07.12.2008

Comment guérir du capitalisme?

 Lorsque l'homme invente le commerce.

Pré-histoire.jpgL'homme est un animal qui commerce. Effectivement l'être humain peut se définir de la sorte, tellement le commerce est à la base de la société humaine. L'humain troque, et cela depuis les ages farouches. Les archéologues retrouvent de nombreuses traces de l'existence d'échanges pendant les périodes préhistoriques. Par la suite, lors de l'invention de l'agriculture et de l'élevage, le commerce se généralise grâce à des innovations fondamentales, comme par exemple, la monnaie, les citées et leurs marchés.

Lorsque le commerce invente la location.

Moyen Age 2.jpgLe commerce se définit à la base à travers l'acte d'achat ou de vente définitive de biens matériels. Mais il ne tarde pas à monnayer d'autres notions plus subjectives comme par exemple « le prêt » ou le « service ». Des nouveaux métiers émergent alors, on parle ici de mercenaires ou d'un certain « plus vieux métier du monde ». La notion de location va évidemment

démultiplier l'activité humaine par la rentabilisation accélérée des outils de production. De façon progressive, les sociétés se segmentent et se spécialisent, le commerce jouant le rôle du liant nourricier. Alimenté par les campagnes, protégé par les seigneurs, au cœur des cités le commerce explose et un besoin se fait rapidement sentir: emprunter de l'argent. De là surgit une nouvelle activité, l'artisanat de l'argent: les usuriers, les prêteurs sur gage et plus tard les banquiers et les assureurs. Par la suite, le service, assez spécial, qui consiste à prêter de l'argent va rapidement trouver son mode de fonctionnement avec l'invention des taux d'intérêts. Plus la somme empruntée est forte, plus la durée de l'emprunt est longue, plus cher sera le service.

Lorsque la location invente le capitalisme. Le développement systématique du prêt dopa considérablement le commerce et l'industrie en les démocratisant; donnant ainsi la chance aux talents de créer de l'activité sans pour autant avoir les fonds propres pour démarrer. Et c'est alors que la notion d'avenir rentre de plein pied dans l'économie et chamboule le commerce traditionnel. La valeur des choses change, radicalement, et ne se calcule plus sur un simple inventaire des biens matériels, mais aussi sur des notions subjectives, spéculatives, intégrant l'avenir, la probabilité, la potentialité de faire des bénéfices.

Le métier de banquier se développa et prit progressivement place au centre du système économique. Il inventa le taux rémunérateur pour attirer les déposants afin de pouvoir prêter d'avantage. L'argent ne dort plus, le banquier le fait travailler et rapporte une rente à son déposant. Cette invention incita à vider les bas de laine, et la banque injecta encore plus de combustible dans la machine économique. La première pierre de la maison capitaliste venait d'être posée et l'édifice allait progressivement supplanter les propriétaires terriens ou immobiliers qui tenaient jusque là le haut du pavé de la notion de « profiteur ». Car le capitaliste, qui lui loue son argent, a les avantages essentiels que sont la flexibilité, la portabilité, allant chercher constamment le rendement maximum où qu'il se trouve.

Lorsque le capitalisme invente la consommation. Pour fonctionner, le capitalisme a un besoin constant d'augmenter ses champs d'activités. S'ils viennent à manquer, ou à stagner l'économie s'étouffe. Car la mécanique du système est basée sur le remboursement des sommes prêtées, sans eux la banque ne peut plus assurer de nouveaux prêts, ou pire encore, le remboursement des taux rémunérateurs a ses clients. C'est la spirale de la récession, les entreprises privées d'argent licencient, les banques privées de fonds propres font banqueroute, ou subissent la ruée aux aguichés. Le capitalisme est sur une logique de croissance ou de disparition. Ainsi il recherche continuellement des nouveaux champs d'activité et invente la société de consommation. Ayant investi les entreprises qu'il contrôle désormais, il s'attaque au dernier bastion, le cercle des familles. D'abord, il leurs offre les machines domestiques, lave-linges, frigidaires, télévisions et autres grille- pains. Puis, dans un second temps, libérant les familles de leurs tâches ménagères, le capitalisme développe la consommation du divertissement. La famille d'aujourd'hui, telle une petite entreprise, a son budget vacances, cinémas, restaurants, cadeaux etc... Le capitalisme réussit donc son action de pénétration du milieu familial en le transformant en champ intense de consommation.

