26.09.2009

Commentaires de la semaine et autres petites choses

 

Chabot c’est prise une rouste par Sarko.

Sur TF1, on fait dans la blonde platine, écervelée mais super platine, coiffée au dixième de millimètre près. A la plastique impeccable d’une photo retouchée, la petite fille modèle, sage comme une image de Martine à la plage, à la force, au courage et à l’arrogance du papillon multicolore et doré, accessoire de la poupée Barbie, pose des questions avec un fondement politique si lourd que même le squelette de César s’en retourne dans sa tombe.

En face, attention, sur la 2 ça ne rigole pas, c’est Arlette qui préside les débats avec sa tête d’éternelle martyrisée. France 2 se démarque et choisit de se donner de l’air de…L’air sérieux, du politiquement crédible. Ici on ne joue pas aux billes, on se fout des maquillages et on parle de choses dures, profondes et vraies.

 

Sauf que....ça ne prend pas. Ce n’est pas du sérieux, c’est morose, de la grisaille, du brouillard, de la purée de pois. Ce n’est pas du journalisme, c’est du parisianisme microcosmique. En plus, il faut voir avec quel brio, époustouflant, avec quelles envolées, prenantes, avec quel à-propos, magistral, avec quel management, efficace, Chabot préside elle-même les débats. Chabot menant les débats, c’est Derick menant son enquête.

 

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Arlette Chabot avant l'humiliation par Sarkozy

Oui, il faut le voir pour le croire. Il faut avoir entendu le débat Cohn Bendit contre Allègre de la dernière émission de « à vous de juger » pour comprendre ce qu’est la quintessence même d’un débat nul, vide, d’une émission politique de série B. Même Cohn Bendit avait de la compassion devant l’incapacité d’Alègre à formuler le moindre argument convainquant, ou simplement intelligent. J’ai aimé Cohn Bendit, j’ai aimé sa grandeur d’âme lorsque, se rendant compte de la situation critique, du naufrage de l’émission, il essayait d’aider Allègre à formuler quelque chose d’intelligible pour remonter le niveau, en prêtant gentiment le flan à la critique, en tendant la fesse droite, puis gauche, en s’attaquant lui-même, en se poignardant. Regarde! C’est comme ça qu’il faut faire ! Il a essayé, tant bien que mal. Mais Alègre, bougre comme un âne, ne comprenait toujours rien et continuait à dérouler le plan qu’il s’était préparé dans le vide du néant. Peine perdue. De son côté, Chabot, dégoutée, ne savait plus quoi faire et avait baissé les bras.

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Arlette Chabot après l'humiliation par Sarkozy

Alors quelque part la colère de Sarko peut se justifier. Pas celle du président de la république, bien entendu. Le président n’a pas à se mêler des émissions de télé, aussi nulles soient-elles. Ce n’est pas son rôle. C’est un abus de pouvoir. Mais Sarko, au moins pour une fois, a parlé pour un certain nombre de citoyens et je m’y suis retrouvé. Car actuellement, il faut bien l’avouer, seule la chaine du parlement offre des débats politiques de haut niveau. Mais elle est très peu regardée et les débats ne sont donc réservés qu’à un certain type de citoyens, pas à la majorité des familles françaises qui s’éloignent toujours plus de la politique de contradiction, se contentant simplement d’avaler le gavage quotidien des journalistes du 20H. Chabot devait se prendre une rouste. C’est venu de Sarko, peut-être pour d’autres raisons, plus mauvaises, mais moi je n’ai rien à dire là-dessus.

 

Hortefeux au pays du pygmée

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Hortefeux présente sa nouvelle limousine noire lors du conseil des ministres.

 

Du pain et des jeux pour le peuple

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Pas besoin de commenter, ça parle tout seul!

07.09.2009

On nous avait prédit le Grand Soir

 

-N°25-

Et on s’est retrouvé couché, à 8h30, avec une aspirine et trois somnifères.

 

On nous dit que tout ira bien, que la fièvre s'estompe, que la relance est relancée, que l'activité s'active, que le rythme reprend son souffle. Après la pluie, le beau temps. Après l'orage, l'eau sage. On nous prédit un printemps agréable. On nous dit que ce n'était qu'une mauvaise bourrasque. On nous dit que, on nous répète que…

 

Il y a peu de temps, je parlais ici de crise en forme d'oignon. D'abord, une peau spéculative, hors contrôle, se gavant de son triomphe sur le communisme. Puis des couches, plus profondes, liées à la nature même de l'humanité, à sa vanité et à son appétit insatiable de la richesse: la couche du veau d'or et son cortège d'esclavagistes, achetant et vendant à l'échelle mondiale le malheur dégoulinant empaqueté dans des emballages dorés. Puis des strates profondes, peu mesurables, moins palpables. Que vaut un PIB lorsque l'endettement est exorbitant? Pourquoi tous les pays sont-ils endettés ?  Pourra-t-on créer suffisamment de croissance pour rembourser nos dettes? Avec quelles ressources ? Avec quelles énergies ?  J'ai appelé cela " l'équation de la réalité imaginaire ". Cette réalité projetée virtuellement sur des écrans électroniques. Une réalité fictive liée aux marchés financiers, volatile et furtive. Plus en dessous encore, se trouvent les strates tectoniques, plus lentes, vibrant sur des rythmes générationnels, elles structurent le monde. La surpopulation et son confinement mènent  à la fin des ressources naturelles. Les limites énergétiques et spatiales se font durement sentir. C'est la fragilité de la nature, d'une planète toujours moins diversifiée, d'un caillou devenant trop petit, duquel définitivement personne ne pourra s'échapper.

 

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On nous avait prédit le grand soir, que plus rien ne serait comme avant, on l'avait tellement espéré que l'on voulait y croire. On nous disait, c'est la fin de la dictature financière. Vous allez voir ce que vous allez voir. On nous prédisait le grand soir. On voulait croire à la révolution qui met l'homme au centre de la société. On jubilait même. On exultait. La crise débouchera sur un monde nouveau, c'est une certitude.

 

 

 

- Et alors ?

- Et Alors rien.

 

Il ne s'est rien passé. Pire encore, les marchés financiers en sont ressortis encore plus puissants. Car la solution trouvée fut dictée par les banquiers eux-mêmes. Il fallait emprunter encore plus d'argent. Comment combattre une crise financière provoquée par l'endettement ? C'est simple, on emprunte de l'argent. CQFD ! En fait, les banquiers nous ont expliqué, que la crise est due au fait qu'on n'avait pas emprunté suffisamment et pas assez vite.

