30.11.2008

Parti Politique et Démocratie Intern..n..net.

 Même cause mêmes effets. L'élection de Barack Obama nous mettait, nous Français bien pensant, soucieux des convenances, donneurs de leçons devant l'éternel, en face de la réalité culturelle qui est la notre, et cela depuis la révocation de l'édit de Nantes, celle de l'exclusion systématique des minorités à tous les niveaux du pouvoir publique et économique. Et voilà! Alors que l'élection du premier secrétaire du P.S., nous donnait l'occasion nous gausser du malheur des autres, de pouffer et de se frotter les mains tels des fossoyeurs cyniques devant une épidémie de choléra, l'exigence de Pierre, ici, remet les choses en place en saluant malgré tout une démocratie interne exemplaire, et nous demande ainsi de balayer d'abord devant notre porte. La Mécanique de l'Orange, encore avec un temps de retard, s'engouffre une nouvelle fois dans la brèche ouverte par Pierre et tente d'y apporter un éclairage supplémentaire.

L'élection interne du P.S. fut révélatrice de la contradiction fondamentale, que l'on oublie toujours, mais qui pourtant travaille tous les partis politiques. Cette contradiction apparaît à la base, dans le terme même de « parti politique » , deux mots collés ensemble mais dont les sens profonds s'opposent radicalement. D'un côté, la politique, un art noble et vital, à la base de toute civilisation, qui maintient la société unie et tente de l'améliorer. De l'autre, « le parti-pris » , synonyme de la mauvaise foi, de l'arrogance, de l'obstination malavisée et par conséquent générateur d'exclusion, de séparatisme et d'épuration. De façon naturelle, la vie interne des partis tend à épouser cette contradiction originelle et engendre une culture dite « des appareils » avec tous les passes droits, copinages, mises à l'écart et autres protections illicites et antidémocratiques que cela sous entend. Et donc, dans les faits, la démocratie interne reste encore une notion assez peu pratiquée au sein des partis politiques. Sauf au Modem, bien entendu!

___La démocratie online:___

La saga du P.S. mit en évidence un fait indéniable: les temps politiques changent. D'un côté, l'appareil du parti et la course au pouvoir dans toute son opacité, avec les tractations de couloir négociées sur le dos des militants. De l'autre, le vote des militants, indépendant, qui dénoue à chaque fois les manipulations et s'oppose sans arrêt aux postures et aux fausses alliances des cadres du parti. Les temps politiques changent, et à la lumière de ces élections, l'appareil du parti socialiste est soudain apparu d'un autre age, complètement obsolète.

INTERNET.jpg

 La cause de tout cela? Internet bien sûr! Internet balaie en profondeur tous les repères de la société. L'information et la culture se diffusent continuellement sur la toile, déchargées par des milliers de sites et de blogs, qui tels des myriades de fourmis explorent le monde, tracent les routes de la pensée et débroussaillent les nouveaux champs d'intérêts. Le tout représente le déversement de millions d'articles, de vidéos et de photos par jour. Mais aussi paradoxal qui cela puisse paraître, l'information ne se disperse pas, elle est stockée, reprise, digérée transformée, et participe à un phénomène extraordinaire, l'incarnation progressive et électronique de notre conscience collective. Chaque internaute représente une petite synapse de ce magnifique cerveau électronique. Source d'intelligence et de conscience, internet a des envies, des peurs, des rêves et des cauchemars. Nous sommes internet, et plus personne ne pourra plus nous arrêter.

La toile donne à des affranchis la possibilité de s'adresser directement à n'importe qui et d'être écouté. Le pouvoir change de main et de nature, il revient à la masse et s'écoule inexorablement tel du sable des mains des grands de ce monde. La preuve en est la tentative actuelle de contrôle politique du Net, dénoncée notamment par Nelly ici et par Pierre . La cité change, les citoyens reprennent le gout de s'exprimer et s'organisent en forums, en plateformes de discussions ou en réseaux de blogs. Cet échange continuel, hors contrôle transfigure aussi les partis politiques en générant, de fait, quelque soit leurs statuts et leur hiérarchie, une nouvelle démocratie interne.

___Une redéfinition de la crédibilité politique___

Déjà tout candidat local, qui se respecte, possède sont petit Blog. Et on sent poindre la compétition farouche. C'est à celui qui sera le plus réactif, le plus expert sur tel ou tel point. Les campagnes futures seront probablement bien plus génératrices d'-e-lectrons que de papier glacé. Internet va raser large.

Les blogs permettront de connaitre les candidats de façon intime, et leurs pensées mises à nues au quotidien généreront une toute nouvelle approche de la notion très subjective de « crédibilité, politique». Alors qu'aujourd'hui, elle est basée sur le statut social, sur la réussite professionnelle et bien entendu sur l'implantation et les soutiens locaux. Demain, la crédibilité politique se générera d'avantage à travers l'expression du blog. Montrez moi vos blogs et je vous dirai pour qui je vote!

Crucial, le blog deviendra le moyen essentiel avec lequel le candidat tentera de forger son image. Comment est il tenu, organisé, travaillé? Est-il intéressant ou ennuyeux à mourir. Le lit-on en diagonale, ou passionnément? Comment s'exprime-t-il? S'il est trop lisse, on lui reprochera de faire de la démagogie en ne voulant déplaire à personne plutôt que de plaire à certains. S'il est trop excessif, on lui reprochera de ne pas savoir négocier en recherchant avant tout des solutions. S'il est sans imagination, on lui reprochera de n'être qu'un gestionnaire sans intérêt. S'il est trop brillant, on arrivera qu'en même à le lui reprocher! Voilà les futurs cauchemars de nos candidats: blogs conservateurs et lisses, portant bretelles et ceintures pour ménager en même temps la chèvre et le choux, ou innovant, piquants, et imaginatifs. Les deux à mon sens présentent le même risque d'échec ou de réussite, car la crédibilité politique des candidats se lira aussi entre les lignes, dans les non dits, dans des choix stratégiques et dans des détails fins. Le tout nous promet de belles campagnes à venir.

