18.01.2009

Le Banlieusard de la Politique.

J'aime assez le mot « banlieusard ». Celui qui vit au banc du lieu, à l'extérieur du centre, là où normalement rien d'intéressant ne devrait se produire. De plus, j'aime assez me faire passer pour le « rustre banlieusard » ou plus encore pour le « paysans » tout crotté, sans la moindre idée des convenances et qui se pose là, décomplexé, au milieu d'une société toute « civilisée », un peu « shocked ». Et qui plus est, arrogance suprême, je ne change rien à mon comportement tout en simple et franche rudesse, apparente. De plus, par expérience, j'ai souvent constaté que le banlieusard est bien plus « vitalement » cultivé que le citadin du milieu. Se libérant de la pression centrale, il échappe aux carcans et vivant dans cette pénombre, dans cette semi-réalité qu'est la sienne, il pèlerine en recherche constante d'expériences et d'innovations. Le banlieusard étonne par sa grande capacité à créer, qui le pousse sur des chemins originaux, mais malgré tout, toujours emplis de sens réel. Alors j'aime le mot banlieusard, j'aime la simplicité brutale, humaine, qu'il dégage.

Maintenant, le banlieusard politique au sens métaphorique du terme, tel que je l'ai défini ci-dessus, existe t-il vraiment? Si oui, quelle pourrait être son action? Comment se comporterait t-il? Quelqu'un a t-il déjà vu cet animal bizarroïde? L'a t-on déjà photographié quelque part, ou filmé? J'ai envie de dire peut-être...

C'est en lisant un billet de Pierre [ici] (la seconde partie), que m'est venue cette vision un peu surréaliste, de cet animal politique d'un genre nouveau. Pierre fait des propositions que je trouve très intéressantes, innovantes et frappées de bon sens, j'irai même jusqu'à les qualifier de de politiquement clairvoyantes. Pour la plupart des Français, nous représentons le parti des classes moyennes. Ce qui est le cas, pourtant Pierre propose la formation de commissions thématiques sur des sujets aussi discourtois et « shocking » que l'exclusion sociale et la discrimination. Des sujets bien éloignés de la réalité des militants que nous sommes, à plus de 90% blancs, cadres, chefs d'entreprises, enseignants ou hauts fonctionnaires. Pierre serait-il un banlieusard politique au sens métaphorique? :-)

Quelles sont les raisons qui rendent cette proposition intéressante? J'en vois plusieurs.

Commençons par l'essentiel: le côté humanitaire. Nous nous glorifions d'humanisme presque tous les jours dans tous nos billets, mais le sommes-nous vraiment? Le montrons-nous à travers notre travail? Est-ce la réalité de notre mouvement ou une simple image marketing. Chacun d'entre nous doit se poser cette question en se regardant dans un miroir. Sans rentrer dans les considérations stratégiques, quel sens profond voulons-nous donner à notre mouvement. Quelle action politique voulons nous porter? Pour quelle société travaillons-nous? A un moment donné, il faut franchir le rubicond et montrer que nos actes sont en phase avec nos discours humanistes.

Après avoir parlé au cœur, intéressons-nous au cerveau cynique qu'est le notre et regardons le côté efficacité politique de cette proposition. Bien sûr, les commissions établies dans le Bas-Rhin portent sur des sujets essentiels: économie, cadre de vie, institutions, etc... Des domaines très importants, si importants que de partout et à plein temps, des milliers d'experts s'emploient pour tenter d'apporter des idées. Alors le risque est que les commissions MoDem ne puissent proposer que des variations assez petites de ce qui est déjà connu. Et au bout du compte, les solutions MoDem n'offriraient qu'une potentialité d'impact politique assez limitée au près des électeurs. Donc la proposition de Pierre « rebousterait » l'ensemble des commissions en y apportant du vivifiant, une énergie nouvelle, une fraicheur accompagnée d'un impacte politique potentiellement puissant.

Effectivement dans la création d'une ou plusieurs commissions sur la discrimination et l'exclusion, je distingue de vraies et nouvelles perspectives politiques pour un parti comme le notre, qui tente de débaucher les électeurs socialistes dits « roses pâles ».

Premier point fort: Les exclus et les discriminés de la société ne sont pas en dehors de notre réflexion et de notre action politique. La symbolique de telles commissions, l'ouverture de contactes avec les associations, la bonne publicité gratuite qui forcément ne manquerait pas d'apparaître dans les médiats, sont autant d'arguments en faveur d'un impacte politique puissant.

Second point fort: L'occupation du terrain politique face au P.S. Jamais on ne gagnera des voix populaires, et Dieu sait si on en a besoin, si quelque part, à un moment donné, on ne se « rabaisse » pas pour parler et pour côtoyer ces classes populaires.

