillons enchantés nous accompagnaient au violon.

Te souviens-tu du grand feu que chaque soir nous faisions.

Te souviens-tu, comme il nous réchauffait lorsque nous nous enlas...

 

petit ange_2.jpgQuoi! Non mais c'est un scandale! D'abord, on ne fait pas de feu en été sur les plages abandonnées. C'est interdit! Ce n'est pas écologique, et extrêmement dangereux. Le vent peut entrainer les braises dans la forêt de pins et c'est la catastrophe. Philippe, tu ne donnes pas le bon exemple. Attention à ce que tu écris! Et puis à quoi tu joues? Je ne sais pas ce que tu allais écrire après, mais ça n'avait pas l'air catholique du tout! Je ne le sens pas ton poème. La plage c'est trop sensuel! Choisis un autre thème!

 

P...n de conscience! Grrrr! Ah je vous jure! Ayez une conscience! Ayez une conscience! Alors ce soir « l'horizon détente » qu'elle disait...c'est râpé...énervé....très énervé. Comme scénario relax, je crois que vais plutôt écrire un billet incendiaire sur n'importe quoi pour me passer les nerfs! Bon ! Ya pas un ou deux MoDem qui veulent trahir là, quelque part, que je les incendie...

 

18.01.2009

Le Banlieusard de la Politique.

J'aime assez le mot « banlieusard ». Celui qui vit au banc du lieu, à l'extérieur du centre, là où normalement rien d'intéressant ne devrait se produire. De plus, j'aime assez me faire passer pour le « rustre banlieusard » ou plus encore pour le « paysans » tout crotté, sans la moindre idée des convenances et qui se pose là, décomplexé, au milieu d'une société toute « civilisée », un peu « shocked ». Et qui plus est, arrogance suprême, je ne change rien à mon comportement tout en simple et franche rudesse, apparente. De plus, par expérience, j'ai souvent constaté que le banlieusard est bien plus « vitalement » cultivé que le citadin du milieu. Se libérant de la pression centrale, il échappe aux carcans et vivant dans cette pénombre, dans cette semi-réalité qu'est la sienne, il pèlerine en recherche constante d'expériences et d'innovations. Le banlieusard étonne par sa grande capacité à créer, qui le pousse sur des chemins originaux, mais malgré tout, toujours emplis de sens réel. Alors j'aime le mot banlieusard, j'aime la simplicité brutale, humaine, qu'il dégage.

Maintenant, le banlieusard politique au sens métaphorique du terme, tel que je l'ai défini ci-dessus, existe t-il vraiment? Si oui, quelle pourrait être son action? Comment se comporterait t-il? Quelqu'un a t-il déjà vu cet animal bizarroïde? L'a t-on déjà photographié quelque part, ou filmé? J'ai envie de dire peut-être...

C'est en lisant un billet de Pierre [ici] (la seconde partie), que m'est venue cette vision un peu surréaliste, de cet animal politique d'un genre nouveau. Pierre fait des propositions que je trouve très intéressantes, innovantes et frappées de bon sens, j'irai même jusqu'à les qualifier de de politiquement clairvoyantes. Pour la plupart des Français, nous représentons le parti des classes moyennes. Ce qui est le cas, pourtant Pierre propose la formation de commissions thématiques sur des sujets aussi discourtois et « shocking » que l'exclusion sociale et la discrimination. Des sujets bien éloignés de la réalité des militants que nous sommes, à plus de 90% blancs, cadres, chefs d'entreprises, enseignants ou hauts fonctionnaires. Pierre serait-il un banlieusard politique au sens métaphorique? :-)

Quelles sont les raisons qui rendent cette proposition intéressante? J'en vois plusieurs.

Commençons par l'essentiel: le côté humanitaire. Nous nous glorifions d'humanisme presque tous les jours dans tous nos billets, mais le sommes-nous vraiment? Le montrons-nous à travers notre travail? Est-ce la réalité de notre mouvement ou une simple image marketing. Chacun d'entre nous doit se poser cette question en se regardant dans un miroir. Sans rentrer dans les considérations stratégiques, quel sens profond voulons-nous donner à notre mouvement. Quelle action politique voulons nous porter? Pour quelle société travaillons-nous? A un moment donné, il faut franchir le rubicond et montrer que nos actes sont en phase avec nos discours humanistes.

