26.11.2008

Mai 68 c'est fini,

et le Gaullisme aussi ... alors Retour vers le Futur!

 

Mai 68 c'est fini! C'est Cohn-Bendit qui l'affirme lui même dans son dernier Livre « Forget 68 ». le Kaiser Rouge abdique! Voilà un sujet taillé sur mesure pour la Mécanique de l'Orange. L'histoire tourne t-elle une page? Le cycle de l'adoration socialo-communiste béate s'achève t-il? Attaquons le sujet!

En Allemagne les « Grünen » ont tourné la page depuis bien longtemps et occupent maintenant des postes à responsabilité. Je salue ici d'ailleurs le maire de Karlsruhe, un Grün parmi les Grünen, qui fut mon ancien supérieur direct. En France les vieilles structures s'effritent, de nouvelles naissent. Le PS soumis à des forces centrifuges tente de faire le grand écart, mais pour combien de temps. Le Modem enfin sur les rails commence à tracer son chemin.

Tout cela mérite une petite réflexion, procédons par méthode, d'abord en se rafraîchissant la mémoire sur ce que pouvait bien signifier, à l'époque, être Gaulliste ou 68-ard, puis la Mécanique tentera d'en analyser les miettes restantes et de regardera à travers sa boule de cristal pour essayer de discerner le nouveau cycle qui se prépare.

---Le Gaullisme---

Le Gaullisme est une doctrine Politique typiquement Française, inspirée par Charles de Gaulle, héros de la deuxième guerre mondiale et créateur de la V république qui comme tout les grands personnages historiques, ne laisse personne indifférent. Une moitié de la France l'idolâtre et l'autre le rejette.

Le Gaullisme considère que la France doit se maintenir dans le monde en tenant un rang de grande puissance, et donc rester indépendante au niveau économique, financier, militaire et diplomatique. Il est hanté par la peur de voir le rayonnement de la France décliner à cause de ses querelles intestines constantes et prône donc la doctrine du chef unique, seule capable d'unifier et de diriger la France. La cinquième république est donc basée sur un pouvoir exécutif fort, le président de la République. Il est nommé directement par le peuple au suffrage universel direct et peut recourir au référendum pour légitimer sa politique contre les manœuvres éventuelles des corps intermédiaires.

Le gaullisme prône l'unité, le président de la république, déclaré président de tous les Français, reçoit donc symboliquement la charge de défendre le Peuple de France. Du point du vue économique, la doctrine s'inscrit dans un capitalisme classique, mais s'accompagne d'un fort volet social liant le capital au travail.

---Mai 68---

 1968 fut un mouvement plus international qu'on ne le pense, c'est la grève générale en France, mais aussi Woodstock et les grandes manifestations contre le la guerre du Vietnam aux États-Unis. 1968 génère une rupture brutale avec des effets évidents et durables. Sur ce point, les débat sont encore ouverts et les opinions divergent. Pour les uns, mai 68 représente le renouveau salvateur, pour les autres le déclin des nos valeurs. Mais à y regarder de plus près, on y trouve de tout. Coehn-Bendit, lui même, pense que Mai 68 est une brèche, un prétexte, dans lequel s'est engouffré la société frustrée de libertés, sans toutefois avoir des envies de révolution gauchiste.

  • Du côté positif, 1968 représente l'abolition brutale mais nécessaire de la morale basée sur l'autorité, la force, rigide et austère, celle des anciennes valeurs catholiques traditionnelles, qui s'étaient renforcées durant la période de la reconstruction d'après guerre. On assiste alors à la contestation de l’inégalité entre les sexes, à la libération de la femme et des mœurs.

  • Du coté négatif, 1968 est une période où, sous prétexte de révolte, toutes les absurdités dogmatiques socialistes s'engouffrent et se fixent durablement dans la société. D'un côté, une « chienlit »le ministère de l'information et sa censure , de l'autre une « chienlit » différente : «il est interdit d'interdire », les « élections, piège à cons », le « privé devient politique » slogan qui prône la fin de la liberté privée et fait l'éloge du totalitarisme socialiste, en prenant comme exemple Mao Tsé-toung. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, à travers tout ces slogans gauchistes d'intellectuels , la libération de 1968 annonce la société individualiste, de consommation, l'avènement du capitalisme flamboyant et libéral, et sonne le glas des grands syndicats puissants et populaires.

-----Un petit coup d'œil sur les miettes -------

Le gaullisme est en miettes, la V république se vide progressivement de son sens originel. Plus personne ne tente le diable avec des référendums. Le premier ministre ne gouverne plus, remplacé de fait par le président de la république qui reste aussi le chef de son parti politique. Au niveau international, l'indépendance Française n'est plus qu'un mirage du passé. La France a réintégré l'OTAN, l'Europe prend progressivement ses prérogatives sur de nombreuses législations nationales, la mondialisation de l'économie et de la finance, donne le coup de grâce, et finit d'achever le tout.