Troisième point fort: Des solutions réalistes, économiques, viables et humaines ne manqueraient pas d'apparaître lors du travail des ces commissions. Car de par sa position centrale, non aveuglé par l'idéologie marxiste, le MoDem est le mieux placé pour proposer des solutions à la fois humaines et réalistes.

10.01.2009

Traitrise et arrogance, tout pour nous énerver.

Les militants et les élus comprennent bien le profond changement politique qui s'opère. Le P.S. s'est englué plus que jamais dans ses divisions et dans son archaïsme socialiste. Aujourd'hui, plus personne ne pense réellement qu'il soit encore capable d'offrir une nouvelle frontière aux français. Et Sarkosy, plus fier que jamais, satisfait de lui même, confondant vitesse et précipitation, se « bonapartise » de façon inquiétante.

Alors le MoDem apparaît progressivement comme la seule alternative possible pour la république. Il se crédibilise, grâce à ses militants humanistes, combatifs et unis, et grâce à un grand chef visionnaire, Bayrou, aimé des Français. Prenant de la masse, de la consistance, le MoDem n'échappe plus à la loi universelle de l'attraction des corps. Beaucoup d'élus, voyant le vent tourner, envisagent secrètement d'intégrer le MoDem, certains commencent à le faire, tous se demandent quelle est la bonne façon.

Prenons l'exemple qui fait fureur aujourd'hui dans le Bas-Rhin. Il s'agit pour moi, tout jeune militant, de deux illustres inconnus: « Marc Merger et Bornia Tarall » mais pas par tous... Faisons donc connaissance.

Voici d'abord l'article paru dans les DNA [ici] déclencheur de l'affaire et titré : Marc Merger et Bornia Tarall réintégrés au MoDem. D'entrer de jeu le journaliste parle de « mercato » faisant ainsi référence à l'argent « sale », aux tractations de dessous de table, cachées des militants. Puis le journaliste entre dans le vif du sujet, en révélant que Marc Merger et Bornia Tarall ont été suspendus 6 mois du MoDem pour avoir marqué contre leur camps et qu'ils viennent d'être graciés par les instances nationales. Il injecte alors son venin politique, en nous faisant comprendre que cela c'est fait dans le dos du MoDem-67, celui-ci accueillant la nouvelle de façon très frileuse. Déroulant son fil, le journaliste lâche le loup « Marc Merger s’était présenté aux cantonales sous les couleurs de l’UMP, dans la circonscription Strasbourg 1 contre le candidat investi par... le MoDem, Arnaud Weber », notre secrétaire départemental!

Traitre.jpgMais ceci n'est encore rien! Ayant bien repéré l'angle d'attaque, les DNA continuent à mettre le feu au MoDem-67 en faisant parler les deux élus U.M.P, qui se retrouvent d'un coup de baguette magique auto-promus « la voix du MoDem dans les assemblées strasbourgeoises ». Puis le journaliste les met en opposition directe à la présidente départementale, Anne Meunier qui rappelle qu'« ils ne représentent pas la voix du MoDem à Strasbourg. Ils ne participent à aucune réunion et ne sont pas membres du conseil départemental ».

La bombe incendiaire est lancée, mais le journaliste termine son travail de sape, en continuant à faire parler les deux protagonistes, qui s'expriment d'une façon incroyablement arrogante.

-Marc Merger: « il faut savoir en tirer les leçons pour reconstruire un parti local qui réponde aux enjeux locaux »,

et Bornia Tarall d'insister : « Marc est une personnalité ouverte capable d’incarner ce parti qui n’a pas été à la hauteur de ses valeurs lors des municipales », et qui a été miné par « beaucoup d’intrigues à Strasbourg ».

Grosso modo, il faut juste comprendre: Marc Merger quitte l'UMP pour le MoDem afin d'en prendre le contrôle et Bornia Tarall l'appuie en disant qu'il est la seule personne capable de mener le MoDem-67. J'en connais qui doivent être dans des états... Mais les militants en prennent un sacré coup aussi. C'est comme si la longue et difficile campagne interne n'avait servi à rien, comme si la sueur des militants ne vallait rien. N'importe qui peut arriver, la gueule enfarinée, s'assoir là, et tout balayer du revers de la main.

Bien sûr les réactions ne se sont pas faites attendre, ça brûle de partout. Le journaliste a atteint son objectif probablement bien plus qu'il ne l'imaginait. Ici la réaction de Julien Viel, là celle de Guillaume Bechade.

Mais cet exemple, burlesque, atypique et abracadabrantesque, doit nous permettre d'en tirer des enseignements. Ça se passe aujourd'hui en Alsace, ça se passera demain ailleurs. Le MoDem verra, par la force des choses, de nombreux ralliements, tous aussi opportunistes que celui-ci. Alors nous devons de façon urgente, voter des règles d'intégration normalisées, balisées et sécurisées, pour tous, afin que ce type d'incident ne se reproduise plus.