La « DémocraNet » (le vilain mot que voilà) va faire exploser la conception traditionnelle des partis. Car internet rase large et ne peut se contrôler, ainsi les partis, dans leurs structures actuelles, vont en souffrir et seront obligés d'intégrer cette révolution culturelle au cœur de leur fonctionnement, pour essayer, tant bien que mal, de canaliser et d'orienter les flux. Car à quoi a-t-on assisté lors de ces élections au P.S., si ce n'est au combat d'arrière garde de l'appareil du parti, contre une mouvance populaire et militante, d'affranchis.

Internet renverse et écrase la pyramide des hiérarchies, lie le pouvoir directement aux citoyens qui un jour, surement, voteront eux même les lois sur leurs claviers.

26.11.2008

Mai 68 c'est fini,

et le Gaullisme aussi ... alors Retour vers le Futur!

 

Mai 68 c'est fini! C'est Cohn-Bendit qui l'affirme lui même dans son dernier Livre « Forget 68 ». le Kaiser Rouge abdique! Voilà un sujet taillé sur mesure pour la Mécanique de l'Orange. L'histoire tourne t-elle une page? Le cycle de l'adoration socialo-communiste béate s'achève t-il? Attaquons le sujet!

En Allemagne les « Grünen » ont tourné la page depuis bien longtemps et occupent maintenant des postes à responsabilité. Je salue ici d'ailleurs le maire de Karlsruhe, un Grün parmi les Grünen, qui fut mon ancien supérieur direct. En France les vieilles structures s'effritent, de nouvelles naissent. Le PS soumis à des forces centrifuges tente de faire le grand écart, mais pour combien de temps. Le Modem enfin sur les rails commence à tracer son chemin.

Tout cela mérite une petite réflexion, procédons par méthode, d'abord en se rafraîchissant la mémoire sur ce que pouvait bien signifier, à l'époque, être Gaulliste ou 68-ard, puis la Mécanique tentera d'en analyser les miettes restantes et de regardera à travers sa boule de cristal pour essayer de discerner le nouveau cycle qui se prépare.

---Le Gaullisme---

Le Gaullisme est une doctrine Politique typiquement Française, inspirée par Charles de Gaulle, héros de la deuxième guerre mondiale et créateur de la V république qui comme tout les grands personnages historiques, ne laisse personne indifférent. Une moitié de la France l'idolâtre et l'autre le rejette.

Le Gaullisme considère que la France doit se maintenir dans le monde en tenant un rang de grande puissance, et donc rester indépendante au niveau économique, financier, militaire et diplomatique. Il est hanté par la peur de voir le rayonnement de la France décliner à cause de ses querelles intestines constantes et prône donc la doctrine du chef unique, seule capable d'unifier et de diriger la France. La cinquième république est donc basée sur un pouvoir exécutif fort, le président de la République. Il est nommé directement par le peuple au suffrage universel direct et peut recourir au référendum pour légitimer sa politique contre les manœuvres éventuelles des corps intermédiaires.

Le gaullisme prône l'unité, le président de la république, déclaré président de tous les Français, reçoit donc symboliquement la charge de défendre le Peuple de France. Du point du vue économique, la doctrine s'inscrit dans un capitalisme classique, mais s'accompagne d'un fort volet social liant le capital au travail.

---Mai 68---

 1968 fut un mouvement plus international qu'on ne le pense, c'est la grève générale en France, mais aussi Woodstock et les grandes manifestations contre le la guerre du Vietnam aux États-Unis. 1968 génère une rupture brutale avec des effets évidents et durables. Sur ce point, les débat sont encore ouverts et les opinions divergent. Pour les uns, mai 68 représente le renouveau salvateur, pour les autres le déclin des nos valeurs. Mais à y regarder de plus près, on y trouve de tout. Coehn-Bendit, lui même, pense que Mai 68 est une brèche, un prétexte, dans lequel s'est engouffré la société frustrée de libertés, sans toutefois avoir des envies de révolution gauchiste.

  • Du côté positif, 1968 représente l'abolition brutale mais nécessaire de la morale basée sur l'autorité, la force, rigide et austère, celle des anciennes valeurs catholiques traditionnelles, qui s'étaient renforcées durant la période de la reconstruction d'après guerre. On assiste alors à la contestation de l’inégalité entre les sexes, à la libération de la femme et des mœurs.

  • Du coté négatif, 1968 est une période où, sous prétexte de révolte, toutes les absurdités dogmatiques socialistes s'engouffrent et se fixent durablement dans la société. D'un côté, une « chienlit »le ministère de l'information et sa censure , de l'autre une « chienlit » différente : «il est interdit d'interdire », les « élections, piège à cons », le « privé devient politique » slogan qui prône la fin de la liberté privée et fait l'éloge du totalitarisme socialiste, en prenant comme exemple Mao Tsé-toung. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, à travers tout ces slogans gauchistes d'intellectuels , la libération de 1968 annonce la société individualiste, de consommation, l'avènement du capitalisme flamboyant et libéral, et sonne le glas des grands syndicats puissants et populaires.

-----Un petit coup d'œil sur les miettes -------

Le gaullisme est en miettes, la V république se vide progressivement de son sens originel. Plus personne ne tente le diable avec des référendums. Le premier ministre ne gouverne plus, remplacé de fait par le président de la république qui reste aussi le chef de son parti politique. Au niveau international, l'indépendance Française n'est plus qu'un mirage du passé. La France a réintégré l'OTAN, l'Europe prend progressivement ses prérogatives sur de nombreuses législations nationales, la mondialisation de l'économie et de la finance, donne le coup de grâce, et finit d'achever le tout.