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Donc, il faut emprunter plus et plus vite pour équilibrer une machine Financière qui trouve son énergie dans le psychisme humain, qui se nourrit d'espoir. On n'est pas loin de MATRIX. La machine s'emballe, nous ne sommes pas encore assez endettés, il lui faut plus de dette, plus d'espoir, il nous faut la nourrir encore plus…Mais à-t-on encore suffisamment d'espoir en nous pour continuer à la rassasier. Que se passera-t-il lorsque, demain, on arrivera à la limite de notre imagination et que notre énergie psychique se sera tarie, évaporée dans le temps et l'espace. Comment nourrir alors cette machine infernale? Comment va-t-elle nous nourrir alors?

18.07.2009

A la croisée des chemins,

 

 

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A quoi pensons-nous la plus grande partie du temps si ce n’est à des considérations bassement terre-à-terre.  Les nécessités individuelles ou collectives comme par exemple : se nourrir, s’habiller, se loger, prendre du plaisir, occupent plus de 90% de notre temps. Seuls les plus chanceux disposent de plus de 10% de liberté pour considérer des choses moins matérielles.

Durant le peu de liberté restante, beaucoup pratiquent une coutume ancestrale: l’exploration intellectuelle de l’au-delà. Les hominidés ont développé progressivement cet art particulier, entretenu autour de rites et de symboles mystiques, pour devenir progressivement une espèce animale à part, ayant la capacité de croire en l’au-delà du sensible. Aujourd’hui, les paléontologues traquent les moindres indices de l’apparition de cette culture si particulière, afin de pouvoir la dater. Certains scientifiques suivent d’autres pistes et voudraient bien chercher cette capacité étrange en identifiant des gènes porteurs. Peut-être souhaiteraient-ils démontrer que le fait de croire en Dieu est une amélioration due à la sélection naturelle, qui aurait permis aux plus croyants, grâce à une volonté qui aurait alors été plus forte et à une peur surmontée, d’être plus performants et plus résistants face à la férocité de la nature.

Mais peu importe l’architecture génétique humaine. Oui, effectivement, quelque part, le fait de croire en Dieu est porté par les gènes, comme le fait de pouvoir marcher, comme le fait de pouvoir respirer, d’imaginer ou de penser. Toute capacité humaine, bien entendu, a un socle inné codé par la génétique. La question n’est pas là.  Mon interrogation aujourd’hui repose sur un constat simple : beaucoup de « non croyants » perçoivent nos temps électroniques comme des temps paradoxaux.

Ils ne comprennent pas pourquoi, l’homme, développant d’un côté des puissances technologiques incroyables et maitrisant la science de façon fine, continue à établir ses choix de vie et de mort à travers un filtre religieux, vieux de dizaine de milliers d’années, qui périclite une pensée fondamentale immuable. L’homme semble rester profondément lié à ses préceptes de vie sacrée, à son équilibre avec l’au-delà, intégrant une certaine harmonie avec la mort. Pourtant, au fond de soi-même, personne n’ignore la vérité froide issue de la démonstration scientifique, vérité brutale qui décrit une histoire du monde bien différente de celle des écrits religieux, quels qu’ils soient.

Ils ne comprennent pas cette contradiction apparente entre d’un côté, la religion conservatrice du dogmatisme, qu’ils qualifient d’obscurantiste, et la science révélatrice, pour eux, d’éclaircissements, de descriptions, de mécanismes et de vérité.

D’un premier abord, la coexistence entre ces deux disciplines peut apparaître effectivement assez étonnante.  Mais en prenant le temps de la réflexion, on s’aperçoit qu’elles ne se cantonnent pas à des niveaux de considérations similaires. Que l’une est proche et l’autre lointaine. Que l’une a besoin d’être précise et que l’autre a besoin de flou. Et peut-être que, tout simplement, l’une a besoin de l’autre pour s’équilibrer. Que l’une ne peut exister sans l’autre.  Car, il faut bien reconnaître, l’avancée inexorable de la connaissance ne gène en rien la croyance en l’au-delà, elle ne fait que préciser, un peu plus, la ligne d’horizon entre l’existant et l’inexistant.

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Alors, que les dinosaures aient existé, que l’homme soit descendu de la lignée des primates, que l’univers soit originaire d’une particularité cosmique, cela importe peu en vérité. Tous ces phénomènes naturels n’apportent aucune réponse à la question de l’existentiel. La science se cantonne à la description de faits observables. Le constat peut apparaître simple : « en frottant deux silex, je génère des étincelles qui me permettent de faire du feu », ou plus complexe : « en intriquant des atomes entre eux, je peux téléporter à distance des propriétés des uns sur les autres, même s’ils sont séparés par des dizaines de kilomètres».Objectivement, les deux descriptions sont comparables dans le sens où elles n’apportent aucune réponse sur l’état d’existence.

Les disciplines scientifique et religieuse ne rentrent pas en compétition directe. L’une s’arrête toujours où l’autre commence, même si les lignes bougent. Peu importe si l’Univers de l’au-delà commence après cette montagne, ou de l’autre côté de cette mer, ou de l’autre côté des cieux, ou maintenant de l’autre côté du Big Bang, il commencera toujours où l’observation s’arrêtera.


Malgré tout, même si la science ne bouscule pas la croyance de l’Homme en l’au-delà, elle en érode sensiblement les religions établies, en désacralisant continuellement les textes religieux. Par exemple, beaucoup d’événements bibliques pourraient être scientifiquement explicables. L’épopée de Noé avec ses inondations serait reliée à la formation de la mère noire lors de la montée des eaux issue de la fin de « l’âge des glaces » et à la fracture de la paroi rocheuse des Dardanelles, inondation qui semble-t-il a englouti des civilisations entières. Beaucoup d’événements de l’épopée de Moïse, comme le retrait de la mer puis le reflux qui s’en suivit, comme les nuées de cendres et autres calamitées, auraient bien pu être produite par l’explosion cataclysmique de l’ile volcanique de Santorin, dont on sait qu’elle a détruit la civilisation Crétoise à cette même époque par un tsunami géant. Que dire de la découverte extraordinaire de l’évangile de Judas dans lequel on découvre une toute autre histoire de la crucifixion. De plus, aujourd’hui les croyants font la part des choses entre ce qui tiendrait plus du sociologique et du culturel et ce qui tiendrait plus du sacré. La Bible ou le Coran apparaissent alors comme des livres écrits par des hommes avec leurs forces et leurs défauts, livres témoignant aussi de l’époque et de la culture du moment.  Il n’est plus concevable de lapider une femme sous prétexte qu’elle a trompé son époux. Les textes ne sont plus pris au pied de la lettre que par une très petite minorité de fanatiques.

Par contre, les tenants du dogme de la religion, les prêtres, qu’ils soient fanatiques ou pas, n’ont pas le droit de toucher à une seule ligne de l’écriture sacrée. Les livres saints sont condamné à ne plus jamais évoluer et à subir cette érosion perpétuelle, tant bien que mal. Certains tentent des remèdes, soit en se hasardant à l’interprétation, soit en filtrant les écrits de façon tout aussi hasardeuse.

