30.06.2009

Est-ce qu’il est normal que...

 

-N°120-

 

Est-ce qu’il est normal que le dimanche quand Madame Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois (sic) passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »

Source Nouvel Obs

Argument choc de Sarko pour défendre le travail du dimanche. Il sera donc inscrit dans la loi que le travail du dimanche a été instauré pour permettre à Mme Obama de pouvoir faire ses courses, tranquille, le dimanche, une fois tous les 10 ans, sans pour autant déranger le président de la République. La belle loi que voilà.


Mais dans la lancée Saigneur Sarko, voici d’autres « est-ce qu’il est normal » que je voudrais vous soumettre.


Est-ce qu’il est normal que les malades attendent des heures dans des lits entassés dans les couloirs des urgences?

Est-ce qu'il est normal que les « exclus » de la société meurent de froid en hiver faute de logement?

Est-ce qu’il est normal que les entreprises qui font des bénéfices licencient pour ne pas descendre en dessous de 10% de profit, pendant que leurs patrons s’empiffrent de stock-options à en éclater?

Est-ce qu’il est normal de laisser se liquéfier les services de la république, qui ne l’est plus qu’en théorie.

Est-ce qu’il est normal d’avoir des prisons absolument écœurantes, délabrées et surpeuplées?

 

Est-ce qu'il est normal, Mr Sarko, d'entendre de telles conneries de la part d'un président de la République Française?

 

10.04.2009

Le travail des enfants, Esclavage Moderne partie III.

 

La réalité d’aujourd’hui.

Le travail des enfants reste très répandu  dans le monde. Par exemple, les ONG comptabiliseraient, rien que sur le continent asiatique, et sans compter la chine obscurantiste, entre 44 et 110 millions d'enfants au travail.Sans titre-2 copie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce travail forcé a souvent des origines culturelles, sociales et économiques très différentes, suivant le pays, les meurs et les traditions. Les enfants peuvent être: producteurs dans des fabriques, ou bien esclaves vendus par leurs propres familles. Les enfants les plus chanceux travaillent avec leurs proches, d’autres sont loués comme enfant domestique à des plus riches. Au Pakistan et en Inde les enfants se retrouvent à tisser des tapis, dés l’âge de 6 ans. Soumis au travail forcé, ils travaillent jusqu'à vingt heures par jour et sont parfois enchaînés aux métiers à tisser pour éviter la fuite. Ailleurs, d'autres enfants travaillent dans les industries, les briqueteries, les fabriques de jouets, de chaussures, ou dans le polissage du diamant. Certains échouent dans les réseaux de mendiants, dans la récupération des déchets. D’autres encore plus malheureux se retrouvent exploités sexuellement par des trafiquants d'enfants, qui les enferment dans des maisons closes, où souvent ils meurent. Deux cents milles jeunes filles se prostituent en Inde. Au même niveau de l’horreur, en Afrique, de nombreux enfants se font enrôler de force comme soldat afin de servir de par feu ou de détecteur de mines…

Les raisons de ce travail forcé et de cette exploitation sont bien sûr liées essentiellement à la misère terrible des populations. Les parents, soumis à des contraintes existentielles, vendent souvent leurs enfants ou les louent. Cela ce passe dans l’univers de la misère, de l’analphabétisme et de la domination brutale des classes, avec comme facteurs aggravants, les guerres, les crises économiques, la sécheresse, l’exode rural.

Le travail des enfants engendre toute sorte de maladies et de retard de croissance. Leur mortalité est excessive, 20% des fillettes prostituées n’atteignent pas l'âge de 16 ans. Les enfants tapissiers plongés continuellement dans des pièces saturées de poussière de laine, présentent des maladies respiratoires, telle la silicose. L’utilisation des produits chimiques sans protection, par exemple dans l’industrie de la chaussure, de l’orfèvrerie ou du textile, intoxique gravement les enfants. Les chiffonniers sont souvent atteints de maladies de la peau ou d’infections graves. Ceux qui travaillent dans l’industrie de la construction présentent de forts retards de croissance, et bien sûr, ceux qui sont exploités sexuellement sont très souvent infectés par le SIDA et toutes sortes de maladies sexuellement transmissibles. Tous présentent des troubles psychologiques graves, qui affecteront leur vie entière.