Car l'essentiel est de respecter les instances locales élues par les militants. Elles sont nos églises, bâties de nos propres mains, à partir de rien. Tout nouvel arrivant doit en respecter les murs et les règles collectives, votées démocratiquement par les assemblées. S'il n'en veut pas et bien qu'il aille se faire voir....

J'espère que cela va se mettre rapidement en place, ici et ailleurs!

 

26.12.2008

Revue des Blogs II, synthèse de la fierté démocrate

Passons maintenant aux motifs de fierté, car l'article précédent, où de nombreux doutes se sont affichés, a créé une attente forte et pressente pour redorer le blason du MoDem. Effectivement, le sujet a tellement passionné les militants que La Mécanique de l'Orange en a explosé le record de visites journalières. Il faut dire qu'à l'occasion de cette chaîne, les militants, « déchaînés », se sont livrés à un profond travail d'introspection, libérant ainsi leurs frustrations. Peut-être ne pensaient-ils pas qu'un petit mécanicien gasco-alsacien aurait l'idée de faire une synthèse et les mettrait ainsi en évidence...Donc entamons le sujet d'aujourd'hui car la fierté des militants blogueurs du Modem ne peut plus attendre.

Autant le sujet du doute a semé un trouble dans l'esprit de beaucoup de lecteurs sur la cohésion du parti, qui serait ainsi ébranlée par tant de scepticisme; autant le sujet principal de fierté exprimé par les militants, devrait enlever ce doute, et même rassurer fortement sur la dite cohésion du parti. Car en lisant les différents articles, le lecteur peut s'apercevoir que le MoDem, contrairement au P.S ou à l'UMP, a un chef respecté, admiré et soutenu par ses troupes. Ainsi, l’homme François Bayrou arrive en premier parmi les sujets de satisfaction et fait la quasi-unanimité des militants.

Dans la Besace, Nelly, évoque sa satisfaction des «positions de Bayrou sur la réforme de l'audiovisuel et sur la liberté de la presse, sur la réforme des institutions, sur le refus du pouvoir de l'argent. ». De leurs côtés, Du bord de ma Fenêtre et Oréade Centriste mettent en évidence la capacité de rassembleur de François Bayrou. Pour Oréade, c’est le côté visionnaire qui en est la raison principale, elle déclare notamment que François Bayrou arrive à rassembler « derrière son projet et sa vision qu’il souhaite pour notre pays et pour l’Europe ». Du bord de ma Fenêtre insiste surtout sur les qualités personnelles, de François Bayrou, il fait l'éloge de «  Son intégrité, sa détermination, sa clarté, sa pédagogie, sa pertinence et son impertinence aussi » et ajoute que ces qualités lui ont permis «  de créer une force politique qui tient la route ». De son côté, La mécanique de l'Orange exprime tout simplement le fait d'être « fier de Bayrou » et à l'instar d'Oréade Centriste, la Mécanique insiste aussi sur le côté visionnaire de celui-ci, en écrivant « qu'il apportera une véritable vision pour la France ». Pour BRG ainsi que pour Les pages politiques de Mirabelle François Bayrou porte l'espoir. L'hérétique un peu dans la lignée de Du Bord de ma Fenêtre, évoque François Bayrou comme « un être d'exception »

La prédominance de François Bayrou au sein du MoDem, ici largement plébiscité, fut aussi source de critiques et apparut même, pour certains militants, comme une faiblesse, le MoDem se résumerait trop à sa seule personne. Mais les militants atténuent fortement cette crainte en faisant apparaître un autre sujet de fierté, fortement commenté, qui montre que le Modem ne se résume pas seulement aux simples dimensions des épaules de François Bayrou, mais rassemble plus largement autour de principes et valeurs communes. Effectivement, les valeurs démocrates d'humanisme, sont sources de grande satisfaction. Reprises dans de nombreux billets, elles réunissent les militants bien au-delà d’un simple culte de la personnalité, car on ressent bien le fait que ces valeurs émanent des militants eux-mêmes, et forment ainsi un lien fort qui les unit au sein du MoDem.

Oréade Centriste déclare que l'espoir réside dans « Le projet humaniste » Dans Les pages politiques, Mirabelle énonce aussi parmi ses fiertés « Les valeurs humanistes que nous portons ». Alors que de son côté, BRG fait des valeurs et des « principes démocrates du discours du Zénith le 24 mai 2007 » les « fondamentaux de d'espoir porté par le MoDem » qui à eux seuls « peuvent et doivent transcender notre manière de faire de la politique ». Le côté fondamental des valeurs est aussi exploré par Olivier Montbazet qui revient sur le symbole unificateur de la république «  Liberté-Egalité-Fraternité » en regrettant sa raréfaction actuelle. L'hérétique élargit le débat à d'autres notions. Il lie notamment les valeurs d'humanisme à l'innovation et parle d' « Humanisme et nouveauté ». Il ressent ainsi la nécessité de «  bâtir quelque chose de nouveau autour de l'être humain ». Mais il met en garde de ne pas déprécier le principe fondamental de la liberté qu’il conjugue volontairement avec l'humanisme.