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La science, non sacralisée, se réécrit constamment, et suscite sans cesse de l’émerveillement.  En explorant les connaissances accumulées, il faut souvent s’accrocher aux branches de nos ancêtres pour ne pas s’effondrer, bouleversés devant les incroyables découvertes sur la nature.  Non seulement, l’Humain connait l’âge de sa terre, son évolution, ses diverses formes de climats, de faunes et de flores, ses extinctions et émergences de vie. Non seulement, il  connait l’histoire de la lune, l’âge du soleil et celui de l’Univers. Mais aujourd’hui, il découvre des objets encore plus extraordinaires.  Il observe des trous noirs par dizaine avec une étonnante banalité. Il découvre l’existance de la masse manquante de l’Univers dite « masse noire »  et commence même à l’observer. Il cartographie l’univers infiniment grand, dit continue, qui dessine des filaments d’amas de galaxies. Il cartographie l’Univers infiniment petit, dit quantique, en décline tout ses états de fonctionnement élémentaire, nome la moindre petite particule composant la matière et le rayonnement et arrive à téléporter instantanément à travers le vide leurs propriétés quantiques. Bientôt la mécanique naturelle sera déterminée, écrite définitivement dans son moindre petit rouage.

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Alors, même si la croyance en l’au-delà sera toujours vive, les vieux écrits risquent de se retrouver en décalage important pour que leur propriété essentielle « d’écrits saints » reste crédible pour beaucoup de gens. Car avec la plus grande imagination du monde, il sera difficile d’interpréter l’histoire d’Adam et de Eve comme la description imagée du Big-Bang, d’où demain sera peut-être issu l’Univers de façon certaine.

Donc, ce mélange des genres, entre des passages portants sur une parole sacrée et des passages évidemment moins crédibles, pourrait condamner ces écrits, par définition immuables, à un déclin progressif.

Alors, sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ère. Celle de l‘avènement de la certitude scientifique, écrite et quasiment biblique. Sommes-nous à cette croisée des chemins ? A l’aube de cette révolution culturelle majeure, où une connaissance affirmative remplacerait la genèse des livres saints ?

Comment serait alors gérée la question essentielle pour l’humanité, celle de s’appuyer sur l’au-delà pour pouvoir exister dans le réel?

 

27.06.2009

Je sais QUOI !

 

Honorable Julien,

Pour faire pardonner mes bévues, le Maître de la Mécanique m'a donné une pénitence supplémentaire, la mission de résoudre l'énigme que vous posez ici. Pour cela je dispose d'un matériel hautement sophistiqué et de méthodes numériques spéciales. Voici donc l'analyse faite par votre humble serviteur, petit Scarabée.

 

 

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Image d'origine

 

 

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Filtre Mécanicien de type I, quelque chose semble se distinguer. Je dois augmenter la puissance.

 

 

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Cela se précise, j'opte pour le filtre de classe II.

 

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Voilà maintenant c'est évident. Vous ne le distinguez toujours pas? Filtrons plus les UV !

 

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Il me semble que c'est clair! Non? Puissance maximale!

 

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La chose étrange est donc maintenant visiblement visible. Mais que représente ce paysage. Je sors les grands moyens. Ultra contraste

 

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Il s'agit bien d'une sirène, ou de la dame du lac.

Voilà énigme résolue! Ma pénitence est donc finie. Yahouuu!

 

 

 

14.06.2009

Montre-moi ton blog, je te dirai qui tu es…

-N°115-

Après le bilan annuel tracé par le billet précédent, je me suis aperçu d’un certain passif, d’un tag oublié, non encore livré. Donc, mettons de suite les comptes de la mécanique en équilibre et livrons cette commande avant d’avoir des pénalités de retard.

Il s’agit du tag de Julien Viel ici, qui nous demande de réfléchir sur la notion si particulière, très critiquée par certains, mais jalousement défendue par d’autres, de l’anonymat au sein des blogs politiques.

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Mais avant de continuer plus loin, je voudrais attirer l’attention des lecteurs sur une particularité nouvelle de ce billet, qui, pourrait peut-être choquer certains d’entre vous, les plus sensibles. Trois lectrices, dont ma voisine blogueuse d’à côté, elle, m’ont indiqué que la mécanique était bel et bien perçue comme sérieuse, malgré tout... Grande nouvelle ! Alors, cela me donne une idée. Et si je tentais d’être sérieux, pour de bon, tout en restant sérieux. Oh ! Oh ! Chose que je n’ai jamais faite pour un Tag. Tentons l’acrobatie…

Chers lecteurs et lectrices, aujourd’hui le mécano a mis ses grosses lunettes de lecture à double foyer, héritées de son grand père et réparées au scotch, puis a taillé trois crayons, positionnés méticuleusement les uns à côté des autres, parallèlement à droite du papier à lettre surligné, celui qui, rangé dans le tiroir du buffet, ne sert que pour les grandes occasions. Et de là, de cette table dans la salle à manger, sur cette nappe en plastique froissée et délavée, il tente pour la première fois de faire un travail appliqué et méticuleux, sans humour aucun, un travail se voulant analytique, sobre et sérieux. Il l’a promis, même s’il doit passer toute la nuit pour cela, à gommer systématiquement les « lourdes » glissades habituelles. Le problème est, et vous l’avez bien senti, tiendra t-il jusqu’au bout, saura-t-il résister à la tentation mécanicienne ? En a-t-il la force, la « volonté » suffisante ?

 

Lorsqu’on lit les différents billets et commentaires qui traitent de « l’identité » sur les blogs, il en ressort surtout l’idée que l’affichage, ou pas, de son identité est un choix clair, volontaire, et assumé. On affiche son anonymat, son identité, partielle ou entière, en fonction d’un choix personnel, assumé, clair. Certains associent directement l’affichage de l’identité à l’honnêteté, à la droiture d'esprit et au courage personnel. Ce qui naturellement laisserait entendre qu’il n’en est pas de même pour les blogueurs anonymes. Ces derniers rétorquent alors, que, l’anonymat est essentiel pour développer la plus large liberté d’expression possible. Bien entendu, et comme toujours dans le cas de débats binaires, les arguments s’opposent frontalement, sans fin, et génèrent des débats sans intérêt.

Le constat de ces débats, végétatifs, me pousse à suivre d’autres pistes. Je ne m’y mêle donc pas, en préférant m’arrêter avant, bien avant, sur un mot paradoxal, exprimant toujours la clarté dans la plus grande dissimulation : le mot « volonté ». Cette volonté, assumée, affichée, d’être, où de ne pas être anonyme, argumentée par des considérations de droiture, d’un côté, et par la nécessité essentielle de la libre expression, de l’autre, ne me convient pas. Ainsi ma contribution à cette chaine se fera plutôt dans l’analyse de cette volonté affichée, si faussement évidente.