Certaines actions de boycotte ont été menées avec succès, contre par exemple la fabrication de ballons de Football  « Nike » ou « Addidas », qui distribuaient des ballons de football essentiellement produits par des enfants. Tout se cachait derrière un réseau complexe de différentes couches de sous-traitants. Sous le scandale, les marques et les producteurs durent revoir rapidement leur façon de produire au prix minimal « humainement » trouvable sur Terre. Des succès ont été obtenu toujours au Pakistan, par une campagne de boycotte des tapis Pakistanais, en partie produits par des enfants. L’état Pakistanais s’était alors senti obligé d’intervenir pour retirer ces milliers d’enfants de la production, afin d’éviter de jeter la suspicion sur l’ensemble de la production du pays. Mais d’un autre côté, ces boycottes peuvent avoir des effets pervers, en excluant d’avantage les enfants, qui se retrouvant à la rue, se font alors happer par d’autres horreurs, plus sordides encore.

L’Unicef agit, mais avec un budget ridicule par rapport aux besoins réels. Par exemple,  « l’Unicef France soutient dans deux préfectures sénégalaises un programme qui ébauche un système de protection social pour les enfants vulnérables ou en risque d’exclusion, d’abus et d’exploitation. Le programme de l’Unicef cible 10 000 enfants à Dakar, il s’agit d’assurer la réintégration d’un maximum d’entre eux dans leur famille ou leur communauté quand ils en sont séparés, de veiller à leur santé et à leur nutrition, tout en améliorant leur scolarisation. Malgré tout ces actions nécessaires ne sont que des petites gouttes d’eau ».

Comme toujours, seule une Politique responsable des états devrait pouvoir réellement éradiquer ce problème, à condition qu’elle soit globalisée, coordonnée et généreuse, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Toutefois, un des effets positifs de la crise actuelle est la prise de conscience collective du fait, que pour combattre un ennemi globalisé, qui se nourrit sur la disparité des politiques et sur l’absence totale de lois humaines internationales, il faut une politique elle aussi globalisée. Et puis nous savons maintenant qu’autre chose est possible, que ce qu’on nous annonçait comme irrémédiable, irréfutable, irrévocable, le néo-libéralisme, n’est qu’un fait imaginaire dans l’esprit de certains.


Bien sûr il existe des textes juridiques internationaux, mais ils restent des veux pieux et donc,  j’en présente un ici en Rose…

 

Déclaration des droits de l'enfant

Proclamée par l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies
le 20 novembre 1959 [résolution 1386(XIV)]


Préambule

(…) Considérant que l'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d'une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance,

(…)Considérant que l'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même,

L'Assemblée générale

Proclame la présente Déclaration des droits de l'enfant afin qu'il ait une enfance heureuse et bénéficie, dans son intérêt comme dans l'intérêt de la société, des droits et libertés qui y sont énoncés(…)

Principe premier

L'enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la présente Déclaration. Ces droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres (…)

Principe 2 : L'enfant doit bénéficier d'une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l'effet de la loi et par d'autres moyens, afin d'être en mesure de se développer d'une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité(…).

Principe 3 :L'enfant a droit, dès sa naissance, à un nom et à une nationalité.

Principe 4 : L'enfant doit bénéficier de la sécurité sociale, il doit pouvoir grandir et se développer d'une façon saine (…)

Principe 5 : L'enfant physiquement, mentalement ou socialement désavantagé doit recevoir le traitement, l'éducation et les soins spéciaux que nécessite son état ou sa situation.

Principe 6 : L'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d'amour et de compréhension. Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents (…) ; l'enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, être séparé de sa mère. La société et les pouvoirs publics ont le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou de ceux qui n'ont pas de moyens d'existence suffisants.

Principe 7 : L'enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires(…)

Principe 8 : L'enfant doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers à recevoir protection et secours.