L'esprit de 68 est en décomposition. Où sont les babas cool? En costard cravate, ils dirigent maintenant des multinationales, sont devenus de avocats d'affaire ou des huissiers. Ils possèdent de belles villas et ne fréquentent que le beau monde. Et sur le cadavre de 68, rongé par le temps, seuls les vers et vautours trouvent encore de l'intérêt à racler les derniers lambeaux de chair. Par exemple, sentant le vent tourner, Sarkozy utilise mai 68 pour sa campagne électorale de 2007, en l'accusant de tous les mots de la France, notamment, de la perte des valeurs du travail et de la notion de récompense liée à celui-ci. Mai 1968 serait donc responsable, des 35 Heures, de la faillite de l’école, du déclin du patriotisme, mais aussi, du capitalisme cynique avec les salaires faramineux des chefs d'entreprises des grands groupes et leur parachutes dorés absolument immoraux. Tout sur le dos des soixante-huitards, Sarkosy n'a pas peur de charger la mule...

Le reste des miettes de Mai 68 est collecté, soit par l'extrême Gauche pour illustrer le mot « Possible » de la révolution, soit par l'extrême droite pour illustrer la « grandeur » des valeurs traditionnelles. Voir ci-dessous des vidéos:


 

 

---Retour vers le Futur! ---

Que diront les historiens dans cinquante ans avec la facilité qui sera la leur d'analyser des faits refroidis depuis longtemps. Pas facile à dire, mais si on veut faire de la politique il faut tenter d'être visionnaire, quitte à se tromper lourdement et à nier par la suite avoir dit de telles sottises... Essayons d'abord de dégager des cycles.

J'y distinguerai deux périodes, 1945-1974- 29 ans, une génération, la période faste et pleine .

  • Reconstruction de la France.

  • décolonisation,

  • plein emploi, prospérité et croissance foudroyante,

  • libéralisation de la jeunesse, des mœurs et de la femme.

1974-2002- 28 ans, une génération. La fin des illusions Gaullistes.

  • La fin de la croissance économique forte, la crise permanente, la rareté de l'emploi, la construction Européenne,

  • l'échec de l'expérimentation socialiste en France, l'effondrement du communisme,

  • le retour des guerres en Europe,, l'avènement du libéralisme, la mondialisation, le début du développement du tiers monde.

Le nouveau cycle: 2002 – ??

Avec 2002 s'ouvre une nouvelle aire. 2002 est une date symbolique qui marque le fait que le P.S. n'est plus au second tour des présidentielles. En 2007 non plus, le P.S. n'était pas au second tour. Ségolène, n'est pas socialiste que je sache...

De quoi serait constitué ce cycle. Dessiner les 20 ans qui arrivent, n'est pas facile, on peut toutefois plus aisément en déterminer quelques points clefs. Le tout sera surement une période de grande richesse événementielle!

Points potentiellement positifs

  • les nouveaux emplois technologiques,

  • la croissance du tiers monde qui explose,

  • les nouvelles puissances, l'Inde, la Chine, le Brésil,

  • la prédominance de l'Europe,

  • la fin du pétrole,

  • les nouveaux contre-pouvoirs,

  • la démocratie en ligne ou en directe,

  • l'avènement de la connaissance,

  • le commencement de la colonisation du système solaire.

Les risques potentiels.

  • Les guerres possibles: Inde-Pakistant, Iran-Israël, déstabilisation politique en chine et guerre civile.

  • Le changement climatique: la désertification, le déplacement massif de population

  • la surpopulation, la destruction de la nature, le manque de nourriture

  • Le pouvoir des multinationales

  • le manque de gouvernance internationale, et le développement des mafias

Une chose est sûr: Il va falloir s'accrocher sacrément fort!

24.11.2008

La Mécanique de l'Orange l'avait prédit

 Compte tenu du contexte, la mécanique réédite le Forum du Catch

Allo! Allo? Oui? La mécanique de l'Orange? C'est super! Merci pour le tuyau! Oui?  Je disais, merci pour le tuyau! C'est l'enfer! Comment? Oui il y a une ambiance de feu... je disais que c'est génial! quel Spectacle! Mais quel Spectacle! On en a eu pour notre argent! De tout, des coups bas, des insultes, du sang, des exclusions, de la tFORUM PS.jpgriche honteuse. Ouaouuuu! Tout y est. C'est trop génial. Mais ce n'est pas fini! Je coupe c'est le dernier Round. C'est le dernier Round!  Je raccroche!

20.11.2008

La fin de Guantanamo

Barack annonce la fin de Guantanamo.

Le stage security chez les Marines de Dame Liberty est fini !

 

GUANTANAMO.jpg

18.11.2008

La Nouvelle République

 Vers une autre démocratie?

Citée éternelle.jpg

 

Aujourd'hui la Mécanique de l'Orange s'en retourne chez les Romains, du côté de la Plèbe, que la Quête du Graal de l'Europe avait déjà visité ici et relevé comme une particularité étonnante du système politique de la Rome Antique.

 

------------- Éloge à la cité éternelle -----------

Rome, cité éternelle! Les contemporains regardent ses constructions, sa puissance économique et militaire, mais oublient toujours de préciser que, Rome est avant tout la cité d'une communauté d'hommes, debout, affrontant ensembles leur rêves. Rome, s'est construite par le sang et les larmes, et pourtant elle s'équilibre sur des mots et sur des paroles, une idée de gestion commune: la Politique. D'une intelligence prodigieuse, en même temps, conservatrice, réformatrice, équilibrée et versatile, la Politique de Rome permettra aux hommes d'exprimer leur nature et de repousser, vers des frontières toujours plus lointaines, les royaumes des temps obscures. Rome, a tout inventé, et même notre présent et notre modernité. Pourtant, il semble qu'il nous manque encore l'essentiel, ce qui faisait d'elle, qu'elle s'équilibrait: L'assemblée de la Plèbe et ses Tribuns.

Alors qu'en est-il vraiment? En quoi consiste cette assemblée et quel rôle, si particulier, pouvait-elle jouer? Ce concept est-il pour nous trop antique, ou bien au contraire, trop moderne?