Après avoir parlé au cœur, intéressons-nous au cerveau cynique qu'est le notre et regardons le côté efficacité politique de cette proposition. Bien sûr, les commissions établies dans le Bas-Rhin portent sur des sujets essentiels: économie, cadre de vie, institutions, etc... Des domaines très importants, si importants que de partout et à plein temps, des milliers d'experts s'emploient pour tenter d'apporter des idées. Alors le risque est que les commissions MoDem ne puissent proposer que des variations assez petites de ce qui est déjà connu. Et au bout du compte, les solutions MoDem n'offriraient qu'une potentialité d'impact politique assez limitée au près des électeurs. Donc la proposition de Pierre « rebousterait » l'ensemble des commissions en y apportant du vivifiant, une énergie nouvelle, une fraicheur accompagnée d'un impacte politique potentiellement puissant.

Effectivement dans la création d'une ou plusieurs commissions sur la discrimination et l'exclusion, je distingue de vraies et nouvelles perspectives politiques pour un parti comme le notre, qui tente de débaucher les électeurs socialistes dits « roses pâles ».

Premier point fort: Les exclus et les discriminés de la société ne sont pas en dehors de notre réflexion et de notre action politique. La symbolique de telles commissions, l'ouverture de contactes avec les associations, la bonne publicité gratuite qui forcément ne manquerait pas d'apparaître dans les médiats, sont autant d'arguments en faveur d'un impacte politique puissant.

Second point fort: L'occupation du terrain politique face au P.S. Jamais on ne gagnera des voix populaires, et Dieu sait si on en a besoin, si quelque part, à un moment donné, on ne se « rabaisse » pas pour parler et pour côtoyer ces classes populaires.

Troisième point fort: Des solutions réalistes, économiques, viables et humaines ne manqueraient pas d'apparaître lors du travail des ces commissions. Car de par sa position centrale, non aveuglé par l'idéologie marxiste, le MoDem est le mieux placé pour proposer des solutions à la fois humaines et réalistes.

17.01.2009

La démocratie par principe.

La démocratie comment ça marche? Et bien! Voilà une question bien arrogante de la part d'un apprenti mécanicien.

La démocratie comment ça marche? Nul, mais aussi tenace, très tenace...Je ne me laisse pas démonter, même par mon ignorance. Et oui! Vous l'avez peut-être déjà deviné! Ça va déplaire à certain(e)s ;-), mais aujourd'hui j'ai bien envie de revenir à des sujets absolument négligeables, puérils, à des comportements minables de « lilipuliticiens », à des tempêtes locales dans les tasses de café des bars-PMU Strasbourgeois; mais qui de mon point de vue sont des révélateurs forts de la réalité de la prise de cohésion, ou pas, de notre parti. Et c'est dans cette optique d'analyse plutôt globale, que je vais tenter de dégager ce qui me semble être essentiel dans ce sujet. Je fais allusion à l'article précédent sur l'arrogance et la trahison.

Nous nous glorifions nous même du nom de Parti Démocrate. C'est un peu fanfaron! Le méritons nous vraiment. Sommes nous déjà un parti démocrate? Le sommes nous en devenir? Le serons nous un jour, ou jamais? Voilà une question qui me fascine. Je me suis engagé dans le MoDem à cause de Bayrou, mais aussi par conviction démocrate. Vais-je rapidement déchanter et m'apercevoir que tout cet aspect démocratique n'est que la poudre aux yeux des militants?