Le thème du militantisme est celui que l’on retrouve le plus écartelé entre les notions de doute et de fierté. Il est d’abord commenté de façon conséquente dans la partie doute, mais par la suite est largement contrebalancé dans les motifs de satisfaction. Ainsi malgré les doutes qu'Oréade Centriste exprime sur le comportement de certains militants, elle revient sur le thème du militantisme dans la partie fierté en appréciant  «l’Humain et la qualité des échanges », mais aussi la force de conviction, l'engagement et la fraternité qui peut régner en déclarant que «  Les adhérents et sympathisants du MoDem ont la conviction qu’ils peuvent bouger les lignes et être utiles aux autres » et elle en conclue que «  Cette richesse humaine est notre plus grand atout par rapport à d’autres organisations politiques ». Sur le même thème de l'amour et du désamour mêlés, à l'instar d'Oréade Centriste, La Mécanique de L'Orange corrige aussi les doutes en relativisant les imperfections des partis politiques, qui seraient liées à leur nature même, puis justifie sa fierté du militantisme démocrate en utilisant la parabole du partage « d'une soupe » fraternelle et déclare être «fier de la partager avec beaucoup d'autres militants ». Le Crapaud du Marais continue sur le thème de l’amour et du désamour, non plus en relativisant, mais en faisant le trie entre les adhérents et loue « la bonté de certains adhérents qui font que, vaille que vaille, des liens se nouent, des soutiens sont là, des rires et des enrichissements se font »

Le partage des convictions, les rencontres avec d'autres militants et la solidarité est aussi un motif de satisfaction essentiel pour La Besace de Nelly. «Je retiens en priorité toutes les belles rencontres et les relations inédites et inattendues qui sont nées de cet engagement ». Nelly en élargit le thème aux instances du parti, dont elle avait critiqué par ailleurs un certain éloignement, et complimente l'animation générée par celui-ci, en insistant sur « la richesse des manifestations et conventions organisées par le Mouvement Démocrate à Paris ». Olivier Montbazet retient aussi le thème des rencontres et du partage en écrivant que « comme beaucoup, j'ai fait des rencontres réelles et virtuelles très variées et enrichissantes » puis il fait la description de l’ambiance de quasi-aventure et de franche camaraderie en citant par exemple « L'encollage d'affiches, le tractage sur le marché de Rodez, les crises de fou rire lorsqu'on est perdu de nuit dans les lotissements ». Comme d’autres blogueurs, il relativise aussi les imperfections en écrivant que « Les réunions sont parfois longuettes, parfois stériles, mais ça me plait. » Skeptikos s’attache à souligner la volonté au travail des militants en parlant « d'envie » et de « sincérité » et élargie aussi cette notion « aux cadres et haut dirigeants ».

De façon plus générale, Exigence Démocratique, trouve aussi des motifs de satisfaction dans le militantisme Démocrate, en soulignant la démocratie interne générée au siège du MoDem lors de la discussion du règlement interne au printemps 2008, il déclare que «C'est l'honneur d'un mouvement démocrate d'assumer ce genre d'échanges, d'en prendre le risque pour élaborer tant bien que mal nos règles de vie commune. »

D'autres militants désignent aussi la Blogosphère du MoDem parmi les fiertés. Du bord de ma fenêtre est fier des blogueurs et de leurs lecteurs notamment de « la diversité et la qualité des réflexions, l'engagement au niveau local comme national et la réactivité de l'ensemble ». SMS invente le mot «MoDemosphère » pour qualifier cette espace si particulier et déclare qu'à travers leur énergie, les blogueurs du Mouvement Démocrate «permettent au MoDem d'être audible. Capable de prendre des initiatives pour le bien commun, de créer des blogs ou des plateformes de networking interne, ces e-modemistes sont la tête de pont qui nous servira dans les années à venir à installer le MoDem sur internet ». De son côté, La Mécanique de l'Orange se déclarerait plus « égoïstement » fier de son activité de militant blogueur, si son message personnel, qui consisterait à « promouvoir le débridement du cerveau, le décoincement des idées » serait entendu, même de façon minimale.