------------- La République Romaine-------------

L'expansion de Rome débute symboliquement à partir de l'an 509 Av-J.C. lorsque Lucius Junius Brutus renverse le dernier Roi de Rome et contribue à l'instauration de la République. Les rois Romains avaient ceci de particulier, qu'ils se faisaient élire à vie pour une fonction qui leur donnait l'imperium (le pouvoir suprême ). Réservée uniquement aux aristocrates formant les Patres (les principales familles), l'élection du Roi désignait toujours l'un des leurs. L'aristocratie se faisait représenter, à vie elle aussi, à l'intérieur d'une assemblée, au départ consultative et qui deviendra par la suite prestigieuse, le sénat.

Le schéma classique de l'exercice du pouvoir, confiné dans un cercle fermé, avec un chef et une cours d'aristocrates, n'aurait jamais pu permettre à la grande épopée Romaine de se développer. Mais avec l'abolition de la royauté l'exercice du pouvoir change de rythme, le roi est remplacé par deux consuls, élus pour une seule année, chacun ne pouvant rien faire sans l'assentiment de l'autre. A la décision royale, sans appel, se substitue donc une notion moderne et révolutionnaire: la négociation politique. Très vite, le renouvellement rapide des personnes et des idées bouleverse la cité et Rome grandit.

------------- La Plèbe-------------

Malgré ce nouvel élan, le pouvoir changea peu au niveau de sa nature profonde, il restait concentré dans le même cercle fermé des grandes familles qui auparavant désignaient le roi. La révolution de Brutus s'affirmait plus dans la volonté de partager le pouvoir au sein des patries, de limiter les abus possibles, que dans la volonté de créer une réelle démocratie au sens large, ouverte au peuple. Mais Rome avait grandit, sa population, la Plèbe, qui auparavant demeurait faible et soumise, représentait enfin un corps homogène et puissant. La plèbe se réunissait en assemblée du peuple, mais n'était pas, pour autant, représentée au sein du pouvoir exécutif et législatif, détenu exclusivement par les Patriciens (les magistrats issus des Patres).

En 494 Av-J.C., un conflit, que l'on pourrait caractériser de « social », s'engagea entre les Plébéiens et les Patriciens. Fort de leur main mise sur l'outil artisanal et commercial, les plébéiens eurent rapidement satisfaction. L'assemblée du Peuple recevait donc le pouvoir d'élire les Tribuns de la Plèbe, indépendants des Consuls et du sénat, ils recevaient pour charge de protéger les intérêts du peuple. Par la suite, l'Assemblée de la Plèbe décréta que toute résolution qu'elle voterait; le plébiscite, engagerait l'état tout entier, le monopole des Patriciens fut alors anéanti. Les Tribuns de la Plèbe pouvaient par la suite occuper d'autres postes de la Magistrature et être éligibles au sein du sénat, celui-ci se démocratisa rapidement et perdit son caractère purement aristocratique. Le peuple de Rome prenait place au centre de la cité, et dans cet age antique, encore bien farouche, cette intelligence politique qui venait de naître engageait Rome sur le chemin de sa destinée: éclairer le nouveau monde de l'humanité.

------------- Les temps « modernes » ------------

En observant du côté de nos démocraties modernes, on n'observe nul part cette fonction antique, si particulière et agréable à imaginer, que sont les Tribuns de la Plèbe. Alors probablement que notre démocratie n'en a pas l'utilité, où alors la notion existe déjà, mais sous d'autres formes, plus diffuse et à différents niveaux. Les députés ne représentent t-ils pas déjà le peuple? L'Europe possède aussi sont parlement élu par les citoyens. Alors pour quoi aller chercher des notions aussi archaïques, vieilles de plus de 2000 ans, et qui sont bien entendu irréalistes, inapplicables et inutiles!

On s'arrête là? Non! C'est mal connaître la Mécanique de l'Orange et sa pugnacité à traquer les castes organisées de la haute bourgeoisie, conservatrice et archaïque, qui à travers l'illusion des dogmes et des convenances qu'elle tente de nous imposer, voudrait bien que rien ne change afin de conserver le pouvoir.

Car oui, à y regarder de plus près, que retrouve t-on dans les différentes institutions des démocraties occidentales si ce n'est une situation de fait, que rien ne semble pouvoir ébranler, un pouvoir de Patriciens

Peut-on considérer qu'aujourd'hui la haute bourgeoisie détient l'administration de l'état et gère la grande industrie, à l'image des Pâtres antiques qui détenaient les terres cultivables et le pouvoir administratif. La tentation est grande de dire oui, et d'autant plus forte si l'on tient compte de la composition sociale et culturelle des députés, issus pour la plupart de la haute administration, blanche, bourgeoise et bien pensante. Que ceux qui veulent me contredire comptent d'abord la proportion de députés noirs ou fils d'ouvriers. Et même lorsque de façon trop rare, il se faufilent aux travers des mailles des Jean Lassale, populaires, farouches et combattants, leur énergie déployée n'a que peu de portée, car l'assemblée nationale est mal traitée. Très peu respectée, elle a un semblant de pouvoir législatif, et semble se complaire dans une logique de chambre d'enregistrement et d'obéissance, dévouée essentiellement aux partis, à leurs règles et à leurs jeux d'appareil.

------------- Des tribuns dans la république? ------------

Alors qui en France à le pouvoir aujourd'hui de représenter réellement le Peuple? Certains peuvent penser au président de la République, élu au suffrage universel, en théorie indépendant des partis, les français se tournent naturellement vers lui pour être protégés. Et donc la logique des choses voudrait que Nicolas Sarkosy soit notre Tribun de la Plèbe. Là, j'ai un peu de mal à m'en convaincre! Même s'il se complaît à vouloir jouer le rôle populaire de celui qui défend la France « d'en bas », le film de l'histoire de Sarkosy, l'immigré, qui n'a pas peur de s'attaquer sévèrement à ceux qui, attention, ne l'ont jamais accepté comme un des leurs, les castes des notables, la haute bourgeoisie dans la finance, dans la justice et les armées, ne prend définitivement pas, même après la dixième rediffusion au 20H de TF1. Il l'a joué, rejoué et sur-joué. Mais je crois que Bernard Tapis s'apprête à reprendre le rôle pour 2012...