Pour analyser cette notion d’anonymat, dans un premier temps, un travail de classement des blogs est nécessaire. Très rapidement, il se distingue essentiellement trois catégories. Deux catégories opposées sont évidentes et simples à reconnaitre : les blogs affichant le nom, le prénom et la photo, les blogs n’affichant aucun élément de reconnaissance objective. La troisième catégorie, plus vague, se situe entre les deux premières, les blogs affichent le plus souvent le nom, mais la photo n’apparaît pas. Où alors, elle est travaillée, stylisée, peu reconnaissable et s’affiche sans s’afficher réellement.

Une fois les Blogs catégorisés, il reste à analyser les raisons de cette structure apparente. Quelle force psychique, qu’elle volonté, quel désir, a bien pu forger cette organisation « bloCosphérique» ?

D’abord, il apparait que les blogs affichant la photo, l’élément essentiel de l’identité, sont des blogs que je classifierais de « blog candidat ». L’éditeur du blog signifie, par cette identité clairement affichée, consciemment ou pas, qu’il est en posture de candidature. Le blog porte l’image, l’identité, incarne l’état de candidat. Le cas échéant, le blog servira à faire campagne.

En opposition, vous l’avez compris, les blogs n’affichant aucune identité, ou très vaguement, sont plus destinés au partage des idées, au militantisme pur, sans se positionner dans une optique d’incarnation, de candidature, ou du moins la chose n’est pas envisagée dans l’immédiat. Par contre, sans être personnalisés, sans être dans l’optique du candidat, ces blogs sont souvent d’expression très forte et ne manquent pas, pour autant, de personnalité.

Les blogs de la troisième catégorie, dite intermédiaire, affichant le nom mais pas la photo, ou alors une photo stylisée, ou peu reconnaissable, restent à mon sens, des blogs qui portent une candidature non encore assumée, qui se cherchent, ou qui évoluent. L’envie existe, mais ne se concrétise pas encore, ou pas entièrement, par l'affichage d'une volonté claire. Le blog navigue entre deux eaux, entre une volonté de candidature, d’incarnation, et une soif de militantisme pur et « sauvage ».

Naturellement, ayant fait cette petite analyse, je me l’applique à moi-même. Et maintenant, il vous est facile d’interpréter que la Mécanique de l’Orange, n’affichant ni photo, ni identité, se range dans la catégorie des blogs de militants purs et n’incarne pas « l’état de candidature » permanente. Et c’est bien entendu la raison essentielle du désordre et de la liberté qui règne dans l’atelier. La Mécanique de l’Orange s’arrêtera, ou changera de nom, de présentation et de style, le jour où, le mécano entrera dans l’arène politique de la représentativité. Le nouveau blog, qui serait alors un outil de communication personnelle, n’aurait plus rien à voir avec la mécanique actuelle. Il en garderait probablement des stigmates, des automatismes de dérision, et pourrait ressembler, peut-être, à celui d’un « Luc Lehner », qui dans la catégorie blog de candidat, assume vraiment et vaut le détour !

Donc pour revenir aux débats, qualifiés plus haut de stériles, l’affichage de l’identité, ou pas, n’a rien à voir avec une soi-disant droiture d’esprit, ou avec l’exigence maximale de liberté d’expression, mais avec la volonté, ou pas, d’incarner les idées que l’on porte.

On peut donc définir la grille de lecture des blogs suivante :

  • Tout blog affichant l’identité entière représente un candidat.
  • Tout blog sans identité représente un militant.
  • Tout blog intermédiaire représente une variété  de militants n’assumant pas encore pleinement un état de candidature déclarée.

 

Donc à vos blogs, et cochez les cases !!!

Pour terminer le billet, Je tague donc deux blogueuses, en opposition totale par rapport à cette dualité « candidat » / non « candidat ». La première: Françoise Boulanger, avec son hyper affichage de l'identité et la seconde « Martine » blogueuse qui a choisi comme blog personnel la blogosphère toute entière, qui représente l'archétype même de l'anonymat ostentatoire, purement militant et sacrément personnalisé!!

Dites nous mesdames, que représente pour vous votre choix? Comment le vivez- vous? En êtes vous satisfaites? Le regrettez -vous?

 

18.03.2009

Wonderful World.

 

Premier signe distinctif, premier signe très agréable, un gazouillement, je fus réveillé par le délicat chant d’oiseaux printaniers, et non plus par les corbeaux d’hiver qui viennent, on ne sait pourquoi, nicher sur le toit de ma voisine. Plus tard, l’odeur du café, dont on ne sait comment, n’avait plus l’amertume et la rudesse des jours d’hiver, comme si le café du printemps s’ouvrait à des aromes de bonne volonté. Par la suite, la lumière du soleil, vive, forte, éblouissante, m’éclatât le visage à la sortie de chez moi. Il soutenait un matin sans nuage, bleu et rose, avec une douceur oubliée qui semblait fêter quelque chose, on ne sait quoi, comme une renaissance, comme le retour d’un enfant, de l’espoir. Dans la continuité de cette douceur matinale, les éboueurs chantaient eux-aussi, on ne sait comment, en ramassant les poubelles. D’habitude, ils achèvent leur besogne dans le noir, zébrés par les gyrophares et les bruits tonitruants des vérins. Etrangement, la radio du matin récitait des vers fleuris en se délectant de sourires et de compliments. On ne sait pourquoi, la douceur printanière envahissait le fond de l’air, d’un air nouveau, d’on ne sait où.

Ouais…Ouais, je sais…. j’aurais qu’en même essayé…Mais quelqu’un le fait mieux que moi. Alors tenez bon !

 



 

22.02.2009

Une crise en oignon

La crise s'installe dans le paysage de tous les jours. Le samedi matin, les parkings des supermarchés, auparavant saturés, offrent maintenant de nombreuses places libres. Les gens y passent moins de temps et se concentrent sur l'essentiel. Heureusement le printemps n'est plus très loin, les étourneaux sont de retour, on peut les voir ces jours ci remonter le long du Rhin en provenance de l'Italie, la chaleur et le soleil ne seront pas de trop pour réconforter les victimes de la crise. Mais il semble toutefois que celle-ci ne fasse que débuter. Le gros des entreprises commence seulement maintenant à se préparer pour des plans d'actions.

Alors peut-être est-ce le moment de faire une petite pause et d'analyser plus calmement ces quelques mois de tumultes, afin de mieux jauger les difficultés qui nous restent encore à surmonter.

Que contient réellement cette crise? Comment se présente t-elle de l'intérieur? Comme un corps unique et spongieux? Ou au contraire comme corps fibreux, lamellaire, structuré en couches solides, en fibres séparables, plus ou moins profondes et interconnectées. Est-on en présence d'une crise en couches d'oignon?

La surface spéculative. En surface, la crise se présente comme l'éclatement d'une bulle spéculative dite des « Subprimes ». Elle a brisé la confiance dans le système bancaire en mettant en évidence le fait extraordinaire qu'aujourd'hui les braqueurs et les escrocs sévissent à l'intérieur même des banques. Ils ne braquent plus les coffres mais les clients qui viennent au guichet!