D'autres sujets de satisfaction plus variés sont commentés par les blogueurs, parmi eux je retiendrai la fierté du positionnement politique du MoDem rejetant le bipartisme. Ainsi SMS déclare que le « le bipartisme et la bipolarisation sont les deux plaies de notre pays » et Olivier Montbazet qualifie le bipartisme de non sens. Démocrate sans frontière parle de façon plus générale « de principes politiques démocrates » qui marchent, et rajoute « la conception politique démocrate est plus nécessaire que jamais dans le monde nouveau qui se déploie».

Comme il fallait s'y attendre, les occasions de se réjouir, dépassent de loin les doutes, qui sont souvent relativisés ou largement contrebalancés. Pour ma part, j'en tirerai une fierté supplémentaire, avoir le plaisir: de sentir les militants se lier à travers des relais, de les voir apprenant à mieux se connaître, à se motiver mutuellement, d’apercevoir un début de quelque chose qui ressemblerait à une coordination instantanée. Alors ma modeste initiative de synthèse tente de marquer cet évènement d'un petit caillou blanc, essayant de faire, comme le souligne Arnaud Weber en commentaire, d'une multitude un tout.

Pour conclure, je décrirai le sentiment fort que j’ai en terminant cette synthèse et qui provient du privilège d’assister à un fait rare et symbolique, la rencontre progressive, mais forte, de militants humanistes et d'un homme, canalisant les ardeurs et les passions vers l’action, François Bayrou.

Le mot de la fin revient à l’étonnant Hérétique, qui déclare « que le MoDem, à l'heure actuelle, est l'univers de tous les possibles ». Alors, faisons en sorte que notre meilleur possible se réalise enfin.

Les liens:  SMSDu bord de ma fenêtre, Olivier de Montbazet, Oréade Centriste, BRG, Skeptikos, Les pages politiques de Mirabelle, L'hérétique, Exigence Démocratique, Le Crapaud du Marais, Dans la besace de Nelly Margotton, Christophe Ginisty, Démocrate sans frontière.

23.12.2008

Revue des Blogs : Analyse du doute Démocrate

Pour une fois, la Mécanique de l'Orange s'est mise sérieusement au travail et cela pour ne pas gâcher le travail extraordinaire d'introspection des militants blogueurs du MoDem.

Sur une bonne inspiration initiale, mais qui pourrait à la fin s'avérer catastrophique, Christophe Ginisty a lancé une chaîne, qui comme on peut le constater est une vraie succes-story. En bon organisateur, il en décrit l'avancée sur son blog en tenant la liste des victimes consentantes, qu'il met en lien. La Mécanique de l'Orange qui s'emploie principalement à " tenter l'analyse" se saisit donc de l'intérêt politique de l'évènement et essaie une synthèse, en s'appuyant sur la liste tenue par Christophe, et en s'excusant aussi par avance pour les imperfections, les raccourcis et les oublis. Ce billet sera uniquement dédié à la partie "doute" de la chaîne. Un autre viendra par la suite pour la partie fierté.

La plupart des militants ont commencé par exprimer leurs doutes, dont on constante le nombre et la diversité. Deux blogs, La Mécanique de l'Orange et Exigence Démocratique ont trouvé le sujet même du doute tellement important, qu'ils en discutent aussi la philosophie. Exigence Démocratique fait l'éloge du doute qu'il considère, indispensable à la conviction politique « J'aime douter, Mes doutes construisent mes convictions », et indispensable à l'esprit « Le doute est méthodique, il interpelle l'esprit critique et la raison ». D'un autre côté La Mécanique de l'Orange s'attache d'avantage à explorer les limites du doute et en souligne le côté inhibiteur qui s'oppose à la nécessité de l'action « Douter ou ne pas douter, agir ou ne pas agir? La réponse que chacun apporte à cette question dessine chaque trajectoire individuelle au cours du temps, les véritables lignes de la vie ».

Force est de constater que les élections départementales ont laissé des traces. La lecture des billets fait apparaître des débats souvent houleux, rudes et difficiles à vivre. Aucun blog ne traite des élections départementales comme une fierté du MoDem. Ainsi, dans Exigence Démocratique, Pierre nous révèle son profond découragement à l'issue de ces élections. De même, Dans la Besace, Nelly insiste sur l'importance exagérée qu'on leurs a données. De son côté SmS ressort très marqué par les combats internes et trace un portrait au vitriol de l'attitude de certains militants « J'ai profondément regretté la manière dont se sont passées les élections départementales. L'ambiance est délétère, des clans se forment et s'affrontent avec des moyen à la limite de la démocratie ». Ce point de vue est aussi partagé par Oréade Centriste, qui comme Nelly, insiste sur le fait que trop d'énergie fut dépensée de façon inutile pour les élections internes, puis dénonce le comportement de certains militants qui se comporteraient de façon choquante et enfantine « gueuler plus fort que le voisin dès qu’on est mécontent et menacer d’écrire une note assassine sur son blog ou pire d’intenter des actions en justice contre sa propre famille politique ». Le Crapaud du Marais n'est pas en reste sur le thèmes des élections internes. Il n'a semble t-il toujours pas enterré la hache de guerre, reste cristallisé sur son combat et déplore vigoureusement la composition de certaines listes dont les têtes de liste ne seraient vraiment pas présentables.