Principe 9 : L'enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d'exploitation(…).

Principe 10: L'enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination. Il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d'amitié entre les peuples(…)

(sources: très diverses sur le net)

04.04.2009

Les larmes du plastique coulent sur mes doigts.

L’esclavage moderne, partie II

Alors que l’homme est sensé évoluer vers l'amour et la perfection, on peut constater tous les jours qu’il ne cesse de se perdre en chemin. Et dans cet égarement perpétuel, l’esclavage désigne, le cul-de-sac, le point cardinal le plus éloigné de cette libération du bonheur, de cet homme accompli, de ce nirvana de béatitude, de cette humanité chantante embrassant l'amour …

Introduction inspirée par contrecoup à la lecture de la «mécanique universelle, philosophie naïve du devenir Humain [ici, puis ] », une autre mécanique, vivant dans un monde parallèle, elle aussi… :-)

Ce billet est donc le second de la série des quatre que j’ai prévu d’écrire sur le thème de l’esclavage. La réflexion d’aujourd’hui s’arrête plus particulièrement sur l’effet pervers de la globalisation qui transforme les consommateurs lambda, in-humanisés (j’allais dire béta), en esclavagistes anonymes achetant des produits fabriqués à l’autre bout de la planète par des esclaves, tout aussi déshumanisés et anonymes, en payant le tribut à des réseaux de pirates libéralisés, globalisés, basés dans des iles sans fiscalité, d’où ils développent ce nouveau commerce triangulaire en toute impunité.

Je choisis volontairement d’aborder ce sujet pénible, lourd de souffrance, en manipulant des visions de types «mécaniciennes», comme il faut, bien dans le décalage, et dans le style de la maison. Mais je reviendrai sur une description plus classique, d’analyse et de synthèse, dans le billet suivant.

Les larmes du plastique coulent sur mes doigts.

Enfant esclave.jpgL’objet est en plastique, il est peint à la main et ne fait pas 4 centimètres de haut sur 5 de long. Il représente une vache toute simple, offerte aux enfants pour noël. Trainant sur la table, je la prends machinalement, ou peut-être pas... Intrigué, je la regarde de plus près, sur le ventre il est écrit: Made in China ! Je prends la chèvre qui se trouvait à côté  : made in China, je prends le chien : made in china, je prends le tigre : made in china, made in china…

Toujours porté par ce pressentiment bizarre, comme un envoutement soudain, je reprends cette vache, un peu ballotte, qui semblait être en détresse. L'objet est banal, il est juste fait de matière inerte. Je l’ausculte scrupuleusement. Les peintures sont faites à la main. Je note une autre inscription minuscule à côté du « made in china », celle-ci donne l’indication de la marque du jouet, une entreprise anglo-saxonne, semble-t-il.  Et alors que je regardais les détails peints de la tête, dont l'expression me troublait, je fus pris d’une vision soudaine qui me  projetait quelque part, dans une salle de conférence luxueuse, allongée, sombre et glacée. Sur un pent de mur se trouvait une vitrine d’exposition remplie de très nombreux jouets, avec au bas de chacun d’eux la date de production. Une table sombre, ovale, en bois massif verni, occupait le milieu de la pièce et s’étirait sur toute sa longueur. Une baie vitrée fortement fumée, hermétiquement fermée, donnait sur un parking, où le soleil noir faisait fondre le bitume et où d’énormes pick-up surdimensionnés, éclatants de chromes, larves pachydermiques, se faisaient griller au soleil. Autour de cette table, de jeunes cadres dynamiques, collaborateurs minces, propres sur eux, en costume cravate ou en tailleur strict, se tenaient face à leurs dossiers, et au bout de cette table, comme échoué sur un fauteuil, un être corpulent, sans âge, fumant un havane, le crane dégarni, le double-menton débordant sur un nœud de cravate défait, recouvert d’un large costume taillé sur mesure, remuait ses petits bras à droite puis à gauche et questionnait. Sur la table, devant lui, je reconnaissait mes animaux de la ferme.