Ils veulent tous faire vibrer les foules et tirant sur la corde populaire, mais ne soyons pas dupe! Le président de la république ne peut en aucun cas jouer le rôle du Tribun de la Plèbe, qui fut avant tout celui qui équilibre les pouvoirs. Nommé directement par les assemblées du peuple, de façon indépendante du processus législatif, il avait pour rôle de protéger le peuple en s'opposant aux Magistrats Patriciens.

C'est dans l'équilibre des mondes que se forme toute évolution.

La vérité est que les Tribuns de la Plèbe n'existent pas encore, car la notion est bien trop moderne et démocratique pour notre époque. Pourtant tous les jours, l'administration, sans réel contrôle et contre pouvoir, broie et détruit allègrement des vies humaines. Elle s'organise en corporations sélectives et s'autoprotège. Sans être contrebalancée dans son exécutif, elle devient impérieuse et dictatoriale.

------------- Les associations ------------

Cherchons plutôt notre concept antique dans le travail des associations. Elles se créent et s'organisent au grès des manques et des abus de la société, aidant ici les plus pauvres et démunis, contestant là le pouvoir abusif des grandes entreprises et des administrations, se coordonnant, attaquant en justice les lobbies commerciaux. Les associations représentent effectivement l'équivalent des assemblées de la Plèbe Romaine. Mais il reste toutefois à franchir l'étape supérieure de cette logique, celle de la désignation des Tribuns, élus par l'assemblée du peuple, ils contrebalançaient l'exécutif et pouvaient être directement éligible au sénat.

Alors un petit début de quelque chose existe déjà au sein des écoles où les parents d'élèves désignent des assemblées représentatives dont les premiers de liste sont intégrés dans la vie de l'école.

------------- Utopie? ------------

Maintenant faisons un doux rêve. Imaginons que la vie associative, soit la solution aux dérives antidémocratiques de notre société. Imaginons que certaines associations reconnues d'utilité publique, plébiscitées par les Français, reçoivent le pouvoir incontournable de négociation, avant toute promulgation de loi dans le champs de leurs compétances. Dans ce rêve apparaît la vraie intelligence, toute Romaine, de la fonction des Tribuns de la Plèbe. Le fonctionnement des grandes institutions, serait alors contrebalancé directement par les représentants du peuple associé. Ils auraient même un nombre réservé de sièges dans un parlement véritablement législatif et influeraient sur l'élaboration des lois, à la source même.

 Lorsque l'équilibre n'existe plus, la nature qui a horreur du vide le corrige. Alors pour les nouveaux Tribuns de la Plèbe, la seule question est : C'est pour quand?

philippe,

 

14.11.2008

La dette

 

 

LA DETTE

 

P'pa, s'il t'plait c'est quoi la dette publique?

Mais qu'as-tu donc encore appris à l'école. Je te défends de dire des gros mots, même à la récrée!

Mais p'pa, c'est pas un gros mot!

Si c'est un gros mot, et même très vilain, ça veut du mal aux petits enfants. Alors surtout ne répète plus jamais ça!

Mais p'pa, j't'dis que c'est pas un gros mot! Je peux t'en dire des vrais gros mots, moi! Merde chier! pu..!

Stop! Stop! D'accord, mais tu as entendu ça où?

Tu te souviens pas? A la télé, avec toi, tu croyais que je jouais, mais j'ai aussi écouté. Le monsieur, là, avec des grandes oreilles, tu sais, que tu dis toujours qu'il faut voter pour lui. Moi j' préfère Sarkosy, il est plus marrant aux guignols! Et puis lui, au moins, il est président! Comme moi quand je serai grande!

C'est ça! Bon! Tu l'auras voulu! Je t'explique, mais après ne viens pas pleurer. La dette publique c'est ce que tu devras me rembourser quand tu seras grande.

Te rembourser? Mais donne moi d'abord de l'argent et après je te rembourse.

Ah non, tu me rembourses, mais moi je ne te donne pas d'argent!

Alors, c'est triché!

Et oui, t'as tout compris, c'est triché. On s'en met plein la panse, on vit au dessus de nos moyens, pour cela on emprunte, et toi tu devras rembourser pour nous. Hé, hé! C'est bien pensé. Il y a ceux qui trichent et ceux qui se font rouler. Toi, tu te fais rouler! C'est ça la vie! C'est bien calculé hein!

Hé! tu rêves, cours toujours!

Tu seras obligée. Et par dessus tout, tu devras aussi me payer ma retraite. Alors maintenant va faire tes devoirs, sinon tu n'y arriveras jamais.

Hé! Tu rigoles p'pa, tu t' gardes tes problèmes, tu t' rembourses ta dette toi même, je n'ai pas signé.

Tu rembourses et tu te tais. C'est un ordre!

Non, pas question! Lorsque je serai présidente, je vous ferai travailler jusqu'à 80 ans pour rembourser votre Dette! Et puis la retraite, que dalle!

Vlannn ! ( porte qui claque)

Et merde! On n'est pas sorti de l'auberge! La jeunesse n'est vraiment plus ce qu'elle était...

 Quelques chiffres qui font vraiment peur:

Montant de la Dette publique : 1330 Milliards d'euros, 66% du PIB, 4 fois le budget de l'État, 18 000€ par tête d'habitant!

Montant des intérêts: 50 Milliards d'euros, 20% du budget de l'état, 90% des impôts sur le revenu.

Bref, je conseil à tous de se faire un p'tit pactole pour la retraite qui sera de toutes façons minable et très courte...

 

Variation de la dette-Courbe.jpg

12.11.2008

Pour une Europe juste, pour une Europe libre

 

Voilà! La quête du Graal de l'Europe continue. J'ai vaincu mes démons noirs et me voici émergeant à la lumière naturelle du soleil. En fait pour dire la vérité, d'abord nous avons négocié âprement et puis après nous trinquâmes ensemble. Et oui, en bon démocrate, je négocie aussi avec mes locataires de l'obscure. Avais-je vraiment le choix? L'accord est simple, d'un côté, ils ont le droit de donner leur avis pour toute décision importante, aussi, je leurs laisse quartier libre les soirs de pleine lune, après minuit; et d'un autre côté, ils se tiennent tranquille, ne me chamaillent pas, et ne me trompent pas...