Une autre grande partie des doutes se reportent sur la stratégie du parti qui ne semble toujours pas être comprise ou acceptée. Ainsi Exigence Démocratique et SMS déplorent le manque de lisibilité lors des élections locales. Pour Exigence Démocratique « Le MoDem doit construire un discours clair pour justifier la géométrie 'variable' de ses alliances locales » alors que SMS insiste sur « L'absence de lisibilité de notre projet : Dans l'esprit des Français ou en tout cas de leur grande majorité » De façon opposée, Mirabelle s'en prend plutôt à l'impréparation ou au manque de formation des militants en désignant « l'impatience et le manque de sens stratégique du gros de la troupe ». Sur ce thème, L'hérétique exprime une sensibilité proche de l'ancien UDF, et se déclare plutôt circonspect « J'ai l'impression de ne pas m'y retrouver, coincé entre deux démarches: Celle du MoDem qui rendre de plus en plus dans une opposition systématique, et celle du Nouveau Centre qui est inféodée à la Majorité Présidentielle »

De nombreux doutes et frustrations émanent aussi d'un certain manque d'écoute des instances du parti envers l'action militante. Dans la besace, Nelly déplore le manque d'écoute ou de reconnaissance des instances dirigeantes par rapport, au travail des militants, à leur engagement souvent total, à leurs sacrifices. Elle fustige certains «  fabuleux rouages et ses priorités discutables » et regrette le manque de communication, « on est vite en demande de plus d'explications qu'on peut toujours attendre ». Elle met en évidence ainsi un autisme des instances nationales en déplorant « l'incompréhension et la distance entre l'exécutif national qui fait que les militants et le siège ont du mal à se parler. ». Par contrecoup de sa déception elle exprime maintenant plus d'exigence « j'en suis venue à refuser maintenant toute rigidité ». De façon opposée à Nelly, Oréade Centriste met plutôt en cause l'égocentrisme proéminent des adhérents et militants du MoDem qui auraient tendance à "trop se regarder le nombril". Mais à l'instar de Nelly, Olivier Montbazet dénonce le centralisme parisien du MoDem. Selon lui « beaucoup trop de choses restent concentrées sur Paris avec une prise en compte toute relative de ce qui peut se faire "en province" ». Il appuie son argumentation en prenant exemple sur la campagne électorale de Barack Obama qui prouverait « qu'il est possible de faire différemment » .

Olivier Montbazet continue sur le thème du militantisme en doutant ouvertement de la véracité de l'action militante de certains et déplore le faite que souvent « l'individu prime au détriment du groupe ». Il condamne la divergence d'intérêt entre « motivation individuelle et objectif collectif ». De façon très similaire, La Mécanique de l'Orange dénonce le comportement de certains militants et indique que souvent «les débats sont confisqués par quelque uns, au profit de leurs égoïsmes, de leurs querelles. » Toujours sur le même sujet de discorde, BRG critique la tendance cumularde de nombreux militants et élus qui « cherchent souvent à occuper tous les postes, toutes les fonctions, Le cumul des mandats et des fonctions reste la règle, alors que tout montre que le partage des responsabilités est la seule voie qui permette à chacun de donner le meilleur de lui-même »

Dans ses pages politiques, Mirabelle généralise le thème et regrette « l'absence de culture de parti qu'ont beaucoup de militants ». Mais à contrario, Le Crapaud du Marais s'en prend à certains intellectuels et fustige les arrogants du MoDem qu'il appelle « les élites lettrées » et déclare : « Les arrogants sont persuadés de détenir la vérité et exigent que cette vérité devienne pensée unique ou religion ». Dans une analyse similaire, La Mécanique de l'Orange déplore le manque de diversité sociale, culturelle et ethnique des militants du Modem, qui ne seraient donc pas représentatif de la société française. Selon La Mécanique de l'Orange la représentativité quasi exclusive de la seule classe sociale des cadres et des enseignants, trop conformistes, peu enclins à l'innovation, mènerait à une culture d'abandon politique au profit des experts: « Le conformisme n'étant pas capable d'innover lui-même, il délègue entièrement cela aux experts ». Le tout conduirait inexorablement à « L'uniformisation de la pensée, sécurisée, normalisée, à la volonté de rendre la réflexion avant tout « crédibilisatrice », quelque part forcément blanche ». Du bord de ma fenêtre exprime aussi ce même doute, en parlant de manque de potentiel révolutionnaire: «Je doute de la profondeur et de la radicalité du changement que nous serons en mesure de proposer à nos concitoyens. Que ce soit par nature, par réflexe ou par précipitation, les archaïsmes que nous voulons fuir nous collent un peu trop à la peau »