Yeah, good good!  Very good, boys. I'm impressed! But now, please, one more time, you know our financial goal for this year? You know it. We must realize 25% of profitability. And now please, help me! How we can realize that. I just have a phone call with my main shareholder and he asked me, one more time, how we can still reduce our production's prize. It’s clear, for me, for this project, I can’t spend more than 10 cents per peace. I cannot! Really!

Sir?

Yeah?

We've searched during one month in China to find the best supplier for this project. The challenge was not simple. Because as you know, we need a really good quality of the paintings and of the moulding plastics. But we succeeded, we found a very good supplier in the middle of China, which proposes really performing prizes. He realized the decoration of these prototypes for us, and I have now one estimate, for the same quality, of 6.599 cents per piece. It is the best prize in the world. Sir we cannot do better for this quality.

Le gros Monsieur se redressa sur son fauteuil, sa massive carcasse sembla soudain légère et vive comme le vent.

You mean, finished?

Yes sir, finished! Moulded, painted, and delivered.

Good! Good Boys. You're the best. I am impressed, very impressed!

Les petits bras du gros monsieur semblaient aux anges et son sourire de carnassier montrait des dents blanches aiguisées et longues. Puis le monstre d'avidité s'évanouit instantanément. Je me retrouvais sur le canapé, pétrifié et choqué à la fois. Je me souvenais aussi, qu'à Noël, nous avions payé les animaux en plastique au moins deux euro la pièce.

Enfant esclave-2.jpgJe tenais encore cet animal étrange au creux de ma main, et je ne sais pourquoi, il semblait toujours m’appeler, comme s’il était possédé par une souffrance, j’entendais des sanglots sourds, des brides de pleurs émiettées, comme transporté par un vent tourbillonnant, c’était un enfant. Je scrutais les peintures délicatement travaillées, posées au pinceau très fin. J’admirai la qualité des traits. Quelque chose ne collait pas. Quoi? Je n’arrivais pas à le discerner précisément. Le trouble m’envahissait, et mon inconscient me hurlait à m’en éclater la tête, il semblait, lui, voir ce que moi dans la réalité je ne voyais toujours pas. Je percevais la tristesse de cet animal, la tristesse de son regard, oui la tristesse…. une tristesse… qui, soudain je la voyais, se matérialisait par une larme, finement dessinée, presque invisible, laissée comme une marque de désespoir. Une marque en forme de bouteille à la mère, lancée à travers le temps et l’espace, portant son cri, confiée à cette petite larme, aux traits presque invisibles, sur le coin de l’œil. Une larme transportant toute sa vie, révélant la seule preuve de son existence, dans ce monde où semble t-il plus rien ne vit.

Enfant esclave-3.jpgAu contacte de l'humidité de ma peau, la larme du plastique coule sur mon doigt, et à travers elle je distingue une cave sombre, munie d’une seule lucarne, par laquelle un filet de lumière du jour traverse la pièce et illumine la poussière en suspension. A même le sol de terre battue, reposaient des gamelles vides et des cruches d’eau. De partout un désordre, où s'amoncelaient des boites de carton, des sacs de jouets, des chips de polystyrène servant à l'emballage. Au centre, sur des tables délabrées, surmontées de lampes bricolées, des enfants sans expression, pauvrement vêtus, chétifs et mal nourris, recroquevillés sur eux-même, peignaient méticuleusement mes petites vaches, chèvres, chiens et moutons. Et puis je le vois, lui. Il vient de terminer ma vache et y dessine sa marque, son message d'espoir. Alors il se retourne et me voit, je le regarde, enfin un grand sourire illumine son visage, je lui souris en retour, il me salut prudemment de la main, puis, craignant quelque chose, se remet au travail. Sur la vache qui suit, il commence par dessiner un large sourire…l’espoir lui est revenu.

La larme m'avait délivré son message, celui d'un enfant qui se tourne vers l'imaginaire, le seul espace de liberté qui lui reste afin d'échapper à son malheur. A travers cette larme, dessinée sur l'animal en plastique, il pouvait voir le destinataire et lui disait bonjour, et cela pour chaque petite vache en plastique qu'il peignait...