Alors on va vite me rétorquer: Attention Philippe tu dérailles, dans l'ensemble, les élections internes se sont bien déroulées  et nos instances représentent la diversité des militants de façon correcte. Oui bien sûr, moi aussi je suis fier des élections internes et je ne renie pas mes engagements. Non le problème démocratique est  ailleurs, dans le devenir. Le révélateur viendra de la manière dont nous, démocrates, allons accueillir les élus qui se rallieront à nous, par conviction diront-ils, mais par opportunisme en réalité. La façon d'accueillir, ou de pas accueillir, ces élus nous révèlera beaucoup sur la réalité démocratique de notre parti. Quels ralliements opportunistes pouvons-nous accepter et dans quelles conditions?

Alors, la démocratie comment ça marche? Un question de principes, vous diront certains. Et ils n'ont pas tort. Je préciserai en disant: une question de principes moraux, de respect d'autrui et d'honnêteté. Les principes...Il fut un temps, je pensais que seuls les bandits de grands chemins et les escrocs pouvaient s'en affranchir. Mais en prenant de l'age, je m'aperçois que les principes deviennent très vite relatifs pour tout le monde lorsqu'il s'agit d'acquérir de l'argent ou du pouvoir. Et donc à l'extrême, dans l'univers pétri de pouvoir et d'argent qu'est celui de la politique, les seuls principes qui s'appliquent sont ceux issus du principe de la relativité généralisée. Face à la tentation du pouvoir, le fondamental devient subitement distordu et à géométrie variable aux grès des...suivant que...en fonction de ...si ça arrange...Et voilà que n'importe quel militant, aussi propre sur lui soit-il, de bonne volonté initiale et de bonne éducation, se transforme en un vilain opportuniste, un horrible escroc populiste, trahissant ici les militants, détournant là les voix des électeurs.

Les Français identifient encore le centre à un composé hétéroclite, à quelque chose d'informe se mouvant de façon visqueuse, fluant sans cohésion et sans résistance. Une espèce de cercle d'élus, se maintenant en jouant les mandats sous la table, faisant une majorité ici, défaisant une autre là. Alors si le MoDem veut se donner une image, une identification propre, une cohésion, forcément il doit mettre fin aux pratiques antidémocratiques du « papa » centriste. Le MoDem « doit, muss, must, tiene que » s'engager sur une ligne morale irréprochable et briser ainsi les vieux démons de la politique.

Nous devons nous équiper de règles d'intégration normalisées, balisées, identiques pour tous, basées sur des principes moraux irréprochables. Dans le cas contraire, c'est le coup par coup, la confusion, la perte générale des repères , le n'importe quoi.

Un principe ne se démontre pas, on constate simplement que sans lui tout s'écroule, et que sa seule présence maintient l'unité. Le MoDem a donc besoin de principes de cohésion forts . S'il accepte tout et n'importe quoi, dans n'importe quelle condition et bien le parti se transformera en une simple mouvance brouillonne d'opportunistes en tout genre, il perdra ses militants et retournera à la politique de papa...

13.01.2009

Quelle réforme pour la justice?

La justice...

 

petit ange_.jpgTu es devenu fou ? Arrête tout de suite ! tu sais que c'est un sujet tabou. Personne ne peut parler de justice, surtout en mal. Tu vas forcément énerver tout le monde. Et puis tu n'y connais rien, mais alors rien du tout!

 

petit diable.jpgAllez! Vas-y. Lance toi. Dis ce que tu as dans le cœur. Exprime toi, ça te fera du bien. T'es pas une mauviette Philippe, moi je le sais, mais attention, d'autres en doutent. Alors montre leur que tu as vraiment du cran!

 

 

 

petit ange_.jpg

Philippe arrête, ne l'écoute surtout pas. Soit prudent, réfléchis, ne fais pas l'idiot. Parle plutôt des problèmes de l'élevage des huitres dans le bassin d'Arcachon, c'est passionnant et puis, là au moins, tu es tranquille, personne ne viendra pas t'insulter.

 

 

Hé-ho, vous deux, vous avez fini votre cirque? Je fais ce que je veux. Maintenant, toi le bon, tu vas faire ma prière d'aujourd'hui. Tu la répètes trois fois, vu le nombre de conneries que j'ai fait, plus une quatrième pour celle que je vais faire maintenant. Et toi le mauvais, mets plutôt le feu dans la cheminée, il fait froid, fais donc chauffer la baraque. Allez zou!