Bon bref, l'esprit clair, les démons enfin sous contrôle, je pense que l'on peut maintenant réfléchir sereinement à la « Quête » qui, pour le coup, prend des allures plus tranquilles.

Deux sujets de réflexion m'ont jusqu'ici travaillé, et reviennent constamment, dans les billets précédents traitant de l'Europe, comme des leitmotivs maladifs, sans que jamais je ne trouve le moindre début de piste aux questions: « Comment nouer le lien de confiance entre les classes populaires et l'Europe? Comment réconcilier enfin l'Europe et la jeunesse? ». Les mois passant, je désespérais de trouver un jour la fin de ma Quête, et comme souvent, à force d'insister, on ne sait comment, ni pourquoi, l'intuition vient. Deux thèmes me paraissent porteurs et présentent un intérêt pour résoudre cette double problématique.

Une Europe Juste.

Avant tout l'Europe doit enfin dédaigner converser, face à face, avec ses citoyens. Elle ne doit plus simplement parler qu'à son marché, qu'à ses multinationales ou ses banques, mais descendre de son piédestal et venir protéger aussi le citoyen. Le thème d'une l'Europe juste, trouvant un équilibre entre la nécessité d'assurer son rôle de protection sociale des classes populaires et de la viabilité du système économique, me paraît être la réponse la plus appropriée pour nouer enfin le lien social Européen.

Une Europe Libre.

Alors que d'un côté, la jeunesse, lessivée par la pression des études et la nécessité absolue de réussite, est à la recherche du moindre souffle d'air et de liberté; de l'autre côté, l'Europe apparaît, dans l'inconscient collectif, comme un monstre liberticide, règlementariste et technocratique. La notion de liberté doit donc, retrouver du sens, inspirer enfin cette institution opaque qui tend sa toile réglementaire, toujours plus serrée, et permettre de renouer le succès auprès de la jeunesse.

 Une Europe Libre – Une Europe Juste,

 La Quête du Graal de l'Europe a fait émerger ces deux thèmes. Maintenant le plus dur reste à faire, les développer et les retranscrire dans la réalité de propositions.

 

09.11.2008

La Discrimination du Système Scolaire

Petit complément sur le thème entamé par Pierre ici

L’école de la république est une fierté Nationale, laïque, gratuite, obligatoire, elle doit permettre à tous les enfants vivant dans notre patrie d'accéder au savoir et à la formation de façon égalitaire. Cette notion est si importante qu'elle se trouve écrite en préambule de notre constitution

la Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque est un devoir national”.

La république est belle lorsqu'elle présente des intentions si pures. Son école met les enfants sur le même pied d'égalité, pratique la mixité sociale et culturelle, favorise ainsi le respect, la tolérance et l'intégration. Elle crée une richesse et une fraicheur qui éclaire notre patrie d'un rayonnement universel.

Mais force est de constater que la réalité de la situation se trouve très éloignée des intentions originelles de notre République. Ainsi, dans les différents cursus des études supérieures, la représentation des d'élèves par rapport à leurs origines sociales et ethniques n'est pas en relation avec la société civile. La réalité devient même caricaturale au sein des écoles qui forment les élites de notre république, ces dernières sont presque exclusivement fréquentées par les progénitures issues de la haute bourgeoisie.

Pourquoi la situation réelle diverge à ce point? Pourquoi l'école de la république joue si peu sa mission d’ascenseur social? Elle reproduit les inégalités de la société et joue de façon peu convaincante son rôle de pour la mixité ethnique. Ce problème n'est évidemment pas simple, l'échec a de multiples origines, je choisis ici, toutefois, d'énoncer un exemple particulier celui de la discrimination raciale.

La discrimination raciale du système scolaire:

Le mécanisme essentiel de cette discrimination résulte dans les trop nombreux établissements « ghettos » des quartiers dit « sensibles ». Ces établissements reflètent, sans aucune atténuation, la situation externe et sont à l'image de la « ségrégation urbaine ». La mixité ethnique et sociale n'est plus ici qu'une lointaine théorie. Les écoles et lycées concentrent des élèves d'une même origine sociale et ethnique. De ce fait, dans ces établissements le système scolaire génère exactement le contraire de ce que prône notre république: des inégalités dans la réussite scolaire, de la concentration raciale, de la concentration sociale, du communitarisme religieu et culturel, la fin de la laïcité, du racisme, de l'exclusion.

Engrenage: échec scolaire, chaumage, violence, délinquance

Les conséquences de ce système de « ghetto scolaire » sont dramatiques. Les jeunes broyés, en échec scolaire, sans aucun diplôme, perdent confiance en la république, qui en théorie, d'un côté s'affirme être égalitaire et respectueuse de tous, et de l'autre, en pratique, les exclut et les parque dans des lycées « ghetto ». On assiste donc à une spirale d'engrenages de, révoltes, violences, incompréhensions mutuelles et répressions. Sans aucun pouvoir d'achat, sans aucun horizon, sans aucun espoir de travailler, les jeunes des quartiers dit « sensibles » en arrivent aux extrêmes et bafouent toutes sortes d'institutions républicaines, même les plus respectées et les plus symboliques. Les pompiers se font ainsi quotidiennement caillasser, la Marseillaise se fait copieusement siffler.

La spirale de l'exclusion, simple mécanisme de cause à effet, s'aggrave tous les jours d'avantage: plus les jeunes se sentent exclus, plus ils se révoltent, et par conséquent plus ils sont stigmatisés et exclus d'avantage du système économique est social.