Le système des subprimes est une invention des banques américaines, qui recherchant de nouveaux marchés spéculatifs n'ont pas trouvé mieux que de financer de l'achat immobilier pour des familles à revenu très faible. Ils croyaient avoir déniché le filon du siècle avec « la maison individuelle à crédit pour tous ». La recette s'inscrit dans une conjoncture immobilière favorable, peu de chaumage, une grande confiance dans l'économie, les années Bush du libéralisme décomplexé, de l'énergie coulant à flot, de l'argent pas cher où les prêts à taux variables ne dépassaient pas les 3.5 %, bien sûr aucun apport personnel demandé, emballé c'est emporté. Le capitalisme triomphant se faisait fier d'humilier ainsi le communisme déchu en lui démontrant que paradoxalement seul le libéralisme pouvait offrir l'accession à la propriété individuelle aux plus démunis. Mais ce qui devait arriver arriva, le taux du crédit augmenta et les familles surendettées ne purent pas payer, des dizaines de milliards de dollars se retrouvèrent soudainement à découvert, dans le vent. Ce fut le déclenchement du cyclone.

La couche du veau d'or: En grattant les subprimes on découvre une autre couche de gras financier. Des gens très intelligents, esclavagistes des temps modernes, ne trouvèrent pas mieux que de vendre et d'acheter de la dette comme une vulgaire marchandise. Ainsi le malheur des hommes se trouvait côté en bourse au même titre que du minerai de charbon ou que du pétrole. Qui veut m'acheter du malheur? Il est bien gras mon malheur! Offre exceptionnelle de lancement, deux malheurs pour le prix d'un! Venez acheter le meilleur malheur de la région, garanti ouvrier authentique, il empirera avec le temps. Oui effectivement, acheter des dettes à taux variable en spéculant sur l'augmentation des taux pouvait rapporter gros.

C'est la couche qualifiée de «  veau d'or » dans des billets précédents, ici et . Le « veau d'or » étant associé à la vénération du pouvoir de l'argent, des biens matériels, de la richesse élevée au rang de divinité. Nous ne sommes pas loin du péché mortel! Les banquiers chassaient le gibier puis le vendaient au grand négoce tenu par les traders, qui convoyaient le tout vers les groupes financiers, où dans d'infernales cuisines à fric, les rois de la ratatouille financière, mixaient, mélangeaient, assaisonnaient allègrement toute cette chair à malheur, pour en faire de jolis pâtés, bien présentables, emballés dans des paquets colorés jaune blé et arrosés de parfum de chou, d'avoine et d'oseille.

Cette potée financière se déversa partout et contamina le monde entier. Le mal rongeait le système de l'intérieur, mais en attendant l'intoxication, le capitalisme s'épanouit sur cette complexité construite dans le seul but de réaliser un seul et unique objectif, le profit financier immédiat et spéculatif: « la religion du Veau d'or ».

Les banques construisirent progressivement des ponts de pierre au dessus du vide en utilisant la confiance comme seul ciment, un matériaux plutôt friable. Et lorsque la confiance s'effrita les ponts s'effondrèrent et les banques terrorisées par la peur du vide prirent subitement la mesure du désastre potentiel. Alors chacune d'elle, connaissant leur situation désastreuse, se mit à soupçonner toutes les autres d'être dans des situations encore pire. Dans une un mouvement de protection  général les banques gelèrent la circulation de l'argent, qui est pourtant le carburant des entreprises. A ce niveau le virus financier, passe dans le sang et détruit l'outil de production industriel. C'est ce qui fut heureusement limité par l'intervention des états.

La couche de la richesse imaginaire. Mais le virus ne s'est pas arrêté en si bon chemin, il infecta par la suite des couches plus en profondeur possédant des ramifications qui permirent à la maladie de se propager à toute la société. Ces strates sont moins palpables, mais génèrent maintenant le fond même de la crise et lui donnent toute sa force: l'endettement. [lire ici un billet humoristique sur la dette publique]. Le poids des dettes publiques et privés est si fort que les banques se retrouvent devant la potentialité angoissante de voir s'ouvrir des gouffres géants.

Effectivement, le crédit, l'essence même de la mécanique capitaliste [lire ici comment guérir du capitalisme] a pénétré 100% des familles. Tout s'achète à crédit, c'est pratique, confortable, les biens de consommation sont accessibles instantanément, mais après il faut rembourser sa dette. De plus, bien souvent lorsque le crédit est enfin arrivé à échéance, le bien acquis, pour une fortune avec les taux d'intérêt, arrive lui aussi à la fin de sa vie mécani-génétiquement programmée. Il faut penser à le remplacer, en renouvelant un nouveau crédit qui s'ajoute à d'autres emprunts déjà endossés entre temps, sans compter les abonnements innombrables qui sont autant de petits trous dans les comptes bancaires, qui de ce fait n'arrivent plus se remplir. C'est ce que j'ai appelé l'équation de la réalité imaginaire dans ce billet là!

 

Les consommateurs déshumanisés, les hypothéqués de la vie, s'enchainent financièrement à un avenir improbable les privant de toute liberté de mouvement. La nuit ça cogite dans les chaumières, la confiance devient volatile. Alors si prises d'angoisse, les familles gèlent brutalement leurs investissements et minimisent leur consommation en attendant des jours meilleurs, et bien l'économie s'arrête tout aussi soudainement. C'est l'effet de la spirale infernale tant redoutée par tous. Car l'économie orientée vers la consommation du renouvelable doit prendre un temps certain pour changer d'objectif afin de cibler le durable. Un arrêt brutal de la consommation jetable serait évidemment catastrophique pour tous.

Les strates tectoniques. Telle la dérive des continents, encore plus en profondeur, plus subtiles, plus lentes, vibrant sur des rythmes « générationels », des strates tectoniques exercent des contraintes colossales. Leurs effets ne sont pas directement mesurables, mais on en sent clairement les émanations diffuses dans l'air du temps.

Parmi ces strates, la surpopulation de la planète me semble un élément majeur qui sans aucun doute amplifie les phénomènes de crise. La population est si dense, le monde est si échangiste que tout se lie, s'enchevêtre, se mondialise. Nous l'avons vécu au niveau épidémiologique avec la grippe aviaire, nous le vivons aujourd'hui au niveau financier avec le virus des subprimes.

Un deuxième effet lié à la surpopulation vient de la prise de conscience collective et subite ,lors de l'explosion du prix du pétrole l'été dernier, que les ressources sont maintenant limitées. Les matières premières sont toutes limitées, l'énergie s'épuise, l'eau manque, bientôt le blé, le riz, la viande, le poisson seront des denrées rares et spéculatives. Confinés sur une terre maintenant trop petite, les humains se sentent à l'étroit, la liberté manque, la colonisation de l'espace est un doux rêve, les énergies propres ne semblent pas suffire, la révolution technologique tarde.