 

Reprenons...Hum! Hum!

Justice, ôôooh justice. Étrange mot, tu portes un sens qui m'est étrange, relatif ou l'absolu, il trotte dans ma conscience comme...

petit diable BOX.jpgMais arrête toi, mais...mais arrête toi. C'est une horreur, c'est du caca de Chamalo au miel et au parfum de d'églantine que tu me fais là. Mais dis simplement que la justice n'existe pas! Qu'elle méprise les pauvres autant qu'elle favorise les riches. Que c'est une honte et que...

 

petit ange_.jpg

Stop! Tricheur! Méchant tricheur! Il triche. Tu as vu comme il triche. Mauvais là! Il n'a même pas fait le feu, et pendant que je fais tes prières, il tente de t'influencer.

 

Dehors tous les deux. Je voulais juste dire, que la vraie réforme de la justice, celle que j'attends depuis le début, est celle qui consisterait à offrir le même respect et les mêmes chances de justice ou d'injustice à une personne dite « importante » qu'à une personne dite « quelconque ». Et là, je n'ai même pas besoin de donner des exemples. Tout le monde en connait. Je compose juste une petite illustration.

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Justice.jpg

 

 

10.01.2009

Traitrise et arrogance, tout pour nous énerver.

Les militants et les élus comprennent bien le profond changement politique qui s'opère. Le P.S. s'est englué plus que jamais dans ses divisions et dans son archaïsme socialiste. Aujourd'hui, plus personne ne pense réellement qu'il soit encore capable d'offrir une nouvelle frontière aux français. Et Sarkosy, plus fier que jamais, satisfait de lui même, confondant vitesse et précipitation, se « bonapartise » de façon inquiétante.

Alors le MoDem apparaît progressivement comme la seule alternative possible pour la république. Il se crédibilise, grâce à ses militants humanistes, combatifs et unis, et grâce à un grand chef visionnaire, Bayrou, aimé des Français. Prenant de la masse, de la consistance, le MoDem n'échappe plus à la loi universelle de l'attraction des corps. Beaucoup d'élus, voyant le vent tourner, envisagent secrètement d'intégrer le MoDem, certains commencent à le faire, tous se demandent quelle est la bonne façon.

Prenons l'exemple qui fait fureur aujourd'hui dans le Bas-Rhin. Il s'agit pour moi, tout jeune militant, de deux illustres inconnus: « Marc Merger et Bornia Tarall » mais pas par tous... Faisons donc connaissance.

Voici d'abord l'article paru dans les DNA [ici] déclencheur de l'affaire et titré : Marc Merger et Bornia Tarall réintégrés au MoDem. D'entrer de jeu le journaliste parle de « mercato » faisant ainsi référence à l'argent « sale », aux tractations de dessous de table, cachées des militants. Puis le journaliste entre dans le vif du sujet, en révélant que Marc Merger et Bornia Tarall ont été suspendus 6 mois du MoDem pour avoir marqué contre leur camps et qu'ils viennent d'être graciés par les instances nationales. Il injecte alors son venin politique, en nous faisant comprendre que cela c'est fait dans le dos du MoDem-67, celui-ci accueillant la nouvelle de façon très frileuse. Déroulant son fil, le journaliste lâche le loup « Marc Merger s’était présenté aux cantonales sous les couleurs de l’UMP, dans la circonscription Strasbourg 1 contre le candidat investi par... le MoDem, Arnaud Weber », notre secrétaire départemental!

Traitre.jpgMais ceci n'est encore rien! Ayant bien repéré l'angle d'attaque, les DNA continuent à mettre le feu au MoDem-67 en faisant parler les deux élus U.M.P, qui se retrouvent d'un coup de baguette magique auto-promus « la voix du MoDem dans les assemblées strasbourgeoises ». Puis le journaliste les met en opposition directe à la présidente départementale, Anne Meunier qui rappelle qu'« ils ne représentent pas la voix du MoDem à Strasbourg. Ils ne participent à aucune réunion et ne sont pas membres du conseil départemental ».