Les blogs ont aussi exprimé des craintes quant à la faiblesse du Parti. Du bord de ma fenêtre s'inquiète de l'isolement  relatif de François Bayrou au sein du MoDem: « François Bayrou est le MoDem et le MoDem n'est que François Bayrou ». Oreade centriste énonce aussi ce doute et se focalise sur l'absence d'élus, notamment au parlement « Ne pas avoir un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale est un handicap politique important »

D'autres doutes plus succins se portent sur la vitesse de croisière du MoDem. Ainsi Olivier Montbazet regrette le « fait qu'on avance, sur certains points, à la vitesse d'un escargot asthmatique et que sur d'autres les choses se font trop vite sans concertation » Skeptikos s'inquiète du « délais de mise en route de la machine.»

Voilà, pendant que j'ai tenté cette synthèse, la chaîne continue, d'autres blogs ont émis leurs doutes, et bien d'autres s'ajouteront encore demain.

Pour ma part je m'arrête ici. Bien sûr, il este encore à faire l'analyse des fiertés. Mais ce sera pour un autre jour... Si quelqu'un veut s'y coller cela m'arrangerait!

 

21.12.2008

Entre doute et fierté, le MoDem se tâte

Les chaînes se déchaînent « Astérix le Gaulois » (oui, je cite mes références culturelles). Me voilà de nouveau englué dans une « ..... » d' chaîne. Et en plus c'est Pierre qui me tague. Il a osé! Pierre est le poil à gratter que je ne souhaite à personne! D'ailleurs ça me gatte, ça me gratte, ça me gratte! Mais s'il n'était pas là on s'emmerderait grave! Bon, fini les compliments. Attaquons donc, à reculons, le sujet!

D'abord, à mon tour de taguer quelqu'un, voyons, voyons.....Hummm! François Bayrou! S'il n'est pas un dégonflé il devra s'exécuter! Heuu...qui peut lui faire passer le message? Voilà, maintenant personne ne pourra plus dire que la Mécanique n'en a pas... La boucle est bouclée, le plus petit des militants tague le plus grand. Et puis, toute réflexion faite, il serait bien intéressant de connaître les doutes de François Bayrou sur le MoDem...

Le doute et plus généralement la peur salvatrice permettent de sauver sa peau dans bien des situations périlleuses, mais d'un autre côté les deux sont des inhibiteurs forts, gluants, qui empêchent souvent de réaliser les rêves ou d'atteindre les objectifs. Douter ou ne pas douter, agir ou ne pas agir? La réponse que chacun apporte à cette question dessine chaque trajectoire individuelle au cours du temps, les véritables lignes de la vie. Comme toujours, la vérité doit probablement se situer entre les évidences, dans les interfaces fluctuantes, celles qui séparent le doute et l'action.

Revenons au sujet imposé: mes doutes sur le Modem. Il en faut deux, c'est la règle absolue, me dit de façon intransigeante Pierre le démocrate! J'ai vraiment envie de lui désobéir, juste par esprit de contradiction!

J'exprimerai mon premier doute non pas directement envers le Modem, mais de façon plus générale envers le mot même de « démocrate » dont je n'arrive pas toujours à saisir le sens commun. Existe t-il des vrais démocrates? Des tas de gens se proclament démocrates. Pourtant, il suffit de gratter un peu pour s'apercevoir, que l'ambition personnelle emporte tout sur son passage, que la plupart du temps les débats sont confisqués par quelques-uns, au profit de leurs égoïsmes, de leurs querelles. L'intérêt général?  L'intérêt des militants? Rien à f..... !

Mon second doute peut aussi se généraliser à tous les partis et résulte de la représentativité sociale au sein du Mouvement Démocrate, celui-ci étant composé essentiellement de militants cadres ou enseignants. Contenant très peu de mixité sociale et ethnique le MoDem ne représente pas la société française, juste une tranche, une classe confortablement installée, par nature peu enclin à susciter des changements. Comment le MoDem pourra-t-il proposer des solutions véritablement innovantes, lorsque que l'on sait que l'innovation naît dans l'épreuve, le risque et la mixité. L'innovation de la « conformité établie » ne s'exprime souvent que dans la nomination de commissions d'experts. Le conformisme n'étant pas capable d'innover lui-même, il délègue entièrement cela aux experts établis. Car les experts savent tout et peuvent tout. A eux la responsabilité de trouver les solutions pour gérer la société de demain. Si l'expert a tout faux, comme la plupart du temps et qu'il se révèle un piètre politicien, comme la plupart du temps, que ses conseils mènent à la catastrophe, comme la plupart du temps, alors le conformisme établi, désemparé, nome une commission d'experts pour encadrer le travail des dits experts...