La nouvelle école de la république: le Privé

Force est de constater que les écoles privées deviennent populaire au sens premier du terme et reprennent le flambeau abandonné par la République. Devant l'inadaptation des écoles et lycées publiques à offrir un enseignement de qualité dans les quartiers populaires, les parents, même d'origine modeste, n'hésitent plus à sacrifier une partie de leur pouvoir d'achat pour offrir des conditions d'études enfin acceptables pour leurs enfants. Les écoles privées, souvent catholiques, sont prises d'assaut même par les musulmans, car elles apparaissent de plus en plus comme les seules capables, aujourd'hui, d'offrir le véritable ascenseur social de la république.

Quelles solutions , quelles initiatives

Voilà un sujet intéressant sur lequel le MoDem a son mot à dire. Mais bien sûr, les Français attendent de lui des propositions réalistes, peut-être insuffisantes mais qui œuvrent dans le bon sens. Toutes les belles intentions humanistes lancées en l'air sont contreproductives et ne servent qu'à alimenter le sentiment de frustration.

Les politiques déjà mises en place montrent une certaine réussite, mais pour différentes raisons elles ne se généralisent pas et restent avant tout des mesures de pompier. Par exemple, Les Zeps n'apportent pas encore la satisfaction escompté, probablement les moyens n'y sont pas encore suffisants. Les solutions de cotas dans les grandes écoles subissent une forte contestation de la haute bourgeoisie, qui bloque toute avancée en ce domaine, et restent donc toujours à l'état d'expérimentation.

Philippe,

 

 

07.11.2008

Le Nœud du Modem!

 Le Nœud du Modem, à la croisée des chemins de l'Europe

La naissance à la vie est notre premier nœud de conjonctions. Les destinées possibles se rejoignent dans un bref instant, intensif et crucial, où l'avenir tout entier se dessine suivant ce qui sera fait ou non. Par la suite, d'autres nœuds surviennent plus ou moins serrés ou contraints, ils peuvent prendre la forme d'un examen, d'une déclaration d'amour, d'un accident, d'une guerre, d'un choix, d'une élection. Lorsqu'ils surviennent, la tendance naturelle est de les éviter, tellement ils créent de l'incertitude et de l'angoisse; mais ils restent néanmoins inévitables et même l'acte de fuite fait partie d'une des solutions possibles. A la croisée des chemins, dans un laps de temps court, où tout peut basculer, bifurquer, se génère la destinée et la fatalité d'une vie ou d'une communauté de vies.

Les élections Européennes approchant, je livre ici l'image qui se dessine en moi, progressivement, celle du MoDem confronté à un nœud de convergences et de probabilités dont le résultat pourra fortement incliner sa trajectoire actuelle.

Je m'inquiète, de nature pessimiste, j'envisage toujours le pire, et cela ne s'arrange pas lorsque je pressens les arguments de la campagne qui s'annonce et dont je viens d'entendre quelques brides sur une radio. Les élections Européennes consisteraient grossomodo en une campagne d'explication de textes et de formation des Français. Si cela se confirmait, nous ne serions pas aidés, à mon sens, pour obtenir un dénouement favorable pour l'Europe.

Nos élites continuent à ignorer la réalité, comme si personne n'avait encore saisi le contexte politique et social ainsi que la défiance des citoyens envers l'Europe (voir d'autres articles sur le même sujet, ici et ). Et revoilà « l'élitomania » de nos dirigeants pro-européen, ne doutant de rien, la campagne s'approchant, ils nous préparent encore le plat unique des menus de campagne, réchauffé au micro-onde de la marque « ImaginationLess » puis déposé sur des plateaux repas « à jeter avant de consommer », que l'on va essayer d'abord de mâcher, puis simplement de mâchouiller, et que l'on finira par recracher, qui même noyé dans des litres de sauce épicée, qui même suggéré langoureusement à l'oreille par une blonde à forte poitrine, ou alors crié au porte voix par le Fatal Bazooka lui même, ne provoquera chez les Français que haussements d'épaule et désintéressements

Dire que la campagne électorale sera d'abord une campagne d'explications, sous entend déjà que l'on considère les Français comme des gens stupides, pas assez cultivés pour comprendre leurs propres intérêts. Toi y en avoir compris? Mais alors comment expliquer le fait que les jeunes sont en majorité réfractaires à l'Europe alors qu'ils sont parfaitement formés par le système éducatif! A croire que la formation a un effet opposé au but recherché!

Le problème est bien différent, le Grand Soir de l'Europe ne fait plus succès auprès des masses populaires, et bal communal du samedi soir, où papa danse avec maman en se frottant la panse sur du cha-cha-cha, n'a plus de succès chez les jeunes. On se demande bien pourquoi d'ailleurs? Alors avec un discours aussi sexy et dynamique, à endormir une chouette en pleine nuit, la participation pour les prochaines élections sera catastrophique. Une bonne fois pour toutes, rangeons dans un musé tous ces vieux disques vinyles rayés, avec leurs discours grésillant, puérils, ringards qui font déguerpir les électeurs comme des lapins de garenne le jour de l'ouverture de la chasse.

De plus, personne ne s'en doute encore, mais le Modem est attendu au coin du bois de l'Europe, fusils braqués et armes aux poings. Après la défaite des législatives, des municipales, va-t-on y rajouter la troisième couche, une déroute aux Européennes? Comme signe avant coureur et de mauvaise augure, lorsque la campagne Européenne est évoquée, certains s'empressent d'ajouter, peut-être à raison, qu'il ne faut pas trop s'en inquiéter, que les élections locales se profilant par la suite, seront bien plus importantes pour le MoDem. Mais cette posture, d'office à la recherche d'excuses, signe déjà l'aveu précoce et inconscient de l'échec qui s'annonce.