La bombe incendiaire est lancée, mais le journaliste termine son travail de sape, en continuant à faire parler les deux protagonistes, qui s'expriment d'une façon incroyablement arrogante.

-Marc Merger: « il faut savoir en tirer les leçons pour reconstruire un parti local qui réponde aux enjeux locaux »,

et Bornia Tarall d'insister : « Marc est une personnalité ouverte capable d’incarner ce parti qui n’a pas été à la hauteur de ses valeurs lors des municipales », et qui a été miné par « beaucoup d’intrigues à Strasbourg ».

Grosso modo, il faut juste comprendre: Marc Merger quitte l'UMP pour le MoDem afin d'en prendre le contrôle et Bornia Tarall l'appuie en disant qu'il est la seule personne capable de mener le MoDem-67. J'en connais qui doivent être dans des états... Mais les militants en prennent un sacré coup aussi. C'est comme si la longue et difficile campagne interne n'avait servi à rien, comme si la sueur des militants ne vallait rien. N'importe qui peut arriver, la gueule enfarinée, s'assoir là, et tout balayer du revers de la main.

Bien sûr les réactions ne se sont pas faites attendre, ça brûle de partout. Le journaliste a atteint son objectif probablement bien plus qu'il ne l'imaginait. Ici la réaction de Julien Viel, là celle de Guillaume Bechade.

Mais cet exemple, burlesque, atypique et abracadabrantesque, doit nous permettre d'en tirer des enseignements. Ça se passe aujourd'hui en Alsace, ça se passera demain ailleurs. Le MoDem verra, par la force des choses, de nombreux ralliements, tous aussi opportunistes que celui-ci. Alors nous devons de façon urgente, voter des règles d'intégration normalisées, balisées et sécurisées, pour tous, afin que ce type d'incident ne se reproduise plus.

Car l'essentiel est de respecter les instances locales élues par les militants. Elles sont nos églises, bâties de nos propres mains, à partir de rien. Tout nouvel arrivant doit en respecter les murs et les règles collectives, votées démocratiquement par les assemblées. S'il n'en veut pas et bien qu'il aille se faire voir....

J'espère que cela va se mettre rapidement en place, ici et ailleurs!

 

09.01.2009

L'équation de la réalité imaginaire

– "Nous irons au-delà de la première tranche de fonds propres prêtés en décembre", a-t-il dit.

Nous irons tous au Paradis. Nous irons...

« On leur prêtera des fonds propres pour qu'elles puissent prêter davantage », a-t-il dit.

Nous irons tous au Paradis. Nous irons....

"plus les banques ont des fonds propres, plus elles prêtent", a-t-il dit.

Nous irons tous au Paradis. Nous irons...

"les Français ont fait une bonne affaire" avec les 10,5 premiers milliards prêtés aux banques dans le cadre du plan de soutien décidé après le début de la crise, et rémunérés à un peu plus de 8% d'intérêts annuels.

[Sources NouvelObs]

Nous irons tous au Paradis. Nous irons...

 

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Sarkosy le « bougeotté » oublie, semble t-il un temps soit peu, de se poser et de réfléchir! Tout le monde traite Angela Merkel de paysanne, avec son empressement à ne pas s'empresser. Et alors? Ne dit-on pas des paysans qu'ils ont du bon sens? Plus que jamais, il semble qu'une cour de technocrates et d'experts arrogants a pris le dessus sur le gouvernement de la responsabilité politique.

Il est vrai que le monde de la finance fonctionne sur des bases qui ne peuvent pas être comprises de façon simple. Mais, malgré tout des lignes directrices se dégagent et il semble bien que nous sommes dans un processus de « fuite en avant ».