Alors, oui mon doute surgit en constatant le peu de postes à responsabilité pour la mixité et la diversité des origines, aussi bien au niveau national qu'au niveau local, dans mon département . L'uniformisation de la pensée, sécurisée, normalisée, la volonté de rendre la réflexion avant tout « crédibilisatrice », quelque part forcément blanche, mène à de la platitude souvent déprimante.

Mes doutes sur le MoDem sont bien durs. Je crois que j'ai battu Pierre sur ce coup-là, moi qui ne m'oblige pas forcément à douter! Et après? Comment revient-on vers le positif, vers la fierté? D'abord, en relativisant le tout. Les partis, de par leur nature, sont forcément antidémocratiques (voir un billet précédent ici) et fonctionnent sur des appareils plus ou moins obscurs, c'est ainsi. L'évolution vers une véritable démocratie se fera de pair avec la société elle-même, lentement. Et vouloir forcer, dès aujourd'hui, cette évolution obligera inévitablement à utiliser des moyens extrêmement antidémocratiques. Donc du calme de ce côté-là! Ainsi Je ne fais aucun blocage sur les imperfections, car par comparaison aux autres partis le MoDem est de loin, de très loin, le plus proche de mes convictions démocrates. Nobody is perfect! Donc je ne crache pas dans la soupe communautaire démocrate. Je m'en accommode et je suis fier de la partager avec beaucoup d'autres militants,  « en faisant des grands Schlup!. »

Une autre fierté est d'appartenir au parti de Bayrou, que j'estime beaucoup et qui nourrit, à lui seul, ma motivation. Il n'est ni un guide spirituel, ni une idole, mais son fond me plait, je sens bien qu'il apportera une véritable vision pour la France. Je suis donc fier de Bayrou.

Ma troisième fierté est toute égoïste. J'ai créé le Blog « La Mécanique de L'Orange » sur un coup de tête (je n'ai pas douté une seconde) et je tente, avec plus ou moins d'à-propos, d'élégance, ou réussite, de promouvoir le débridement du cerveau, le décoincement des idées. Alors, si à un tout petit moment, un tout petit 1% de ce message réussit à passer, alors oui, je serai égoïstement fier d'apporter ainsi ma minuscule petite contribution aux idées du MoDem!

 

17.12.2008

Le Bas-Rhin attaque enfin l'Europe!

Un sujet de politique locale, pour aujourd'hui, plus précisément en Alsace dans le département du Bas-Rhin (le 67, département de Strasbourg qui dessine la corne Est de la France).

La période est à la construction des nouvelles structures. La tâche n'est probablement pas toujours facile, surtout quant il faut tenter de concilier les anciens militants U.D.F. et les nouveaux affranchis démocrates, comme moi, venant d'on ne sait où, brandissant la couleur orange comme d'autres, en leurs temps, brandissaient le rouge au dessus des barricades.

Une fois les difficultés culturelles surmontées et les ardeurs refroidies, les majorités se dessinent pour tenter de reconstruire un mouvement de militants, liquéfié. Là aussi la tâche est ardue, la théorie colle rarement avec la pratique, et la motivation des militants a les propriétés d'un gaz rare, volatil,  qui ne se condense que dans des conditions de température et de pression très particulières.

Dans cette ambiance de chantier en construction, où il est encore conseillé de porter le casque car des tuiles volent encore de-ci de-là, le mouvement démocrate du Bas-Rhin finit d'étaler le ciment des mouvements locaux et donne les premiers coups de manivelle pour démarrer la vieille mécanique électorale rouillée, en tenant la première convention des militants du Modem 67.

De nombreux débats ont permis d'avoir enfin un aperçu global et direct de l'expression des militants. Ici j'en retiendrai essentiellement un, qui m'a très agréablement surpris. Il m'a semblé, lors de cette convention, qu'une véritable prise de conscience collective prenait corps autour d'idées, que la Mécanique a par ailleurs défendues maintes fois, et qui consistent à faire campagne sur la promotion d'une Europe avant tout protectrice du citoyen. La fonction essentielle de l'Europe doit consiter à servir ses citoyens, à les défendre et à les protéger. Le discours optimiste béa, sans consistance,  semble avoir pris un sacré coup de vieux, et passe maintenant pour des plus ringards. L'heure est enfin à l'approche concrète utile, proche des gens, populaire.

Bien sûr, cela ne sera pas suffisant! Il reste encore à nous faire découvrir l'Europe "sexy" porteuse d'espoir et de liberté! Celle qui séduira la jeunesse.... Mais le combat des idées continue.

Pour ceux qui voudraient consulter un compte rendu détaillé:  Ici.