Bien sûr, les considérations financières s'imposent de fait. Le MoDem n'est pas riche, il est même très pauvre, et ne pourra pas supporter une campagne intensive, alors la stratégie s'orientera naturellement vers les médiats nationaux, vers la télévision, à Paris! Doit-on dépenser l'argent des militants inutilement dans une élection qui va intéresser personne? C'est frappé au coin du bon sens gestionnaire, mais l'est-il pour autant au bon sens politique? Les télévisions sont spoliées et soumises à la logique archaïque de l'affrontement de deux camps: les socialistes contre la droite. C'est un secret de polichinelle, la presse est confisquée par des castes et des familles amies du pouvoir en Place. Alors le MoDem jouant sur les médiats pour se refaire une santé fera pour le moins un pari risqué.

Le nœud de configurations qui nous attend en juin a une logique propre qui ne sera réellement comprise qu'une fois les élections terminées. Il sera alors trop tard pour agir. Alors qu'elle stratégie devra choisir Bayrou et son équipe. Faudra t-il dépenser le minimum sur le terrain et garder des forces pour la suite, ou au contraire, faudra t-il investir le maximum et demander par la suite une contribution nouvelle aux militants? Le MoDem devra t-il se comporter comme un comptable ou comme un visionnaire?

Personnellement, j'ai toujours tendance à considérer plus le côté dynamique, essayant, de soupeser les effets de masse, d'inertie, de m'intéresser plus aux variations d'inclinaison des trajectoires. Et il ne faut pas beaucoup de temps pour s'apercevoir que le MoDem, modeste avion monomoteur pétaradant, restant, faut-il le rappeler, sur deux lourdes défaites consécutives, ne cesse de perdre de la vitesse. Lorsqu'il entrera dans les perturbations du nœud de bifurcations des élections, il sera balloté lourdement par les quadri-réacteurs Airbus 380 de l'UMP et du PS. De plus, ce dernier, requinqué, sera mené par un nouveau secrétaire qui aura à cœur de prouver sa véritable légitimité.

Maintenant, pensons y, ayons le courage d'envisager une troisième défaite consécutive, qui plus est, loin derrière le PS, semble t-il notre cible stratégique. Et bien je crois, camarades, que nos carottes oranges seront cuites et bien cuites. La sortie du nœud de bifurcations sera désastreuse pour nous, notre plan de vol ressemblera plus à la spirale fatale, dite de l'avion en feu, qui tombe dans un bruit de sirène, puis qui s'écrase avec un grand boum, et alors que sous le choc les oiseaux s'envolent, une boule de flammes s'élève au dessus d'une colline, silencieuse.

Alors ne pourrait-on pas utiliser ces élections Européennes pour redresser enfin la trajectoire de notre biplan, et pour continuer à voler, tant bien que mal, quitte à faire un ravitaillement en vol en demandant une rallonge aux militants, pour peut-être atteindre en position honorable les très lointaines élections locales

Mais ceci étant dit, rien n'est réglé, le problème reste entier, la stratégie est une chose, le discours en est une autre, à savoir quel véritable message Européen pourra redonner de l'espoir aux citoyens. Et donc, par exemple, voilà la raison profonde de la Quête du Graal de l'Europe, que je conseil à bien des militants de mener, afin qu'eux aussi affrontent leurs démons, leurs croyances et leurs convictions. Car une fois les démons nommés et contenus, la réflexion peut s'étaler sereinement pour trouver les réponses, les concepts, et les idées qui nous mèneront enfin vers un avenir Européen serin.

 

02.11.2008

Le système s'autorégule, laissons le faire...

 Le système s'autorégule naturellement, laissons le faire...

Voilà la grande théorie du développement économique et social qui gouverne la planète, la théorie qui affirme que tout naturellement le système économique libéral s'autorégule par lui même.

Partant des lois de la physique, oui effectivement, rien ne se crée, tout se transforme. Mais en l'occurrence les lois de physique ne constituent pas un bon exemple à suivre. Par exemple, la nature considère qu'une supernova (explosion d'un étoile massive) relève d'une régulation des plus classiques. L'instabilité explosive et dévastatrice de l'astre constitue même un acte généreux de la nature. Le soleil expulsant la matière lourde, comme par exemple les métaux, l'oxygène, le carbone, qu'il a généré en son sein par fusion nucléaire, distribue aux générations futures les petites briques qui serviront pour engendrer la vie.

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L'analogie paraît claire entre la physique et le système économique libérale d'aujourd'hui. Les deux utilisent le même vocabulaire de base, par exemple: le travail, la puissance, l'énergie, la dissipation, la concentration, les flux, la volatilité, la fluidité, et j'en passe, sont tous des termes utilisés pour la description de systèmes physiques. Alors, à vocabulaire identique fonctionnements similaires. Toutefois, il y a un hic, l'un des deux systèmes est fait de chair et de sang!

Autre analogie encore plus inquiétante: les multinationales. La physique adore créer des gros « clusters ». Ce phénomène se produit lorsque dans les systèmes fluides la température s'abaisse et provoque une cristallisation du milieu. Les molécules changent d'état physique et s'agglomèrent dans des amas appelés « clusters » qui grossissent jusqu'à se toucher entre voisins, c'est l'effet de solidification. Le matériau est alors solide, figé, et se brise à la moindre pression.

A quoi a t-on assisté ces 10 dernières années, si ce n'est à l'avènement des multinationales, qui soit en phagocytant les petites entreprises, soit en asséchant la richesse intellectuelle de la société en s'accaparant troutes les élites, ont crée des amas complexes, dont on connait par ailleurs, la stérilité à l'innovation, le rallongement exponentiel des développements de projet, et enfin la demande faramineuse en capitaux qui assèche le crédit disponible pour la créativité et l'innovation, qualités exclusivement liées à la mobilité et à l'ingéniosité des petites structures.

Cette cristallisation industrielle me fait dire que la crise d'aujourd'hui n'est que le début d'une spirale infernale. En période de crise les multinationales vont rarifier le crédit disponible pour les petites entités, car on ne prête qu'aux riches sur des projets sûrs. Par conséquent on assistera dans les prochaines années à l'augmentation significative de la taille des multinationales.

On a connu le règne des dinosaures, aujourd'hui commence celui des des multinationales. Par la suite, elles nous gouverneront, si elles ne le font pas déjà...

Philippe,

 

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