Lorsque la consommation inventa la dette permanente.

Bourse.jpgMais voilà tout a une limite, et les salaires des consommateurs ne peuvent continuer à augmenter indéfiniment. Qu'à cela ne tienne, la consommation invente la dette permanente pour repousser les limites des revenus et continuer créer toujours plus de croissance. Alors que du temps de nos parents la dette familiale représentait une des pires hontes qui puisse survenir, elle se généralise aujourd'hui sans complexe à l'ensemble de la société. Tout s'achète à crédit, on s'endette même pour acheter du divertissement, pour partir en vacance. A l'extrême, on s'endette pour rembourser nos dettes, que d'autres vendent et achètent quelque part sur des marchés financiers électroniques et virtuels.

Lorsque la dette invente la Schtroumflaction. Voilà ici s'arrête ma petite analyse qui ne connait pas la crise, car maintenant le temps est à l'incertitude schtroumfante. Le ressent revirement à 180° de Sarkosy, qui ne tente plus de relancer stupidement la consommation et qui s'attache maintenant à renforcer l'investissement, montre t-il l'émergence d'un nouveau cycle: celui de l'investissement dans les outils de l'avenir. Le problème est qu'il le fait en endettant la France d'avantage alors que l'endettement est justement la cause principale de la crise actuelle. Ça va nous faire une Schtroumflaction du tonnerre!

Peut-on guérir du Capitalisme? De partout sortent des théories pour guérir les maux du capitalisme. Malheureusement, le système financier actuel ne peut fonctionner sans croissance, sous peine d'imploser avec nous et tous nos rêves. Alors, comment guérir du capitalisme? L'homme est-il un animal capitaliste? Peut-être pas, mais surement un animal égoïste qui commerce, un animal de clan et de convoitise. Alors aussi choquant que cela puisse paraître la solution, me semble t-il, réside dans la génétique. Le mal est dans notre animalité, inscrit dans nos chromosomes, l'humain s'il veut s'en sortir, devra se guérir génétiquement, supprimer les gènes du mal, pour enfin embrasser ses rêves d'humanité. C'est pas pour demain!

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Commentaires

Une écriture originale de Hobbes !
Cette analyse laisse un champ inexploré pour nos généticiens !
;-)

Ecrit par : Pierre | 08.12.2008

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:-( Un peu ignare la Mécanique sur le coup...Pas lu, mais voici un petit avant gout sur Hobbes... Il va falloir s'y intéresser...

Philosophe anglais. Thomas Hobbes est l'un des fondateurs de la philosophie politique moderne, à qui on attribue à tort la formule «l'homme est un loup pour l'homme», Hobbes n'est pas seulement un théoricien du droit et du contrat social pour qui, en fait, «l'homme est un lien pour l'homme».

Une philosophie inséparable de la science
Souvent méconnus, les travaux scientifiques de Hobbes sont inséparables de sa théorie politique, tout comme la physique des stoïciens, fort négligée par les commentateurs, est indissociable de leur philosophie morale. En publiant De corpore, Hobbes souligne que la philosophie se divise en trois parties: la mathématique, la physique, la philosophie de la société civile. La partie la plus utile de la physique est la science du corps humain, dont l'optique est un aspect important, lié à la théorie du désir, du conatus.

Ecrit par : philippe, | 08.12.2008

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Hummm, ca sent le dépistage précoce...:))
Théorie du désir, et du cognatus est déjà trèès utilisée dans notre société de 'schtrouphconso', mais là réside peut-etre effectivement une clef.

Ecrit par : Martine | 10.12.2008

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