Mais déjà, qu'est -ce « qu'une fuite en avant »? Très simple en voici un exemple. Imaginez! Vous êtes dans une situation financièrement très difficile, mais vous aimez jouer aux courses. Vous demandez donc conseil à des experts très qualifiés qui vous refilent un tuyau en or, absolument sûr. Le problème est que vous n'avez pas le moindre sou pour parier! Alors empli de certitude, vous empruntez une grosse somme aux banquiers et pour cela vous mettez votre maison en hypothèque, et laissez en garantie vos enfants qui deviendront des esclaves si vous perdez. Dans la fuite en avant effrénée qui est la votre, vous pariez donc sur la certitude de l'avenir et vous misez le tout sur le fameux cheval, qui perd. Il fallait s'y attendre, les fuites en avant finissent toujours mal!

Sauf que, dans le cas présent, les enfants, la maison n'appartiennent pas à Sarkosy. Il n'est qu'un simple manageur, élu sur un mal entendu. Alors si tout dérape, lui et ses conseillés démissionneront simplement et ils partiront à l'étranger sans un mot d'excuse, parachute doré en poche. Voilà en vérité ce qui nous arrive! Nous vivons dans un monde de fous, gouverné par une cour d'experts financiers qui ont depuis longtemps, semble t-il, perdu le sens de la réalité.

Certains disent que la crise financière n'est qu'un simple accident de confiance, engendré par quelque irresponsables isolés. Le système n'étant lui pas en cause. Mais imaginons autre chose, prenons les chemins de traverse de la pensée commune. N'avons nous pas franchi une dimension spatiale sans même nous en apercevoir, celle qui serait une « réalité imaginaire »?

Peut-on créer de la croissance des richesses sur l'accroissement de la dette? Voilà l'équation de la réalité imaginaire. Si la réponse est oui, alors que l'on me dise quelle est la vraie valeur des richesses « imaginaires » ainsi crées? En mathématique un tel processus problématique, de variations engendrées par des variations, s'apparenterait à une équation différentielle du deuxième degré. Souvent très difficiles à résoudre, ces équations fournissent en général, non pas une seule solution, mais un espace de solutions réelles ou imaginaires, le tout souvent troué d'un bon nombre de séries de singularités, autour desquelles tout diverge. Une singularité peut être défini comme un point ne faisant pas partie des solutions tout en faisant partie de l'espace des possibilités.

En pratique, dans le cas d'un cercle vicieux telque la croissance des richesses basée sur la la croissance de dette,  une singularité pourrait s'apparenter à n'importe quoi qui ferait que la confiance s'effondre, par exemple une guerre, une catastrophe naturelle ou politique, une rupture des approvisionnements, ou tout autre événement du même acabit, extrêmement....heuu....fréquent!

Il n'est même pas la peine de faire un dessin dans le cas de l'apparition de telles singularités. Le cercle fictif de la circulation de l'argent imaginaire, reposant uniquement sur la confiance en l'avenir disparaît d'un coup. Le système implose, les banques font faillite et les français de même. Ça va nous faire une « Stroumpflaction » du tonnerre [voir ici l'article « Comment guérir du capitalisme? »]

Et voilà que Sarkosy fait le beau et que bille en tête il en rajoute une couche! Il nous explique que l'état (déjà extrêmement endetté) va emprunter de l'argent à des institutions financières, puis le prêtera à d'autres institutions financières ( ou peut-être aux mêmes). Ces dernières institutions financières, qui verront une augmentation de leur fond propre pourront prêter cette somme multipliée par le fameux facteur "Zéta" de l'argent imaginaire. Par ce tour de passe-passe échappant aux lois de la physique la plus élémentaire, pour laquelle rien ne se crée tout se transforme, Sarkosy va contribuer à augmenter la richesse fictive de la France, celle engendrée par l'alimentation de la dette. Et Sarkosy de rajouter en cranant: avec 8% d'intérêts « les Français ont fait une bonne affaire ». Mais que se passera t-il si dans l'intervalle une singularité majeure se produit? Mais que se passera t-il lorsque la richesse imaginaire dépassera la richesse réelle? Comment se comportera notre monde, bien réel lui?

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