L'esprit de 68 est en décomposition. Où sont les babas cool? En costard cravate, ils dirigent maintenant des multinationales, sont devenus de avocats d'affaire ou des huissiers. Ils possèdent de belles villas et ne fréquentent que le beau monde. Et sur le cadavre de 68, rongé par le temps, seuls les vers et vautours trouvent encore de l'intérêt à racler les derniers lambeaux de chair. Par exemple, sentant le vent tourner, Sarkozy utilise mai 68 pour sa campagne électorale de 2007, en l'accusant de tous les mots de la France, notamment, de la perte des valeurs du travail et de la notion de récompense liée à celui-ci. Mai 1968 serait donc responsable, des 35 Heures, de la faillite de l’école, du déclin du patriotisme, mais aussi, du capitalisme cynique avec les salaires faramineux des chefs d'entreprises des grands groupes et leur parachutes dorés absolument immoraux. Tout sur le dos des soixante-huitards, Sarkosy n'a pas peur de charger la mule...

Le reste des miettes de Mai 68 est collecté, soit par l'extrême Gauche pour illustrer le mot « Possible » de la révolution, soit par l'extrême droite pour illustrer la « grandeur » des valeurs traditionnelles. Voir ci-dessous des vidéos:


 

 

---Retour vers le Futur! ---

Que diront les historiens dans cinquante ans avec la facilité qui sera la leur d'analyser des faits refroidis depuis longtemps. Pas facile à dire, mais si on veut faire de la politique il faut tenter d'être visionnaire, quitte à se tromper lourdement et à nier par la suite avoir dit de telles sottises... Essayons d'abord de dégager des cycles.

J'y distinguerai deux périodes, 1945-1974- 29 ans, une génération, la période faste et pleine .

  • Reconstruction de la France.

  • décolonisation,

  • plein emploi, prospérité et croissance foudroyante,

  • libéralisation de la jeunesse, des mœurs et de la femme.

1974-2002- 28 ans, une génération. La fin des illusions Gaullistes.

  • La fin de la croissance économique forte, la crise permanente, la rareté de l'emploi, la construction Européenne,

  • l'échec de l'expérimentation socialiste en France, l'effondrement du communisme,

  • le retour des guerres en Europe,, l'avènement du libéralisme, la mondialisation, le début du développement du tiers monde.

Le nouveau cycle: 2002 – ??

Avec 2002 s'ouvre une nouvelle aire. 2002 est une date symbolique qui marque le fait que le P.S. n'est plus au second tour des présidentielles. En 2007 non plus, le P.S. n'était pas au second tour. Ségolène, n'est pas socialiste que je sache...

De quoi serait constitué ce cycle. Dessiner les 20 ans qui arrivent, n'est pas facile, on peut toutefois plus aisément en déterminer quelques points clefs. Le tout sera surement une période de grande richesse événementielle!

Points potentiellement positifs

  • les nouveaux emplois technologiques,

  • la croissance du tiers monde qui explose,

  • les nouvelles puissances, l'Inde, la Chine, le Brésil,

  • la prédominance de l'Europe,

  • la fin du pétrole,

  • les nouveaux contre-pouvoirs,

  • la démocratie en ligne ou en directe,

  • l'avènement de la connaissance,

  • le commencement de la colonisation du système solaire.

Les risques potentiels.

  • Les guerres possibles: Inde-Pakistant, Iran-Israël, déstabilisation politique en chine et guerre civile.

  • Le changement climatique: la désertification, le déplacement massif de population

  • la surpopulation, la destruction de la nature, le manque de nourriture

  • Le pouvoir des multinationales

  • le manque de gouvernance internationale, et le développement des mafias

Une chose est sûr: Il va falloir s'accrocher sacrément fort!

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://lamecaniquedelorange.hautetfort.com/trackback/1918341

Commentaires

Excellente vision et par conséquent bon visionnaire de la situation Philippe ! ;-)

Je te rejoins tout à fait sur le manque de gouvernance internationale avec en corrolaire inévitable sa "mafia" de haut niveau ou des bas fonds ! Je pense qu'aucun pays n'est encore capable d'exemplarité telle qu'elle amènerait enfin à cette entente mondiale absolument vitale. C'est drôle, c'est justement l'idée de mon billet de ce jour. Tu vois faire par exemple un CHS-CT (comité d'hygiène et sécurité et conditions de travail) au niveau planétaire ;-)

J'esssaye de lire tous tes billets progressivement. Je finirai par la quête du gral, j'y ai entrevu de sacrées belles choses pour l'Europe. Mais je lis le reste avant. Je ne m'étais pas rendue compte de ta productivité... ;-)

Ecrit par : Françoise Boulanger | 27.04.2009

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.