A cette crise latente de la surpopulation s'ajoute un phénomène de tension psychique suplémentaire qui a peut-être des effets encore plus structurellement « dérangeants ». Le nivellement social et culturel. Il fut un temps où le paysan ne sachant ni lire ni écrire, obéissait à ses seigneurs et maitres, nobles et ecclésiastiques. En aucun point le manant ne pouvait affronter la noblesse qui tenait les rênes du pouvoir politique, judiciaire, culturel, militaire et religieux. La hiérarchie se faisait naturellement sur des critères imposés par l'obscurantisme social.

Entre le XVII° et le XVIII° siècle la révolution bourgeoise changea la donne, de façon progressive et intelligente en Angleterre, de façon brutale et sanguinaire en France, pour ne pas changer. Les bourgeois, bien éduqués, riches et puissants, s'emparèrent naturellement du pouvoir de la noblesse, devenue illégitime.

Mais aujourd'hui l'éducation est accessible à tous, même aux manants. Tout se nivèle par le haut, l'ingénieur a les mêmes capacités intellectuelles que son patron, et peut très bien critiquer ses actions stratégiques en toute connaissance de cause. Le technicien d'expérience a les mêmes connaissances que l'ingénieur. L'ouvrier se tient informé, lit et réfléchit sur les mêmes bases que le technicien. Tout se tient dans un mouchoir culturel. L'hyper démocratie d'internet rabote le reste des differences liées à l'accessibilité des connaissances.

Et que dire des enseignants dont le niveau d'étude est maintenant inférieur ou égal à la moitié des parents d'élèves. L'époque du maitre d'école, référence culturelle et morale, est bien loin. Aujourd'hui banalisé, il est un fonctionnaire presque comme les autres. Que dire de l'élu, qui à l'instar de l'enseignant a des compétences culturelles et quelquefois même politiques, de même niveau que ses électeurs. Mêmes causes mêmes effets, au XVIII siècle le nivellement des compétences entre les nobles et les bourgeois a renversé la hiérarchie des pouvoirs, au XXI siècle le nivellement général va entrainer naturellement des « dérangements » et contestations hiérarchiques permanentes, génératrices de tensions, qui aujourd'hui s'ajoutent et amplifient la crise économique, en la transformant aussi en crise de société. C'est l'avènement du pouvoir de masse, celui des classes moyennes, c'est l'avènement d'une société de démocratie participative au niveau économique et politique.

Alors probablement au bout du tunnel de cette crise, nous ressortirons dans un nouveau monde.

 

08.02.2009

La toile du Veau D'or

L'être humain s'est « purifié » génétiquement, il y a de cela 20 mille ans lorsqu'à travers la disparition des Néanderthaliens, la dernière variété raciale humaine s'éteint. Dés lors, l'homo Sapiens Sapiens, le dernier de la lignée se lance à la conquête d'un monde qu'il croyait infini de terres, de mers, de vallées et de montagnes. Et malgré son corps mince et fragile, la puissance de ses croyances et sa volonté unique lui feront dompter les éléments de la nature, maitriser les ressources, percer le secret des mathématiques et dessiner les contours de l'Univers.

Aujourd'hui l'être humain ayant accompli la colonisation la terre, tente de conquérir d'autres espaces, bien plus vastes, des espaces virtuels, interconnectés, une toile.

Le corps posé sur une chaise, l'humain y extériorise son esprit, le laissant divaguer, surfer sur des rivières d'électrons. Internet se remplit alors d'énergie psychique, se met à vibrer, se tend et se courbe. La toile s'est courbée pour l'élection de Barack Obama, la toile s'est courbée durant la guerre de gaza, la toile se courbe pour la crise financière. La toile raisonne, vibre, respire, prend des bouffées d'électrons libres. A l'intérieur, l'humain se tisse, s'échappe, y forme des liens psychiques cohérents, y injecte une vie toute virtuelle, publique.

Et bientôt, nous verrons la toile publique produire elle même ses propres idées forgées à travers les filtres, les tamis et les amplificateurs que sont les milliards d'internautes. Ici une mauvaise idée, soumise au martellement des myriades de synapses, sera désintégrée en vapeur éclectique. Là une autre idée, venant d'on ne sait où, soumise à l'approbation du nombre, sera élevée en déferlante et courbera la toile. A travers Internet, le monde se tient par l'esprit, par un langage universel, par la culture de la liberté et de la justice.

Mais la toile publique n'est pas seule. Une autre toile, plus néfaste celle-ci, a tissé ses liens de soumission et de pouvoir, la toile de la puissance financière, la toile du « veau d'or ». A travers un réseau de tuyaux d 'alimentation et de pompes d'aspiration étendu sur la planète entière, la toile du veau d'or tient le monde entier à ses pieds. Les humains y sont branchés sous assistance bancaire et maintenus dépendant du crédit. Enchaînés à leurs tubes, leur travail et leur production sont immédiatement aspirés dans les pompes suceuses du veau d'or.

le veau d'or copie.jpg

Mais la toile du veau d'or vient de se fissurer et la crise a décroché les pompes d'alimentation de nombreux humais qui sortant tout hébétés de leur léthargie se demandent ce qu'il se passe.

Alors qu'arrive t-il au veau d'or? Lui qui était puissant, arrogant et sûr de lui. Et si tout simplement nous assistions à l'émergence  de la conscience publique mondiale grâce à la toile :

La conscience de la limite des ressources terrestres, la conscience de la fragilité de cette fine pellicule d'air qu'est notre atmosphère, la conscience de la nécessité du durable, le rejet du consommable, du jetable, la conscience de la nécessité d'une table des lois à l'échelle planétaire.

Source internet: « Sur le plan symbolique, le Veau d'or est donc associé pour l'éternité à la soif de pouvoir, à la jouissance immédiate de biens matériels, à l'opulence et à la puissance de l'argent . Il est la manifestation de la vénération pour l'or, c'est-à-dire pour une richesse qui pervertit les âmes et les cœurs . Il symbolise également la tentation toujours présente et toujours renouvelée d'élever l'or et l'argent au rang de divinité - mais de divinité maléfique. »

 

09.01.2009

L'équation de la réalité imaginaire

– "Nous irons au-delà de la première tranche de fonds propres prêtés en décembre", a-t-il dit.

Nous irons tous au Paradis. Nous irons...

« On leur prêtera des fonds propres pour qu'elles puissent prêter davantage », a-t-il dit.

Nous irons tous au Paradis. Nous irons....

"plus les banques ont des fonds propres, plus elles prêtent", a-t-il dit.

Nous irons tous au Paradis. Nous irons...

"les Français ont fait une bonne affaire" avec les 10,5 premiers milliards prêtés aux banques dans le cadre du plan de soutien décidé après le début de la crise, et rémunérés à un peu plus de 8% d'intérêts annuels.

[Sources NouvelObs]

Nous irons tous au Paradis. Nous irons...

 

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Sarkosy le « bougeotté » oublie, semble t-il un temps soit peu, de se poser et de réfléchir! Tout le monde traite Angela Merkel de paysanne, avec son empressement à ne pas s'empresser. Et alors? Ne dit-on pas des paysans qu'ils ont du bon sens? Plus que jamais, il semble qu'une cour de technocrates et d'experts arrogants a pris le dessus sur le gouvernement de la responsabilité politique.

Il est vrai que le monde de la finance fonctionne sur des bases qui ne peuvent pas être comprises de façon simple. Mais, malgré tout des lignes directrices se dégagent et il semble bien que nous sommes dans un processus de « fuite en avant ».

Mais déjà, qu'est -ce « qu'une fuite en avant »? Très simple en voici un exemple. Imaginez! Vous êtes dans une situation financièrement très difficile, mais vous aimez jouer aux courses. Vous demandez donc conseil à des experts très qualifiés qui vous refilent un tuyau en or, absolument sûr. Le problème est que vous n'avez pas le moindre sou pour parier! Alors empli de certitude, vous empruntez une grosse somme aux banquiers et pour cela vous mettez votre maison en hypothèque, et laissez en garantie vos enfants qui deviendront des esclaves si vous perdez. Dans la fuite en avant effrénée qui est la votre, vous pariez donc sur la certitude de l'avenir et vous misez le tout sur le fameux cheval, qui perd. Il fallait s'y attendre, les fuites en avant finissent toujours mal!

Sauf que, dans le cas présent, les enfants, la maison n'appartiennent pas à Sarkosy. Il n'est qu'un simple manageur, élu sur un mal entendu. Alors si tout dérape, lui et ses conseillés démissionneront simplement et ils partiront à l'étranger sans un mot d'excuse, parachute doré en poche. Voilà en vérité ce qui nous arrive! Nous vivons dans un monde de fous, gouverné par une cour d'experts financiers qui ont depuis longtemps, semble t-il, perdu le sens de la réalité.

Certains disent que la crise financière n'est qu'un simple accident de confiance, engendré par quelque irresponsables isolés. Le système n'étant lui pas en cause. Mais imaginons autre chose, prenons les chemins de traverse de la pensée commune. N'avons nous pas franchi une dimension spatiale sans même nous en apercevoir, celle qui serait une « réalité imaginaire »?

Peut-on créer de la croissance des richesses sur l'accroissement de la dette? Voilà l'équation de la réalité imaginaire. Si la réponse est oui, alors que l'on me dise quelle est la vraie valeur des richesses « imaginaires » ainsi crées? En mathématique un tel processus problématique, de variations engendrées par des variations, s'apparenterait à une équation différentielle du deuxième degré. Souvent très difficiles à résoudre, ces équations fournissent en général, non pas une seule solution, mais un espace de solutions réelles ou imaginaires, le tout souvent troué d'un bon nombre de séries de singularités, autour desquelles tout diverge. Une singularité peut être défini comme un point ne faisant pas partie des solutions tout en faisant partie de l'espace des possibilités.

En pratique, dans le cas d'un cercle vicieux telque la croissance des richesses basée sur la la croissance de dette,  une singularité pourrait s'apparenter à n'importe quoi qui ferait que la confiance s'effondre, par exemple une guerre, une catastrophe naturelle ou politique, une rupture des approvisionnements, ou tout autre événement du même acabit, extrêmement....heuu....fréquent!

Il n'est même pas la peine de faire un dessin dans le cas de l'apparition de telles singularités. Le cercle fictif de la circulation de l'argent imaginaire, reposant uniquement sur la confiance en l'avenir disparaît d'un coup. Le système implose, les banques font faillite et les français de même. Ça va nous faire une « Stroumpflaction » du tonnerre [voir ici l'article « Comment guérir du capitalisme? »]

Et voilà que Sarkosy fait le beau et que bille en tête il en rajoute une couche! Il nous explique que l'état (déjà extrêmement endetté) va emprunter de l'argent à des institutions financières, puis le prêtera à d'autres institutions financières ( ou peut-être aux mêmes). Ces dernières institutions financières, qui verront une augmentation de leur fond propre pourront prêter cette somme multipliée par le fameux facteur "Zéta" de l'argent imaginaire. Par ce tour de passe-passe échappant aux lois de la physique la plus élémentaire, pour laquelle rien ne se crée tout se transforme, Sarkosy va contribuer à augmenter la richesse fictive de la France, celle engendrée par l'alimentation de la dette. Et Sarkosy de rajouter en cranant: avec 8% d'intérêts « les Français ont fait une bonne affaire ». Mais que se passera t-il si dans l'intervalle une singularité majeure se produit? Mais que se passera t-il lorsque la richesse imaginaire dépassera la richesse réelle? Comment se comportera notre monde, bien réel lui?

03.01.2009

Nicolas Ier Empereur des Français!

Tel Laurent Ruquier, je pense aux myopes, et je préviens d'abord en très très gros.

LECTEURS: CECI EST UNE PARODIE DE SCIENCE FICTION! LES PERSONNAGES N'ONT RIEN A VOIR AVEC LA RÉALITÉ. C'EST DE L'HUMOUR NOIR! JUSTE POUR JOUER A SE FAIRE PEUR, EN IMAGINANT UNE CONSÉQUENCE IMPOSSIBLE DE LE CRISE FINANCIÈRE .

Bon! Ça va comme ça? Je peux y aller maintenant?

Nicolas Ier s'avança sur le balcon pour saluer la foule, amassée en nombre par la garde impériale. Déjà la famille de l'empereur attendait, avec en premier chef l'impératrice Carla, comtesse d'Aquitaine. Vêtue d'une robe pourpre incrustée de pierres précieuses, cadeau de la rêne d'Angleterre et coiffée du diadème impérial, elle portait dans ses bras son fils, nouveau né, Charles, Prince de Nice. A sa gauche l'héritier du trône, le Prince de Neuilly. Derrière baissant la tête, on pouvait apercevoir la comtesse Cécilia. Sobrement vêtue et récemment revenue de disgrâce, elle était accompagnée de son fils le Prince de Catalogne. Certains disaient que Nicolas Ier ordonna à la comtesse Cécilia de se montrer toujours ainsi devant le peuple en sa présence, baissant la tête pour indiquer sa soumission. Car l'empereur devait faire taire les rumeurs et afficher le fait qu'il gouvernait sa famille avec la même poigne que la France. Mais en invitant la comtesse Cécilia sur le balcon impérial, il crédibilisait aussi la campagne publicitaire, affichée sur toutes les télévisions, louant la magnificence et la générosité de l'empereur. Il savait rester humble, proche du peuple, et il pouvait pardonner à ceux qui rendaient grâce. Ainsi dans le cas présent il montrait son humanisme en ne séparant pas le fils et la mère, malgré l'affront qu'elle lui fit.

Plus en retrait, sur une troisième ligne se trouvaient les intimes, notamment le fidèle parmi les fidèles, le comte Xavier de Bertrand nommé récemment grand argentier de la couronne. Les seigneurs des médiats étaient tous là, récompensés de leurs services et de leur loyauté. Le premier d'entre eux, le baron de Lagardère se tenait directement derrière l'impératrice, à sa droite. Il marquait ainsi son rang de favori dans les préférences de l'empereur, qui le récompensait pour le soutient qu'il apporta dans les moments difficiles, lors de l'ascension sur le trône.

Toujours présent lors des grandes cérémonies, le chevalier de Bigard, bouffon de l'empereur, vêtu de vert et coiffé d'un ridicule chapeau à clochettes, sautillait entre les invités du quatrième rang. Ceux-là étaient issus du peuple, l'empereur avait pris l'habitude d'exhiber des pauvres pour les grandes cérémonies, afin de montrer qu'il restait près des petites gens. Le bouffon tentait d'amuser la galerie, faisant ici pouête pouête sur les seins d'une dame un peu potelée, forcée de rire et de le féliciter pour son espièglerie, celui-ci répondant alors par un pet. Puis bottant le derrière d'un autre inconnu, il attendit qu'on le félicita de nouveau pour sa drôlerie en préparant ses fesse pour un second pet tout en surveillant du coin de l'œil un éventuel sourire de l'empereur, qui entouré de sa garde personnelle entrait sur le balcon des cérémonies.

L'empereur, vêtu d'un manteau rouge brodé de fleurs de lys en or incrusté de diamants, portant la lourde couronne d'or et de platine du Nouvel Empire, s'avança et salua le peuple lentement, d'un geste qu'il essaya auguste, mais qui fut gâché par un tic frénétique de l'épaule. Mise à part l'impératrice, les autres invités s'agenouillèrent en se tournant vers lui, faisant ainsi allégeance à Nicolas Ier et à son dernier né, en direct sur TF-I , la télévision française impériale. Après avoir salué la foule, l'empereur se tourna face à la caméra. Il prit l'enfant des mains de l'impératrice et le montra fièrement aux téléspectateurs. « Voici mon fils! Pour la gloire de la France.» Puis brandissant l'enfant, il se tourna vers la foule. Les caméras suivaient son geste fidèlement puis continuèrent sur le peuple « Voici mon fils! Pour la gloire de la France.» reprit-il. Tout autour de la place, un mouvement de foule commença aux abords de la Garde Impériale qui venait de s'agenouiller. Se révoltait-on? Non! Les français au contacte de la garde, suivaient les ordres donnés et s'agenouillaient à leur tour. Bientôt toute la foule silencieuse et couverte de crainte mit un genou à terre, en baissant la tête, sous les caméra de TFI qui filmait tantôt l'empereur Nicolas I montrant son nouveau fils, tantôt la place.

L'histoire montra que de la V république la France bascula rapidement dans l'empire. Ce ne fut pas la première fois qu'une telle mutation se produisit. Déjà Aristote en parlait, et l'histoire regorge d'exemples similaires. D'abord l'empire d'Alexandre le Grand en Grèce, puis à Rome Jules Césars mit fin à presque de 500 années de République en inaugurant la fonction de dictateur à vie. Plus près, l'exemple de Napoléon montre comment le basculement est rapide. Bonaparte fut un fervent partisan de la république avant de devenir un Empereur assoiffé de gloire. Encore plus proche le régime de Vichy, à la tête duquel le Maréchal Pétain reçu les pleins pouvoir du parlement, aurait très vitre montré son visage impérial si Hitler avait gagné la guerre. Au XXI siècle cela commença par la Russie et la proclamation du tzar Poutine I, suivit rapidement par celle du nouveau roi d'Italie Berlusconi .

Comment passe t-on de la république à l'empire? Certains disent que Nicolas Ier en a eu l'idée un soir en regardant une rediffusion de Star Wars. Puis la crise financière de septembre 2008 fut le tremplin qui permit à Nicolas Ier d'accéder à son rêve, dont la légende prétend qu'il se manifestait chaque matin lorsqu'il se rasait: devenir empereur des Français. La crise fut très lourde en 2009 et entraina le pays dans de profondes difficultés. Tel un château de cartes les différentes couches industrielles et commerciales s'effondrèrent étage par étage. Les plans d'actions élaborés par les mêmes banquiers irresponsables, qui engendrèrent la crise, et fondés sur la même mécanique infernale de l'accroissement de la dette, ne firent qu'épandre la gangrène qui se généralisa alors à tous les secteurs d'activités. Ayant les pleins pouvoirs d'action, les banquiers agirent de sorte que la dette des banques devint désormais la dette publique.

La crise ne put effectivement se résorber aussi rapidement que nous le promettaient les meilleurs oracles économistes. Il aurait fallu que la richesse réelle rattrapa la richesse fictive, qui s'affichait en dette. Car la spéculation financière avait perverti l'économie bien plus que l'on ne pouvait le supposer. Trop d'énergie fut utilisée uniquement à créer de la turbulence dans les marchés du fictif et ne déservit plus la science et la création dont nous aurions eu besoin à l'époque pour sortir rapidement du tout pétrole. Les pompes financières avaient tiré des tuyaux dans tous les sens. Branchées sur toutes les grosses unités de production, elles asséchaient l'essentiel des revenus des entreprises et demandaient des taux de productivité toujours plus grands. Le travail des ingénieurs ne consistait plus alors à créer, mais à optimiser, à tirer les prix de revient vers le bas afin d'alimenter toujours plus les pompes suceuses.

La crise montra rapidement le retard accumulé en terme d'innovations fondamentales lorsque la guerre d'Iran coupa la source principale d'approvisionnement en Pétrole pour la planète. Les grands groupes automobiles apparurent soudain vides de technologie. Victimes de ces mêmes pompes financières, ayant minimisé la recherche et développement par faute de moyens, ils se trouvèrent démunis, incapable de proposer autre chose que des moteurs à essence. Alors ils fermèrent les uns après les autres.

On ne sait quand commença le complot. Cela semblait venir de partout à la fois. D'abord semble t-il par la télévision, contrôlée essentiellement par l'Elysée, soit de façon directe ou par les allégeances, elle commença charger la démocratie de tous les malheurs de la France. Tout semblait insidieux, sournois, brutal quelque fois comme pour des ballons d'essais. Il y eut des flux et des reflux, mais inexorablement les vagues toujours plus fortes emportaient à chaque fois des pans de liberté et réduisirent rapidement l'espace de la démocratie. Je crois que tout commença réellement le jour où on arrêta François Bayrou et Martine Aubri sur ordre de l'Élysée pour trouble à l'ordre publique.

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